Lettre à mon vagin

unhappy body

Salut.

Écoute, j’en ai long sur le cœur et dans les bobettes à te dire et c’est le moyen que je prends aujourd’hui pour le faire.

Comment je pourrais bien te dire ça sans te froisser? J’en ai plus qu’assez que tu gères ma vie!

Un jour tu es là à me faire vivre les plus grands plaisirs de la vie et le lendemain te voilà déjà en mode « vengeance », me laissant là en train de me vider de mon sang.

Toi que la vie a placé sur mon chemin, ou plutôt dans mes culottes, tu es parfois une véritable bénédiction, parfois un moyen de persuasion et parfois un instrument de torture sans nom.

Toi, mon vagin.

Tu fais la pluie et le beau temps de mon univers. Tu sais comment gâcher une semaine de vacances idylliques en m’offrant des règles surprises. Tu sais comment faire en sorte de déranger mes plus importantes réunions au bureau en me gratifiant de gênantes démangeaisons impromptues. Tu sais aussi me mettre dans l’embarras en mouillant ma culotte quand le nouvel employé du département d’à côté, tu sais celui qui ressemble à Channing Tatum, a le malheur de me frôler dans l’ascenseur.

Tu réclames une stimulation intensive par moments alors que quand le temps s’y prêterait le mieux, tu demeures passif. La panne sèche, toi chose!

Toi mon vagin… tu as aussi décidé que tu étais la porte d’entrée officielle de ce monde. Pas moyen de laisser une autre partie de mon anatomie donner naissance à mon enfant hen!? Avais-tu pensé qu’un bébé c’est gros en calvince pour passer par ton petit orifice si fragile? Mais je l’ai fait quand même… ou pas à l’instant où tu as décidé que finalement c’était pas pour toi. Quand tu as décidé que finalement JE me ferais couper le ventre pour que bébé sorte par une autre porte.

Tu as un besoin constant d’attention. Tu nécessites des soins pointilleux. Du savon sans parfum de première qualité pour te nettoyer – parce que si j’ai le malheur de prendre autre chose, tu me le fais savoir à grands coups d’odeurs suspectes. Et quand tu t’habilles trop chaudement, c’est à moi – encore – que revient la tâche de remiser ta fourrure pour un temps.

Mon vagin… je dois quand même t’avouer que je suis heureuse de t’avoir dans ma vie en ce lieu et ce temps. Parce qu’on va se le dire franchement, il y a des pays et il y a eu des époques moins glorieuses pour les porteuses d’organe féminin. Merci à Lise Paillette et aux suffragettes de m’avoir tracé le chemin. De m’avoir créé un monde dans lequel je peux me sentir fière malgré tout de ma féminité.

Mais il va s’en dire que quand je vois l’homme se la sortir bien franchement pour un petit pipi de minuit sur le bord de l’autoroute, maudit que j’aimerais que tu sois différent cher vagin de mon cœur.

La Collaboratrice dans l'Ombre
LA COLLABORATRICE DANS L'OMBRE

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *