Je ne dépenserai plus une cenne pour toi, mon garçon

kid palms up

Mon gars,

On peut désormais s’entendre sur une affaire ben claire. Ma réponse à la question « Maman, est-ce que je peux avoir… » sera désormais non par défaut. Tout le temps. En toutes circonstances. Sauf une fois au chalet. Tu as cinq ans et tes envies de consommation sont plus grandes que les miennes ne l’ont jamais été. Tu veux toute. Pis tu le veux tout de suite.

Ça fait que pour te récompenser de tes bons coups, de ton beau bulletin pis de ton comportement exemplaire, maintenant, je vais te donner une tape dans le dos. Je vais te prendre dans mes bras et te dire que je suis fière de toi. Je vais t’amener au parc pour te voir descendre la glissade jaune soixante-douze fois. Mais je ne vais plus t’acheter de cochonneries à dix piastres.

À l’épicerie, je ne te laisserai plus remplir mon panier de cochonneries. Des boîtes de céréales, on en a déjà quatre-vingt-quatorze à la maison dont les plus vieilles doivent dater de 2015. Des poires, c’est vrai que c’est bon, mais ça ne remplit le ventre de personne quand ça meurt dans le panier à fruits après que tu aies refusé d’en manger pendant une semaine. Du lait au chocolat, ça goûte bon cinq minutes et ça moisit dans le fond du frigidaire si personne ne le boit. Des popsicles de toutes les couleurs, c’est super, mais ça ne goûte plus rien après trois mois dans le congélateur. Tu peux être assuré que je vais toujours remplir ton assiette d’aliments nourrissants qui goûtent bon, mais laisse-moi le soin de les choisir avec mon cerveau qui anticipe leur potentiel périssable et nutritionnel.

À la caisse, je ne t’achèterai pas de gomme qui carie tes dents. Ni d’œufs en chocolat contenant des bébelles en plastique qui traînent dans la maison pendant trois semaines. Je ne céderai pas non plus devant les palettes de chocolat; on croule encore sous le chocolat de Pâques. Et les jouets cheap dans les machines distributrices à la sortie, tu peux mettre une croix dessus. Le plus longtemps que je t’ai vu jouer avec ça, c’est pendant les quinze minutes qui séparent l’épicerie de la maison.

À Noël, je ne viderai plus mon compte en banque pour t’acheter des jouets avec lesquels tu vas jouer trois minutes et quart. Tu auras assurément des paquets contenant des affaires le fun. Trois ou quatre en tout et partout; pas quarante-huit. Et comme par magie, tu en comprendras la valeur plutôt que d’entreprendre une course de déballage pendant deux heures sans t’attarder à aucun d’entre eux et sans même penser à dire merci à qui que ce soit.

À ta fête, tu choisiras ce que tu veux. Et comme tu ne crouleras pas sous une tonne de bébelles toutes plus inutiles les unes que les autres, j’ose espérer que tu prendras le temps de réfléchir et de choisir quelque chose qui t’amusera et te servira pour la balance de l’année.

Mon gars, le véritable bonheur fait partie intégrante de bien des choses de la vie, mais il ne passe pas par les objets qu’on achète. Et je promets de tout mettre en œuvre pour que tu le comprennes.

 

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4 thoughts on “Je ne dépenserai plus une cenne pour toi, mon garçon

  1. Julie Répondre

    Excellent! Bravo Maman, tu as compris que ton fils n’a pas besoin de toutes ces babioles pour être heureux. Suggestion, lui fabriquer des chèques cadeaux avec des activités qu’il adore (ex; soirée cinéma maison avec pop corn) et lui assigner des tâches adaptées à son âge, puis lui laisser choisir un chèque cadeau par semaine. Et des cartes bonus, pour les petits extras qui font plaisir, lors d’un bon coup (ex; un massage, un bain mousse).

  2. Caro Répondre

    Oui, tu as raison en partie, mais comme toute bonne chose, il ne faut pas verser dans l’excès et ici, je comprend qu’il y a excès de « tu n’auras rien « . Maman, est-ce que tu appliques aussi ce principe pour toi ? Car je sais que le bonheur n’a pas de prix mais peut-on parfois se faire plaisir même si ça passe par un peu de consommation ? J’ose espérer que cette stratégie sera profitable et que ton garçon ne versera pas dans l’excès de tout vouloir se procurer car il en aura jamais eu…. Je prône le juste équilibre….

  3. Annie Répondre

    Pensez leur faire offrir leur fête en cadeau et profitez en pour expliquer le partage, ma fille le fait depuis qu’elle a 7 ans et c’est elle qui le demande quand son anniversaire arrive…
    Mafeteencadeau.com

  4. Myriam Demers Répondre

    Très bon article.
    En lisant le titre, je m’attendais à ce que le sujet soit sur les ado. Du style « prends toi en mains mon grand, je continus à te loger et te nourrir, mais pour le reste trouve toi un petit boulot et développe ton indépendance. »

    C’est vrai que si on commence quand ils sont tout petit, il y a plus de chance que ce soit fait ou presque fait à l’adolescence.

    Merci pour ce texte.

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