Papa, Maman, je me sépare pis ça ne vous regarde pas

mother and daughter situation

Je sais que vous êtes inquiets, que je serai toujours votre petite fille mais là, vous devez me faire confiance.

Je le sais que vous l’aimez, je sais qu’il est devenu, au fil des années, comme votre fils, qu’il fait partie de la famille, mais vous devez l’accepter, notre relation est terminée.

Oui, je vous en veux un peu de continuer à lui parler comme si de rien n’était malgré la peine qu’il m’a faite, mais je comprends aussi qu’il ne vous a rien fait et que vous n’avez rien à voir dans notre histoire.  Je comprends aussi que pour le bien-être de mes enfants, c’est aussi bien que vous ayez encore une bonne relation avec lui.

Mais j’ai mal, tellement mal de vous voir tout lui pardonner alors que j’ai l’impression que vous m’avez fait passer au banc des accusés.  « Pour qui l’as-tu laissé? »  « As-tu pensé aux enfants là-dedans? »  « As-tu vraiment tout essayé? »  Vous n’avez aucune idée de combien de fois j’ai tourné et retourné la question dans ma tête avant de prendre ma décision.

Je comprends que c’était dans un moment de panique, parce que vous aviez peur pour moi, votre fille, mais vos questions accusatrices m’ont ravagée.  Je serai toujours votre enfant, mais vous devez comprendre que je n’ai pas à avoir votre approbation pour faire mes choix.  Je comprends votre incompréhension parce que de l’extérieur, c’était quasi impossible de voir que notre couple n’en menait plus large à travers le travail et les enfants.  Mais vous aussi, vous devez me comprendre, à tout le moins respecter ma décision.

Je ne vous ai pas tout dit sur nous deux, vous ne saviez pas tout.  Vous n’êtes pas au courant de nos conflits, vous n’étiez pas entre nous deux dans la chambre à coucher.  Vous le voyiez bon partenaire pour moi et oui, on faisait un pas pire teamwork tous les deux, mais vous n’avez pas entendu les reproches, les colères silencieuses.  Vous avez vu un bon papa pour nos enfants et c’est cas, mais vous n’avez pas vu la froideur de nos échanges. Vous avez vu notre vie publique.

Non, je ne me suis pas confiée à vous, parce que je n’étais pas à l’aise et votre réaction qui a suivi notre séparation, a confirmé mon choix.  J’ai même dû m’éloigner de vous pour ne pas retomber dans la spirale de la culpabilité qui m’a si longtemps grugée.  Oui, je vous en veux.  Oui, je suis triste de vous voir aussi en détresse.  Mais je vous en veux de m’imposer votre trop-plein d’émotions, moi qui peine à gérer les miennes.  J’ai vécu un naufrage en pleine mer, j’ai dû me battre et nager contre vents et marées pour garder ma tête hors de l’eau.  J’ai tout fait pour épargner autant que je le pouvais mes enfants.  Je me suis perdue, j’ai failli me noyer au moins une centaine de fois, mais je commence à voir le rivage, le soleil revient, le calme après la tempête.  Quand vous me bousculez avec vos questions personnelles sur le comment, du pourquoi pis avec qui, vous me faites replonger au cœur de la tempête que j’ai tant affrontée et dont je me suis enfin sortie.

Non, je ne vous donnerai pas tous les détails de ma nouvelle vie de maman célibataire.  Parce que ça ne vous regarde pas. Parce que je n’ai pas à vous rendre des comptes comme lorsque j’avais quinze ans.  Parce que j’ai assez de jugement pour ne pas faire débarquer quarante-deux gars en un an dans la vie de mes enfants.  J’aviserai si je tombe un jour sur le bon numéro, mais d’ici là, vous n’avez pas à savoir ce qui se passe dans mon lit quand j’ai ma semaine sans enfants.  Parce que je n’ai pas besoin de votre approbation ni de votre jugement.  Parce que vous m’avez déjà condamnée, le jour où je vous ai confié qui m’avait aidée.  Parce que vous avez voulu trouver LE coupable.

Papa, Maman, parce que vous ne vouliez pas croire que l’amour n’existait plus, tout simplement je dois me protéger de vous.  Parce que vous refusez de croire le peu que je vous file de ma vie personnelle, je dois m’abstenir de vous transmettre tout détail intime.  Pour ne pas retomber, pour ne pas me noyer, je dois m’éloigner de vos tourments et apprendre à gérer les miens.

Papa, Maman, je suis désolée, mais je dois aussi me séparer de vous, même si j’aurais tant eu besoin de vous.

La Collaboratrice dans l'Ombre
LA COLLABORATRICE DANS L'OMBRE

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