Le rose et le bleu : la culture du sexisme

boy in blue girl in pink

Tu as un gars; tu lui mets du bleu, les gens t’achètent du bleu. Tu as une fille; tu lui mets du rose, les gens t’achètent du rose. Voilà une prémisse de base complètement erronée. Savais-tu en effet qu’auparavant le rose était même associé à la masculinité? Eh ben…

Depuis quand a-t-on décrété qu’un enfant était garant d’une couleur?

C’est toute une société ici que je remets en question. C’est moi et c’est toi aussi, la mère, qui perpétuons une culture du sexisme. J’entends ici la séparation des sexes de façon bien distincte et la préparation de tes enfants à perpétuer aussi des modèles dépassés et patriarcaux.

Exemple. Au centre commercial, Tit-Gars de 5 ans et Parent (n’importe lequel) magasinent des rideaux. Parent demande à Tit-Gars la couleur qu’il souhaite pour embellir ses fenêtres de chambre. « Rose, je veux du rose. » Parent lui suggère vivement de choisir une autre teinte. Peut-être aussi avec des motifs de Spider-Man? Ça va être mieux…

Pourquoi cet enfant n’aurait-il pas le droit d’opter pour le rose? Ah oui, c’est une couleur de filles, celle qu’on accole aux poupées, à la maternité et à… c’est anormal, quoi! Anormal qu’un garçon aime plus une couleur qu’une autre? Come on, il change d’idée toutes les deux secondes! Ça va lui passer. Et si ça ne lui passe pas ou qu’il revient à son amour initial du rose, est-ce si catastrophique que ça? Va-t-il perdre sa virilité prochainement? Il me semble que, comme valeur, il y a plus important…

Tu vas peut-être me répondre qu’il sera stigmatisé à l’école ou victime d’intimidation s’il porte cette couleur dite féminine. Et ça, c’est pas drôle du tout, on s’entend. Et si tu décidais, avec d’autres parents, de t’en foutre? Et si tout le monde, profs, éducateurs et surveillants, laissait choisir les enfants pour leur plus grand bonheur? On parle d’une couleur après tout! On pourrait leur proposer un autre modèle : la liberté et la force de remettre en question une chose arbitraire.

Et puis si tout le monde décidait de mettre fin à cette symbolique du rose et du bleu? Ce que je veux te dire, c’est que t’as du pouvoir en tant que parent, mais aussi en tant que personne vivant dans une société. Si tu considères qu’il y a toujours bel et bien une inégalité entres les hommes et les femmes, change les stéréotypes et montre à tes enfants toutes les possibilités de sa palette de couleurs.

Quant à moi, mon fils de trois ans a porté des bottes de pluie rose, dort encore avec son pyjama de la Reine des neiges, dorlote des poupées, mais joue aussi aux autos et au ballon.  Ma fille, elle, s’amuse avec les jouets de son grand frère et trippe sur les camions. Sont-ils anormaux? Non, ils sélectionnent ce qui les intéresse.

Mais entre toi et moi, il faut que je me batte moi-même contre mes bonnes vieilles valeurs sexistes. C’est un travail de tous les instants, mais j’y crois.

Vas-y! On ne sait jamais, tu pourrais changer le monde une couleur à la fois…

 

Brigitte
BRIGITTE

Une réflexion sur “Le rose et le bleu : la culture du sexisme

  1. Jackie Répondre

    Je suis éducatrice et à la garderie où je travail les petit gars portent des robes de princesses pour jouer au super héros et les petites filles mettent des ailles de papillon avec leur costumes de police pour jouer avec des petites voitures. Bref, ce que j’essaie de dire c’est que vous avez complètement raisons, si on fait notre part leurs regards peuvent aussi changer. Bravo pour ce beau texte

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