Les vacances d’été ne sont plus ce qu’elles étaient dans ton temps

kid on beach vintage

Quand tu compares le quotidien de tes enfants et ce que tu vivais il y a vingt trente ans, c’est le choc.  L’environnement était drôlement différent de celui dans lequel les gamins d’aujourd’hui évoluent, que ce soit au niveau social, technologique ou familial.  Ça te rend pas nostalgique tout ça, fille?

C’est à peu près là que tu te rappelles tes étés d’enfance.  Pratiquement chaque dimanche, tu allais en famille en visite chez tes grands-parents pas loin.  Tu n’apportais pas de jouets ou de livres au cas où tu t’ennuierais (anyway tu ne t’ennuyais jamais), tu t’amusais avec un jeu de cartes ou les vieux jeux de ta grand-mère, tu allais dehors et tu inventais des histoires.  C’est sûr que t’avais toujours une dizaine de cousins-cousines avec toi, alors que tes enfants sont souvent seuls chez tes parents, ta sœur et son p’tit habitant trop loin pour venir passer l’après-midi avec vous.  Quand il faisait chaud, grand-maman t’offrait un popsicle et y’avait trois saveurs : orange, cerise ou raisin, that’s it.  Même chose quand tu avais soif, t’avais le droit d’aller te chercher une liqueur dans la cave : fraise, orange, brune ou blanche, pas d’autres options.  Jamais tu n’aurais osé chialer que ce n’est pas ça que tu voulais.  En fin de journée, tu retournais heureuse à la maison, t’avais même hâte à la prochaine fois.

Quand arrivaient les vacances de tes parents, vous partiez à l’aventure.  Pas de réservations et avec une carte routière papier, la destination se précisait parfois en chemin.  Est-ce que tes enfants ont déjà vu ça, fille, une carte routière pas pliable?  Pas de GPS, pas de Google pour vous aider à trouver la meilleure route, un hôtel, des attractions ou un resto.  Avec tes frères et sœurs, tu t’amusais à compter les autos rouges, à chercher des plaques d’immatriculation différentes, ou tu ne faisais rien d’autre qu’attendre d’être arrivée.  Tu ne demandais pas à toutes les deux minutes estce qu’on arrive bientôt?  Tu n’avais pas de iPod, de lecteur DVD ou de tablette pour passer le temps.  Si tu étais chanceuse, tu avais pu enregistrer en direct à la radio tes chansons préférées sur une cassette et ton père te laissait l’écouter dans l’auto.  Tu étais heureuse, la route pour se rendre faisait aussi partie des vacances, ce n’était pas un passage obligé.  À sept ans, tu n’en étais pas à ton troisième voyage dans le Sud, mais tu avais vu le Saguenay et la Gaspésie.  T’avais pas été à Walt Disney, mais tu avais adoré le Parc Safari.  T’avais pas fait vingt-huit vidéos et pris quatre cent soixante-treize photos, mais tu avais la tête pleine de souvenirs.  Les attentes étaient moindres, mais le bonheur tout aussi présent.  Et peu importe où vous aboutissiez, tu passais de super vacances.

Oui, tu as contribué à ces changements, comme la société en général.  Tu n’as pas à tout donner à tes enfants et tu le sais, mais tu veux ce qu’il y a de mieux, qu’ils s’intègrent bien et n’aient pas l’air de venir d’une autre planète… et toi aussi, tu aimes les nouvelles bébelles technologiques et la liberté que ça te procure (ou la dépendance, c’est selon). Le monde est de plus en plus accessible, pourquoi tu t’en priverais?   Ce n’est pas nécessairement mauvais, il ne faut pas se sentir coupable de vivre dans un monde qui a évolué depuis notre enfance.

Parce que le plus important, fille, c’est que les valeurs que tu inculques à tes p’tits soient les bonnes, peu importe les outils auxquels ils ont accès et les souvenirs qu’ils se créent.

Sophie Métivier
SOPHIE MÉTIVIER

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