À toi, l’entraîneur de soccer de mon garçon de cinq ans qui se pense dans la FIFA

little boy soccer ball

Cher entraîneur,

Avant toute chose, je voudrais te remercier d’avoir accepté d’entraîner une bande d’enfants qui savent à peine botter un ballon bénévolement. Du temps libre, quand on est parent, on en a pas à revendre et toi, tu as décidé de l’investir avec des petits gars un peu dans la lune qui ne sont pas tout à fait attentifs à tes consignes sur le terrain et qui préfèrent plus souvent qu’autrement jaser entre eux et boire du Gatorade que jouer au soccer. Des fois, tu dois te demander ce que tu fais là. En tout cas, moi, en tant que maman spectatrice, je me le demande fréquemment avant de me rappeler que mon gars est là pour avoir du fun.

À c’t’heure que je t’ai lancé des fleurs, tiens-toi prêt à recevoir le pot.

Quand tu fais jouer mon garçon de cinq ans cinq minutes en une heure sous prétexte que tu as repéré certains enfants qui ont plus de potentiel que lui et que tu me dis que ce potentiel-là doit à tout prix être développé et mis de l’avant au détriment de mon fils qui n’est pas fameux, fameux, j’ai comme un malaise. Un malaise cardiaque pendant que je tente de me retenir de te sacrer mon poing dans le front ou plus rationnellement de t’indiquer que tu n’es pas recruteur dans une ligue de soccer professionnel.

Dude, il va falloir qu’on s’entende sur quelque chose de ben simple. Tu coach une équipe composée d’enfants de cinq ans dont la plupart ne sont actuellement pas capables de botter le ballon avec les deux pieds. Des enfants qui sont là pour s’amuser. Des enfants qui donnent le maximum d’eux-mêmes dans la limite de leur petite capacité. Des enfants à qui l’on se tue à apprendre que l’important c’est de participer et qu’ils ont toutes les raisons d’être fiers d’eux-mêmes.

Mon garçon n’est clairement pas le meilleur de son équipe; pour être tout à fait honnête, il n’a jamais été un grand spécialiste des activités motrices. Mais du soccer, il en mange. À la seconde où il franchit la porte de la maison, il a déjà un ballon dans les mains et il nous supplie de jouer avec lui. Il parle du cours à venir toute la semaine. Il se trouve bon. Il voit qu’il s’améliore. Il est fier de lui.

Je ne sais pas si tu vis un grand rêve brisé en entraînant des cinq-ans, mais je ne te laisserai plus dire devant l’équipe que les meilleurs seront privilégiés. Je ne te laisserai plus non plus demander à mon fils de se rasseoir à tous les changements alors qu’il espère que son tour est enfin venu.  Et je ne te laisserai assurément pas miner la confiance de mon garçon et sa passion du soccer parce que tu as envie de te prendre pour un coach de la FIFA.

Et si tu me réponds que je n’ai qu’à prendre ta place si ça ne fait pas mon affaire, compte sur moi, je la prendrai et je me ferai un devoir de rappeler à tous les enfants que le sport est avant tout un jeu.

La Collaboratrice dans l'Ombre
LA COLLABORATRICE DANS L'OMBRE

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