À toi, la maman qui doute, je te comprends

stressed mother with baby

Peut-être qu’avant d’avoir tes p’tits, le doute n’était pas quelque chose à quoi tu consacrais beaucoup de temps. Du haut de ton âge, quel qu’il soit, tes doutes se résumaient à peu près à : « je peux-tu mettre ça, de l’aluminium, dans le micro-ondes? » … « de la viande, ça se congèle-tu après avoir été décongelée? » … « j’ai-tu renouvelé ma carte d’assurance-maladie donc? ». Puis t’sais, au pire en cas de doute, t’appelais ta mère puis elle te donnait la réponse. Point final. Dans ce temps-là, le doute, ça se résumait pas mal à ça.

Puis là, tu as eu un p’tit. Ton doute s’est installé assurément à un de ces deux moments : quand tu as su qu’un bébé avait élu domicile dans ton bedon ou quand tu l’as tenu dans tes bras pour la première fois. Parce que quand tu as un enfant, je ne sais pas trop ce qui se passe, mais le doute devient en quelque sorte partie intégrante de ton quotidien. Tu deviens une experte douteuse et l’art de douter n’a plus aucun secret pour toi.

À toi, maman qui doute, sache que je te comprends. Parce que je fais exactement la même chose, chaque jour ou presque.

Quand ton p’tit ne faisait pas ses nuits à six mois alors que tous les bébés de tes amies dormaient comme des bûches pendant douze heures de suite, il t’est sûrement arrivé de te demander ce que tu ne faisais pas de correct. Tu as douté, à savoir si tu le gâtais trop, si tu le berçais trop, si tu allais trop souvent le voir, si tu ne le laissais pas assez pleurer… Tu as tellement douté que tu as épluché tous les forums de mamans pendant des heures, tu as lu trois livres sur le sommeil des nourrissons et tu as essayé une, puis deux, puis trois techniques différentes pour qu’il les fasse, ses nuits. Mais malgré tout, ça n’a pas fonctionné. Alors à toi qui as cru avoir « manqué ta shot » avec le sommeil de ton bébé et qui as culpabilisé, arrête. Arrête de douter de toi. Tous les bébés sont différents, le tien en est simplement un pour qui ça prendra un peu plus de temps avant de dormir un dix heures de suite. C’est tout. Et ce n’est pas de ta faute.

Quand ton petit ne se tournait pas du ventre au dos entre quatre et six mois, qu’il ne s’assoyait pas si solidement que ça vers six mois et qu’il ne marchait pas à quatorze mois, comme le faisaient les bébés de tes amies, tu as peut-être pensé que tu aurais dû en faire plus, que tout ça était à cause de toi. Que si tu lui avais montré d’une autre façon, il aurait appris plus vite, et qu’il aurait fait ces choses-là en même temps que les autres, ou selon le fameux modèle du maudit « Mieux Vivre ». Regarde, tu peux tout de suite cesser de te remettre en question. Si ton p’tit ne marche pas, ne s’assoit pas et ne se tourne toujours pas du dos au ventre quand il aura trois ans, on en reparlera. D’ici là, tu demeures une bonne maman qui fait son gros possible pour assurer le bonheur de ton enfant. Et ton enfant, est-ce qu’il a l’air heureux? Oui? Bon alors, c’est tout ce qui compte selon moi.

La liste est longue.

Tu as peut-être douté que c’était de ta faute lorsqu’il a eu son premier bouton d’acné du nourrisson. Que si tu lui avais mis un autre savon, il n’en aurait pas eu. Tu as peut-être douté quand tu as vu sa première grafigne d’ongle sur le visage. Que si tu lui avais acheté des mitaines qui tiennent plus, qu’il ne se serait pas grafigné. Tu as peut-être douté quand tu lui as donné des fruits avant des légumes. Que s’il n’aime pas les zucchinis, c’est parce que tu lui as fait goûter aux bananes trop tôt. Tu as peut-être douté que tu lui as donné trop ou pas assez de lait, que tu lui as donné des céréales trop vite ou trop tard, que tu as fait trop ou pas assez de cododo, que tu l’as fait garder trop vite ou trop tard. Vois-tu, des doutes, tu peux en avoir sur tout.

Ça fait que maman qui doute de toi, arrête. Tu te fais deux fois plus de mal que de bien. Je sais que tu veux bien faire, on veut toutes bien faire. Sauf que des fois, à vouloir en faire trop, c’est pire. Ce que je veux te dire, c’est d’arrêter de te comparer. Pas toi. Ton bébé. Arrête de le comparer aux autres bébés parce que celui que tu as créé est unique, il a sa personnalité et son rythme de développement à lui, et quoi que tu fasses, tu n’y pourras pas grand-chose.

Et fais-toi confiance. Toujours. Car tu es et sera toujours la mieux placée pour savoir ce qu’il faut faire à tout instant avec ton bébé.

Ariane Lepage-Hurteau
ARIANE LEPAGE-HURTEAU

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *