Tes nausées de grossesse

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Tu n’en es pas à ta première grossesse, mais celle-ci sera différente. Tu pars avec plein de bonnes intentions. Tu mangeras bien, tu continueras à t’entraîner pour garder la forme. Tu prendras le temps de savourer chaque étape. Tout ça parce que même si tu en voudrais d’autres, tu sais que c’est ta dernière grossesse.

Puis quatre semaines et demie de grossesse arrivent, première nausée matinale.  Tu gères encore, bah si ce n’est que ça… Une semaine plus tard, tes nausées matinales sont maintenant rendues des nausées quotidiennes. Tu prends cette fameuse pilule qui devrait t’aider, et tu as l’impression qu’elle ne fait pas grand-chose.

Pendant, des jours voire des semaines, ces nausées prennent toute la place. Tu deviens une épave qui fait le va-et-vient entre le lit et le divan. Tu n’es que l’ombre de toi-même. Tu te regardes dans le miroir sans te reconnaître, et tu plains ton chum qui te voit habillée en mou depuis ce temps. Il ne doit certainement pas reconnaître celle qu’il croyait la femme de sa vie.

Tu as de la difficulté à fonctionner. Faire l’épicerie, n’y pense même pas. L’odeur te lève le cœur. Tu le vis mal,  parce que toi, tu t’effondres et tu sais que ton chum tente tant bien que mal de tenir le fort. Tu tentes de faire des efforts, mais c’est trop, trop demander pour ce p’tit corps qui a déjà perdu plus de dix livres, ce p’tit corps qui manque d’énergie, de joie.

Puis, tu vois une lueur au bout du tunnel. Première journée sans trop de nausées, tu te gâtes même en mangeant un sandwich au lieu d’une toast au beurre de peanuts. Et puis bang, neuf semaines arrivent. Le pic des nausées. Tu te remets à vomir, tu ne tolères plus rien. Tu ne gardes même pas la salive que tu avales. S’ensuit deux-trois hospitalisations pour te réhydrater. Tu n’en peux plus. Tu te surprends même (oui je sais, vous pouvez me juger), à souhaiter ne jamais avoir été enceinte. Pas que tu n’aimes pas ce petit être (au contraire), mais tu veux juste que tout ça cesse.

Tu reviens comme une baleine échouée sur ton divan, car la médication que tu prends pour essayer de te sentir un peu mieux, te rend endormie. Tu réalises que ce sera réellement ta dernière grossesse. Que tu n’as pas la force d’endurer tout ça une autre fois. Puis, tu vois sur cet écran noir et blanc, la forme de son p’tit corps, tu le vois bouger. Un baume sur la blessure qui s’est créée dans ton corps, dans ton cœur. Tu sais au fond de toi, que tout cela en vaut la peine.

Alors n’oublie pas que tu n’es pas la seule à vivre ça. Oui, un jour tu iras mieux et tu pourras redevenir la blonde, la maman, la femme que tu étais.

Marie-Ève Veilleux
MARIE-ÈVE VEILLEUX

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