J’ai été jeune moi aussi, ma fille

mother holding daughter

J’ai été jeune moi aussi, ma fille. Je sais ce que c’est de vouloir plaire à tout prix, pour ne pas être l’exclue, le rejet. Je sais que les amis prennent une place de plus en plus importante et les garçons aussi. Et je sais aussi que les garçons ne sont pas tous vrais et gentils.

Je sais ce que c’est d’avoir envie de faire blanc quand on nous dit noir. Je sais aussi que les adultes te diront trop souvent noir à ton goût. Je sais ce que c’est de maudire le monde pour un refus.

J’ai été jeune aussi ma grande. Je sais ce que c’est de ne pas savoir dire non quand on en n’a pas envie. Et ainsi vivre des petits ou gros drames qui t’effleurent ou te brisent, qui je l’espère te feront grandir. Je sais que l’amour rend encore plus aveugle quand on n’arrive pas à se voir et s’aimer soi-même.

J’ai été jeune moi aussi ma perle. Je comprends que les mots qui sortent de ta bouche n’ont souvent rien à voir avec ce que tu es réellement, au plus profond de toi. Je comprends que de se chercher pousse parfois au désir de tout foutre en l’air. Et que de tout foutre en l’air n’aide pas nécessairement à se retrouver. Je comprends que l’autonomie adulte passe par une adolescence épanouie où il faut te faire confiance et faire confiance en tes choix.

J’ai été jeune aussi mon ange. Je me souviens de combien il est difficile de s’ouvrir sincèrement, surtout à ses parents. Je me souviens de combien c’est complexe ce qui se passe dans le coeur de l’enfant qu’on ne veut plus être. Je me souviens que de pleurer et haïr n’arrange pas les crises. Que de se choquer implique deux peines : la peine de s’être choquée et la peine de se déchoquer.

J’ai été jeune aussi ma puce. J’aurais voulu savoir qu’on m’aimait coûte que coûte. Je t’aimerai quoi qu’il arrive. J’aurais voulu entendre qu’on me faisait confiance. Je crois en toi. J’aurais dû comprendre qu’on était là pour me soutenir. Je suis et serai toujours à tes côtés, même lorsque tu n’en auras pas l’impression.

J’ai été jeune aussi ma belle. Je dois me rendre à l’évidence tu es une jeune fille qui deviendra (trop vite selon moi) une jeune femme. Une jeune fille merveilleuse, remplie de ressources, animée d’une passion de vivre si touchante. Tu es magnifique. Tu es intelligente et tu as un caractère qui me fait parfois grimper aux rideaux, mais que je trouve si important. Tu es jeune et je sais ce que c’est ma fille. Les tourmentes se présenteront, ton toi tout entier sera ébranlé par l’adolescence. Il y aura de grandes joies, mais aussi de grandes déceptions. Malgré que tu me mettras peut-être à l’écart pour poursuivre ta propre route, je serai là, toujours là, car j’ai été jeune ma petite chérie et on ne réalise certaines choses qu’en vieillissant.

Je comprends que tu n’es plus une enfant, que tu dois apprendre de tes erreurs. Je comprends que tu dois apprendre à voler de tes propres ailes, même si à mes yeux tu es et resteras la fillette à qui je tiens la main pour la l’empêcher de trébucher.

Un jour, tu me comprendras à ton tour.

Maman

Méline
MÉLINE

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