Chère maman qui ne m’aime pas

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Chère maman,

Je suis aujourd’hui adulte et mère à mon tour. Je me dois de te concéder une chose, être mère n’est pas toujours chose facile. Un enfant, c’est exigeant. Il y a des jours où l’on devient désemparée et d’autres où l’on perd patience. Des fois, je sens des montées d’agressivité en moi, mais je repense à mon enfance et cela m’aide à me contrôler, à relativiser.

Alors que plusieurs adultes et mères tentent de ne pas reproduire ce qu’ils ont vécu dans leur enfance, je m’en suis fait un code d’honneur bien à moi. Malgré tout le respect que j’ai pour toi, j’ai envie de montrer à mes enfants ce qu’est l’amour, l’accomplissement et le dépassement de soi. Je veux qu’ils sachent qu’ils pourront toujours compter sur moi, et ce, en toutes circonstances.

J’ai envie de les aider à se bâtir une confiance en soi, pas une carapace contre les coups durs. Je souhaite leur montrer le respect de l’autre, pas qu’il est plus simple de rabaisser pour remonter son estime personnelle.

Tu m’as blessée à maintes reprises en voulant te sentir supérieure. Je suis et ne serai à tout jamais qu’une enfant pour toi. Juste une petite fille qui n’aura jamais le droit de vieillir, ni d’avoir des opinions bien à elle. Je sais que le fait que je sois une mère à mon tour et que je vive ma vie de famille différemment de la tienne, ne te plaît pas du tout! C’est bien malheureux pour toi. Et, tu sais quoi? Tu me le démontres fréquemment même sans t’en rendre compte.

J’ai bien hâte que tu veuilles me reconnaître telle que je suis, même si mon espoir s’envole un peu plus chaque jour.  Je te demande maintenant de lâcher prise sur ma manière d’être parce que mon sentiment de petite fille refait surface encore aujourd’hui et, ce sentiment, je n’en veux plus. C’est horrible de se sentir aussi peu aimée par la personne qui a le rôle de te chérir, de t’aimer inconditionnellement et, surtout, d’être présente dans les petits moments importants dans ta vie. Ça fesse encore plus de ressentir que tu as baissé les bras il y a bien longtemps avec moi…

Je garderai pour moi ces phrases assassines que tu m’as maintes fois jetées au visage et qui visent à détruire l’autre à petit feu te permettant de conserver ce pouvoir perpétuel que tu as  sur moi. Je n’ai pas besoin de leur transmettre cela dans mon héritage. Il y a de ces bagages familiaux qu’il vaut mieux stopper à un moment donné dans la chaîne de transmission entre les générations.

Tu ne l’as pas eu facile toi-même dans ton enfance et dans ton rôle de mère monoparentale, je te l’accorde. Toutefois, j’aurais tant aimé que tu puisses passer par-dessus tes propres blessures pour arriver à me montrer tout l’amour que, je l’espère, tu as pour moi et que tu ne sais juste pas comment me le démontrer. J’ai eu une bonne éducation. Je dois te donner ce que tu as fait de bien. Mais malheureusement, ce n’est pas ce qui est resté imprimé en moi de notre relation mère-fille.

Grâce à toi, je sais que j’ai envie d’offrir de la douceur à mes enfants. Un lieu d’écoute, de soutien. Une terre d’accueil chaleureuse où ils pourront toujours venir se réfugier en cas de problème. Parce que je ne le supporterais pas qu’ils aient besoin d’avoir une mère substitut pour me remplacer lorsqu’ils auront besoin de mon aide.

Je n’ai pas la prétention d’être la mère parfaite. Parfois, j’ai aussi de mauvais réflexes, mais je sais m’excuser et reconnaître mes torts lorsque c’est nécessaire parce que notre relation mère-enfant compte beaucoup plus pour moi que mon orgueil mal placé.  Une petite ouverture d’esprit de ta part pourrait être bien aidante autant pour tes petits-enfants que pour moi. Je ne demande pas à ce que notre situation vire au rose bonbon, mais j’aimerais être en mesure de pouvoir parler de tout et de rien avec toi, simplement. De pouvoir te faire confiance et d’avoir droit à quelques conseils lorsque je me sens dépourvue de bonnes ressources. Pouvoir avoir un coup de main pour gérer quelques situations avec mes enfants ou tout simplement dans mon quotidien. Savoir que tu es là.

J’aimerais vraiment te faire confiance. Tu ne peux t’imaginer à quel point. J’aimerais oser croire que mes paroles resteraient entre nous. Ne pas craindre que tu ne les garderas en réserve pour me les remettre en pleine face soudainement question de TE remonter l’estime. Que mes demandes de soutien soient entendues et respectées pour ce qu’elles sont et non pas pour une faiblesse que tu peux utiliser contre moi lorsque cela te convient. Que me rendre des services soient naturel pour toi et non pas conditionnel à un retour de ma part.

Notre relation malsaine saura m’aider à avoir une relation des plus aimantes avec ma famille. Elle m’aura aidée à poser les balises claires et saines de cette famille qui est sans cesse en construction et en évolution. Il y aura des hauts et des bas, mais je sais sur quel modèle je ne veux pas me baser pour les éduquer.  J’ai envie de plus de proximité entre nous afin de savoir que nous sommes tissés serrés! Je souhaite leur offrir ce milieu que j’aurais aimé avoir pour moi. Et peut-être que je me tromperai à mon tour. Peut-être que leur besoin n’est pas là et que je passerai aussi à côté.

L’important, c’est que nous bâtissions assez de confiance entre nous pour qu’ils soient en mesure de me dire que je suis en train de l’échapper et que ce n’est pas ce qu’ils souhaitent pour eux. Je tenterai alors de m’ajuster parce que leur bien-être passe avant bien des aspects de ma vie.

J’espère qu’un jour je saurai m’affranchir de ta méchanceté. Que cela cessera de m’atteindre autant parce que chaque fois, je te donne du pouvoir sur ma vie, sur mon estime de soi. Que je saurai voir en toi l’autre partie de toi à laquelle tu ne me donnes pas accès.

À toi, qui seras à jamais ma mère, sache que je t’attends.

Celle qui sera à jamais ta fille

La Collaboratrice dans l'Ombre
LA COLLABORATRICE DANS L'OMBRE

2 thoughts on “Chère maman qui ne m’aime pas

  1. Joëlle Laurin-Fiel Répondre

    Merci chère inconnue d’avoir mit les mots. D’encore y croire même dans l’adversité! Je te souhaite tout le bonheur du monde à ta famille et toi!
    Je crois à ton approche et c’est celle que je mets en application depuis Belle lurette! Franchement merci! Transformer le négatif en positif sera toujours la meilleure solution selon moi!!!

  2. Karine Hy Répondre

    Je vous partage ce texte que j’ai écrit aujourd’hui et qui parle de cette violence verbale et l’absence de communication et de bonté :
    « Cela me rend triste de voir la répression acharnée de certains parents sur leurs enfants, quelle violence ! Aujourd’hui j’ai pris un café dans un restaurant. Derrière moi, il y avait une table avec 3 adultes et un jeune enfant d’environ 3 ans. Je suis restée environ 45 minutes, et tout le long, l’enfant a été violenté verbalement par ces adultes, dont la mère et le grand-père. Toujours sur un ton agressif, chacune d’eux, surtout la mère, lui disait d’arrêter ce qu’il faisait, lui lançant des « stop ! », « ça suffit! », « arrête! », avec des menaces du genre « attention à toi! », des mots méchants « t’es chiant ! », « obéis à ton grand-père! », etc. Un acharnement, une répression, un contrôle et aucune explication… A plusieurs reprises, je me suis retournée pour les regader quand ils élevaient le ton, et j’en ai profité pour sourire une fois au petit garçon juste derrière moi. Ils l’ont même privé de glace sous prétexte qu’il était trop chiant, alors qu’eux ont pris un dessert ! Cela me rend triste, car il n’y avait aucun échange, aucune écoute, aucune communication ni aucune bonté pour ce jeune enfant. Aussi parce-que je sais que c’est ainsi que commence le « dressage » et que si ce jeune enfant n’en prend pas conscience, alors quand il sera adulte, il reproduira ce schéma. C’est ainsi que vit la majorité des humains, parce que ce qui est vécu dans l’enfance est pris pour argent comptant et comme modèle…. Alors, oui, je le maintiens, ceci est de la VIOLENCE ! »
    Pour part, j’ai choisi de ne plus voir ma mère (ni mon père) car pour moi ces comportements dominateurs sont rédhibitoires. Je dénonce la violence physique dans la rue et les lieux publics, et aussi les mots rabaissants.

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