La maternité n’est pas une guerre à finir

woman hand gun

Aujourd’hui, la maternité est une guerre à finir. Comme si t’en avais pas assez de changer des couches, de faire du lavage et de passer des nuits blanches, il faut que tu mettes ton casque de guerrière, que tu sortes ta hache et que tu esquives les coups des mamans des quarante-huit camps adverses avant de planter ton arme dans le crâne de la mère en furie qui est en train de te tirer dans le dos.

Portage, couches lavables, couches jetables, allaitement, biberon, cododo, 5-10-15. Name it. On va se le dire, il existe autant de façons d’élever les p’tits que de mères. Pis c’est ben correct. T’as le droit de juger que certaines ont tort et que d’autres ont raison. Chez vous, dans le confort de ton foyer. Mais t’as aussi le devoir de garder ça pour toi. Parce que t’en as assurément déjà voulu à une ou plusieurs matrones de s’en prendre à ta façon d’éduquer tes enfants. Parce que certaines personnes t’ont déjà blessée en remettant tes méthodes en cause pis qu’à ce moment-là, tu t’es demandé avec quelle prétention elles pouvaient affirmer savoir ce qu’il fallait faire avec ton bébé sans même le connaître. Parce que même les spécialistes de ce bas monde n’arrivent pas à s’entendre sur ce qui est bien pis ce qui est mal en matière de bébés pis d’enfants.

Naïvement, quand t’as mis bas et que tu t’es mise à échanger avec les autres mères, t’as peut-être eu l’impression d’avoir rejoint une meute, une gang qui se comprend pis qui se respecte. Pis ta grosse balloune rose bonbon a vite fait de péter la première fois qu’un membre de ton nouveau clan maternel t’es rentré dedans. Et l’histoire s’est répétée. Plusieurs fois. Pis à moment donné, tu t’es mise à tirer dans le tas toi aussi. T’as tiré dans le village.

Si le village est à feu et à sang aujourd’hui, c’est un peu de ta faute à toi. Pis celle de toutes les autres qui ont oublié que lorsqu’on est mère, c’est de soutien qu’on a besoin, pas de jugement. C’est une tape sur l’épaule que ça nous prend, pas un coup de poing sur la gueule. C’est des mots réconfortants qu’on veut entendre, pas une trâlée d’insultes.

On part de loin, mais dans ce qu’il me reste d’utopie, je rêve qu’on reprenne ça à zéro. Qu’ensemble, on reconstruise le village pierre par pierre. Qu’on en fasse quelque chose de beau. Qu’on en fasse un endroit où les mères ne se sentiront plus seules au monde avec un gun dans les mains prêtes à abattre le paquet d’ennemies qui se massent devant leur porte. Un endroit où leurs craintes seront entendues et apaisées. Un village où des conseils pourront être donnés en toute bonne foi et sans jugement. Une place où l’on comprendra que rien ni personne ne sera jamais parfait, mais que toutes les mères font tout ce qui est en leur pouvoir pour rendre leurs enfants heureux et méritent le même respect.

Pis il me semble que c’est dans ce village-là que j’ai le goût que mon gars vive.

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