À toi, la mère qui n’a pas toujours rêvé de maternité

mother kiss baby

Tu ne rêvais pas de maternité.

Tu n’avais jamais senti la nécessité de t’accomplir en ayant des enfants. Ce n’était pas nécessaire pour valider et définir ta féminité. Tu ne te sentais pas incomplète sans cette présence. Fonder une famille n’était pas une étape de vie essentielle pour toi, ce n’était pas un must. Tu ne ressentais pas cette obligation d’avoir un partenaire et des enfants. Ce n’était vraiment pas une priorité. C’était une éventualité, un peut-être. Un « on verra bien ».

Tu ne rêvais pas de famille. Ce n’était pas un projet de vie, une finalité, un idéal à atteindre. Tu n’avais pas prévu une sélection exhaustive de prénoms possibles pour ta future progéniture. Le soir en t’endormant, tu n’imaginais pas comment serait la décoration de leur chambre. Tu n’étais pas obsédée par l’esthétique des dessins d’hirondelles qui agrémenteraient les murs, ni sur les escargots éclectiques qui pendouilleraient du mobile. Quand tu passais des après-midi avec les enfants de tes amies, tu ne ressentais pas l’envie d’avoir les tiens. Dans les boutiques, tes yeux ne s’illuminaient pas à la vue d’un mini-pyjama à pattes trop mignon. Tu ne t’extasiais jamais devant les vêtements de maternité en t’imaginant le ventre rond et la poitrine gonflée. Bâtir ta vie dans un bungalow avec une cour aménagée et un module pour enfants n’avait même aucunement effleuré ton esprit. Tu ne te magasinais pas un géniteur potentiel pour ta minuterie reproductive à rebours. Tic tac tic tac, tu ne seras pas fertile pour toujours.

Non, toi, tu ne rêvais pas de maternité.

Tu n’as jamais planifié ce que tu deviendrais plus tard non plus, du moins, rien de précis rien de tangible. Tes copines avaient tout leur avenir savamment planifié et consigné dans des carnets avec le prénom de leurs enfants à venir, le modèle de père qu’elle recherchait, le type de maisons qu’elles habiteraient. Toi, tu suivais ta route sinueuse avec ses détours, ses embranchements, ses ronds-points, ses embûches et ses surprises. Une route que tu pourrais regarder avec nostalgie une fois rendue à destination. Bohème et rebelle, pour toi la vie ça a toujours été un jour à la fois. Qui vivra verra. Qué será, será. Tu as toujours cru que la vie faisait bien les choses, et tu lui fais confiance, advienne que pourra, rien n’est impossible.

Et un beau matin, l’impossible se présenta. Tu as reçu l’appel d’urgence de ton utérus vieillissant. Un besoin viscéral de plonger avec ton partenaire dans la création d’un humain à votre image s’est emparé de toi. Une volonté d’éternité, d’immortalité, de pérennité. Alors te voilà submergée par cette maternité dont tu ne rêvais point, cette maternité avec son lot de changements et de premières fois. Tu as dépoussiéré ton instinct maternel retrouvé dans les oubliettes. Tu es tombée amoureuse inconditionnellement de ta progéniture. Ton cottage banlieusard résonne désormais d’une mélodieuse symphonie de rires, de cris, de pleurs, et de joies. Un amalgame cacophonique de bonheurs en trottinette agrémente ton quotidien. Tu es autant femme que tu l’étais auparavant, à la différence que maintenant, des petites mains accompagnent les tiennes sur ta route panoramique.

Non, toi tu n’as jamais rêvé de maternité, mais tu l’as accueillie à bras ouverts, au jour le jour, aux rythmes des saisons, à ta façon.

Lily Côté
LILY CÔTÉ

Une réflexion sur “À toi, la mère qui n’a pas toujours rêvé de maternité

  1. Valerie Répondre

    Tu es incroyable!!! Xoxoxo

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