La discipline positive a le dos large en maudit

kid and mother painting

En réponse au texte Celui qui a été puni étant jeune souffre aujourd’hui d’un traumatisme rare appelé éducation.

La discipline positive a le dos large en maudit. On lui donne toutes sortes de vocations qu’elle n’a pas et elle n’a pas la meilleure réputation. En vérité, toutes les idées préconçues viennent d’une incompréhension et de la désinformation qu’on en fait.

La discipline positive, c’est de traiter son enfant comme une personne à part entière. C’est de respecter que son développement social/affectif/cognitif n’est pas celui d’un adulte. C’est de prêcher par l’exemple. C’est aussi comprendre que ce qu’on ne ferait pas à une autre personne ne devient pas acceptable parce qu’on le fait à un enfant; on crie à notre enfant de ne pas crier et on tape notre enfant, car il a tapé. C’est insensé.

Dans la discipline positive, il n’y a pas de coin de retrait. Premièrement, parce qu’elle dit que l’enfant placé en retrait ne comprend pas pourquoi il y est dans la grande majorité des cas. Et que l’enfant fasse le perroquet et dise je-suis-au-coin-car-j’ai-fait-la-crise-je-m’excuse ne veut pas dire qu’il comprend; ça veut dire qu’il a appris quoi dire pour s’en sortir. On ne va pas se leurrer, quand un parent met son enfant au coin, c’est parce que le parent a besoin d’un retour au calme. Pas l’enfant. Qu’on se comprenne bien, c’est correct de vouloir prendre une pause avant que le feu sorte de nos oreilles, mais ne serait-ce pas plutôt au parent d’aller s’isoler un peu ? L’enfant d’âge préscolaire n’est même pas capable de gérer ses émotions, c’est une tâche trop grande pour lui que de devoir se calmer seul et isolé par-dessus le marché. Pis, si tu apprends à ton enfant à s’isoler quand il ne gère pas ses émotions, ne t’attends pas à ce qu’il fasse différemment à l’adolescence…

La discipline positive comporte aussi des règles et des cadres, c’est l’application qui est différente. On essaie d’éviter la formulation négative. Ne-traverse-pas-la-rue est une formulation négative qui mélange l’enfant, car ce qu’il retient est traverse-la-rue. C’est préférable, dans cette optique-là, de dire reste-sur-le-trottoir.

On ne montre pas aux enfants à obéir aveuglément. On explique notre raisonnement d’adulte pour qu’ils puissent, eux aussi, raisonner. Dire à son enfant de faire telle ou telle chose, sans expliquer la pensée derrière ne l’amène pas à comprendre pour pouvoir ultimement faire des choix lui-même dans le futur. Si on montre un enfant à obéir uniquement, quand nous ne serons plus là, il cherchera quelqu’un d’autre à qui obéir.

Le but de la discipline positive, c’est d’avoir des personnes qui seront aptes à s’auto-discipliner en faisant la part de ce qui est bien et ce qui est mal et pourquoi. J’ai souvent entendu tout-est-légal-tant-qu’on-ne-se-fait-pas-prendre. Voici l’exemple clair d’une société qui est élevée en craignant la conséquence, sans même comprendre pourquoi le geste en soi est répréhensible. Personnellement je ne fais pas d’excès de vitesse, pas parce que j’ai peur d’avoir un constat d’infraction, je ne le fais pas parce que c’est dangereux. On doit donner les outils à nos enfants pour que, de façon intrinsèque, ils refusent de faire quelque chose de condamnable/dangereux non pas par peur de se faire prendre, mais face au geste lui-même.

Je suis loin de dire que je suis l’exemple parfait de la parentalité positive. Principalement, si on a évolué dans une discipline traditionnelle et qu’on a un caractère de merde fort. Oui parfois je pète ma coche, oui parfois je crie. Je m’excuse aussi et je m’explique. Je suis la mère de mes enfants, je ne suis ni leur amie, ni leur boss. Je suis leur accompagnatrice, leur guide. Je ne suis pas au-dessus d’eux, ni en dessous d’eux.

Je suis à leurs côtés, pour les aider.

milie Verret
MILIE VERRET

Une réflexion sur “La discipline positive a le dos large en maudit

  1. Annie Répondre

    Excellent texte!
    Je viens de trouver le terme qui concorde avec l’éducation que je m’efforce à maintenir avec mes enfants! J’ai mis fin à ces traditions « d’élever son enfant par la menace et la peur » que les générations précédentes m’ont transmises. Quand on aime son enfant, comment on peut trouver ça correct de faire exprès de lui faire peur?
    Bref, merci pour ce billet.

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