La fois où j’ai donné carte blanche à mon chum pour aller voir ailleurs

sad couple in bed

Mon chum,

Après la naissance de notre premier enfant, ma libido a chuté à -1000. Ce qui arrive souvent en général. Je ne me suis donc pas inquiétée. Après quelque temps, tout redeviendra comme avant, me disais-je. J’ai considéré cette situation comme un petit contretemps sans conséquence à long terme au sein de notre vie sexuelle. J’ai pris mon mal en patience et finalement, ma libido a de peine et de misère remonté la pente.

C’est alors qu’est né notre deuxième enfant.

Ma libido a dégringolé de nouveau, mais cette fois-ci, jusqu’à -2000. Et elle est restée là. Une fatigue accablante accumulée depuis plusieurs mois rendait mon intérêt pour la chose quasi nul. Je n’aimais pas mon corps car quelques livres s’entêtaient à stagner au niveau de mon abdomen. Quelques nouvelles vergetures avaient fait leur apparition. J’avais autant de tonus qu’une méduse. Et je n’avais pas l’énergie de changer quoi que ce soit.

Lorsque tu tentais des rapprochements, dire que j’étais peu enthousiaste serait un euphémisme. Il m’arrivait plus souvent qu’autrement de repousser tes avances. Il est arrivé que j’accepte, mais que je me laisse faire sans participer vraiment, hébétée de sommeil et souhaitant juste pouvoir dormir un peu avant le prochain boire de notre bébé. Je croyais que ça passerait.

Mais voilà, ça n’a pas passé.

Je l’admets avec une certaine honte : j’avais perdu tout intérêt pour notre vie sexuelle et je n’avais pas envie d’y remédier. Du tout. Entre les soins donnés aux enfants et l’entretien de la maison, j’avais plutôt envie de m’écraser devant un film le soir durant mon trop rare temps libre plutôt que de faire des galipettes. Pourtant, j’étais encore très amoureuse de mon homme. Je me sentais juste vidée de ma sève vitale. Où se cachait donc mon ancienne drive?

J’ai commencé à culpabiliser. Déjà que j’avais de la difficulté à assurer dans mon rôle de maman, voilà que je n’assurais plus dans mon rôle d’amante. Je me suis mise à penser que tu avais des besoins que je n’étais pas en mesure de combler. Mon estime de moi-même baissait à vitesse grand V.

Une idée m’est venue en tête : devrais-je te donner carte blanche pour aller voir ailleurs ? Choquée d’avoir même eu cette pensée, je me suis empressée de la reléguer au fond de mon esprit. Pourtant, elle ressortait assez régulièrement, tenace. Alors je me suis mise à la soupeser, à l’analyser sous tous ses angles. Dans ma tête, sexe et amour sont deux choses très différentes. Bien entendu, faire l’amour avec la personne que tu aimes est merveilleux, mais une simple baise peut aussi faire l’affaire. Je savais que tu m’aimais, alors je ne craignais pas que tu tombes amoureux d’une autre. Cette autre femme serait en quelque sorte une soupape le temps que la situation s’améliore.

Après quelques semaines de réflexion, j’ai décidé de me lancer à l’eau et de t’en parler.

Tu en es resté bouche bée.

Pour toi, il était impensable de faire ça. Le risque était trop grand que quelque chose arrive qui pourrait être une menace pour l’harmonie de notre famille. Tu ne voulais pas d’une simple baise. Tu voulais faire l’amour uniquement avec moi, ta femme. Tu m’aimais et tu considérais que nous vivions une passe difficile, mais qui s’améliorerait au fur et à mesure que nos enfants grandiraient. Tu étais à la limite fâché que je présume que tu accepterais peut-être d’aller voir ailleurs.

J’ai senti une grande bouffée d’amour pour toi à ce moment-là. Tu m’as vraiment touchée avec ces paroles. J’ai réalisé que mon couple méritait plus que ce que je lui accordais. Pour pouvoir rester fort, un couple doit avoir une vie sexuelle et faire des efforts pour s’accorder du temps juste pour eux.

J’avais du travail à faire pour pouvoir inciter ma libido à remonter de façon acceptable, mais me sachant comprise par mon mari, j’étais confiante d’y arriver pas à pas.

J’ai encore du travail à faire pour pouvoir inciter ma libido à remonter la pente de façon acceptable mais sachant que tu me comprends, je suis maintenant confiante d’y arriver pas à pas. Pour nous deux.

 

La Collaboratrice dans l'Ombre
LA COLLABORATRICE DANS L'OMBRE

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