L’allaitement : ça a le droit de ne pas marcher

baby milk

Belle maman persévérante,

Si tu savais comment je t’admire. Tu sais depuis que tu as vu la deuxième ligne rose apparaître sur ton premier test de grossesse que tu veux allaiter et tu y tiens mordicus. Tout au long de ta grossesse, tu te plais à répéter à qui veut l’entendre que tu as choisi l’allaitement, mais que tu ne te mets pas de pression si ça ne fonctionne pas aussi bien que prévu. Tellement que tu finis par y croire, confiante et zen. Tout le monde est capable, pourquoi pas toi?

Neuf beaux mois ont passé depuis, et tu arrives enfin au grand jour, le jour où tu peux enfin prendre ta progéniture dans tes bras, les yeux pleins d’eau parce qu’il est trop beau, ton petit bébé tout neuf à toi. Et enfin, tu arrives devant le moment de vérité, le moment où tu commences la grande aventure de l’allaitement. Tu n’es pas tout à fait à l’aise, tu as l’impression que c’est différent de ce que tu as lu dans les livre, tu sens que tu manques de connaissances et ça ne fonctionne pas tout à fait comme tu te l’étais imaginé, mais tu te dis que c’est normal, que c’est nouveau, que vous allez vous apprivoiser. Tout le monde est capable, pourquoi pas toi?

Enfin, vient ensuite le retour à la maison (parce que ouf! à l’hôpital, avec les millions de personnes qui sentent le besoin de te donner  quatre-vingt-douze millions de différents conseils sur l’allaitement, de faire ci, de ne pas faire ça… c’était en train d’embrouiller ta tête), tu te dis  en prenant trois grandes respirations que dans le calme et le confort de ton chez toi, ça ira forcément mieux. Tu es belle, tu es bonne, tu es capable. C’est naturel après tout, on dit même que c’est glamour, ça va donc finir par venir tout seul, non? Simple de même. Mais le temps passe, la montée de lait a fait surface et après plusieurs reprises, tu as toujours cette sensation que ça ne fonctionne pas, tu te sens impuissante et tu commences tranquillement à en faire une maladie parce que tu veux tellement que ça réussisse. Pourquoi ne pourrais-tu pas y arriver, pourquoi pas toi?

Qu’on se comprenne bien, l’allaitement n’est pas toujours compliqué pour toutes mais arrête de te dire que tout le monde est capable. Si le temps passe et que tu fais toujours face à des difficultés,  avant de finir par pleurer avant, pendant et après les boires en pensant déjà avec angoisse aux prochains, avant de penser que ton corps est défectueux, que tu n’es bonne à rien, avant de devenir malheureuse et de te culpabiliser, et d’en venir à avoir envie de tout lâcher, d’être sur le seuil de faire un grand deuil, je vais te dévoiler quelque chose qui semble être tabou et qui devrait être dit plus souvent : l’allaitement, c’est un apprentissage complexe et constant. Voilà, c’est dit.  Il y en a pour qui cela se fait tout seul, sans complications ; c’est vrai que cela existe, que c’est possible, oui. Ce qu’on ne dit pas, c’est que ce n’est pas toujours facile même si c’est naturel, il se peut que tu croises une, deux, dix embûches différentes dans ton parcours. En ayant des conversations honnêtes avec ton entourage qui est aussi passé par là, il est possible que rapidement tu réalises que tu n’es pas toute seule pour qui ce n’est pas toujours évident. TU N’ES PAS TOUTE SEULE et c’est normal d’avoir besoin d’aide, nous sommes des mamans, pas des superwomen.

Avant d’écouter n’importe qui d’autre, écoute-toi, fais-toi confiance. Toi seule connais tes limites. C’est important que tu te respectes et que tu te sentes bien avec tes choix. Ne te brûle pas; ton nourrisson a besoin d’une petite mère heureuse qui se sent bien, dans son corps et dans sa tête. Et si tu en viens à constater que l’allaitement n’est pas pour toi (parce que oui, ça se peut, et c’est bien correct ainsi aussi), dis-toi que l’important, c’est que le petit bedon bien rond de ton coco ou de ta cocotte soit rassasié, peu importe le lait que tu auras choisi de lui donner.  Et surtout, répète-toi ceci sans en douter : tu es la meilleure maman pour ton bébé, peu importe le choix que tu décides de prendre, et ça, « tout le monde » ne peut pas te l’enlever.

La Pirate


2 thoughts on “L’allaitement : ça a le droit de ne pas marcher

  1. Céline B. Répondre

    Ces mots j’aurai pu les écrire après mon accouchement en janvier, durant ma grossesse, je ne me mettais pas de pression, je me disais que ma fille déciderait mais que j’aimerai avoir ce lien avec elle. Cela ne sait pas passé comme ça et les médecins et infirmières pro-allaitement n’ont pas aidé à me déculpabiliser. Encore moins les gens que je rencontrais à la pharmacie qui me passaient leur petit commentaire :  » mais comment ça tu n’allaites pas ? », lorsque que j’allais acheter son lait. Pour notre bien être à toutes les deux, pour ne pas que chaques boires deviennent une source de stress, j’ai décidé très vite de lui donner le biberon a la sortie de l’hôpital en tirant mon lait 8 fois par jour en croyant qu’à un moment donné ça allait arriver. J’ai pris des gélules de plantes mais au bout d’un mois sans aucun changement quand l’infirmière m’a annoncé que l’étape suivante était la clinique d’allaitement pour me faire prescrire des médicaments pour augmenter ma production de lait, j’ai eu le déclic.
    J’avais fait tout ce que je pouvais pour essayer de satisfaire ce besoin mais c’était assez, il était hors de question que je me « dope » pour produire du lait.

    Bye bye la culpabilité, cela n’a pas fonctionné tant pis.

    Je suis passé par toutes sortes d’émotions et je vous remercie d’avoir écrit ce texte qui va peut être redonner un peu de baume au coeur à toutes ces mamans qui se sentent responsables de ne pas y arriver dans une société où il est si important soi disant d’allaiter mais qu’il faut pratiquement se cacher pour le faire.

  2. Paskale Répondre

    Un peu la même histoire ici… Élevée par une mère infirmière, qui m’a allaitée tendrement… Je voulais tant que ça fonctionne pour moi aussi! Mais la réalité, dans une chambre d’hôpital surchauffée, quand tu es fatiguée du manque de sommeil, des constantes interventions sur ton bébé, est tout autre. J’ai essayé, essayé et essayé… Bébé hurlait, il avait faim et ne faisait pas l’accroche du tout. Mon conjoint m’appuyait tant bien que mal. Et voilà que, à 1h40 du matin, après 1 heure de tentative, un bébé anxieux, affamé et épuisé, les bons côtés de l’allaitement maternel se sont évanouis dans un tableau imaginaire (et oui, on délire un peu après 30 heures sans dormir…) Mon conjoint est sorti de la chambre, complètement à bout de patience de me voir aller. Alors, j’ai fait un choix: ma santé mentale et celle de mon bébé. Mieux vaut une maman heureuse avec un bébé au biberon qu’une maman malheureuse avec un bébé au sein. Thats it!

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