La rencontre avec ta progéniture : quand tu ne ressens rien

mother with newborn at hospital

Ça y est. Après plusieurs mois d’essais, de tests d’ovulation, d’études approfondies de tes symptômes de grossesse sur Google et de «je sais ben qu’on est lundi, mais faudrait le faire, j’ovule», tu es enfin enceinte ! Tu regardes les deux barres sur ton p’tit bâton de pipi et t’en reviens juste pas. Ce que tu as souhaité pendant des mois arrive enfin. Dans quelques mois, tu aura la chance de rencontrer cet être qui pour toi représente l’amour, le vrai. Pendant toute ta grossesse, tu lui parles de combien tu as hâte de le rencontrer et que son papa et toi, vous l’aimez déjà tellement. Tu te flattes la bedaine et tu te trouves chanceuse d’avoir enfin réussi à concevoir une petite vie.Tu prépares tendrement sa chambre et ses petits vêtements. Tu sais que tu en fais trop, mais tu veux tellement que tout soit parfait pour son arrivée t’sais ! Tu lui fais écouter de la musique dans ton bedon, tu lui parles de ce qui l’attend en dehors de sorte qu’il reconnaisse déjà bien le son de ta voix.

Et puis les semaines passent et tu as de plus en plus hâte de le rencontrer enfin ce p’tit-là. Tu as passé plus ou moins quarante semaines à te l’imaginer lui, ses petites mains, ses orteils et sa frimousse qui, tu l’espères, te ressemblera. Le moment tant attendu arrive, destination hôpital pour la grande rencontre avec ta progéniture. Et puis dès le moment où tu peux enfin prendre cet enfant longtemps désiré dans tes bas, rien. Tu ne ressens rien.

Tu croyais que tu allais sentir le déferlement du raz de marée de l’amour inconditionnel et fusionnel, mais rien. Tu croyais verser des larmes de joie et et vivre le plus grand moment de ta jeune vie, mais ce que tu ressens est bizarre, voire même culpabilisant. Tu regardes ton enfant et tu as peine à réaliser ce qui se passe et surtout qui il est. Après avoir vu plein de films ou même des mauzusses d’annonces de couches où tu pouvais voir des femmes comblées lors de leur accouchement, toi, tu le feel pas de même et ça, au début, tu le gardes pour toi. Cette rencontre tant attendue se transforme en inquiétude pour toi, tu vois ton enfant comme un étranger. Tu te sens comme la pire des femmes sur terre de ressentir ça alors que tu as tellement attendu ce moment pendant ces longs mois. Tu te dis que c’est les hormones, t’sais, le fameux baby blues…

Et puis, tu te décides à en parler. Tu te rends compte que tu n’es pas la seule et tu arrêtes de culpabiliser. Les jours, les semaines et les mois passent. Cet étranger que tu as rencontré est maintenant celui sans qui tu ne serais pas la même. Celui qui a fait de toi une maman et qui continue de t’apprendre tous les jours ce dont tu es capable. Vous apprenez à vous connaître un peu plus tous les jours et tu peux maintenant dire que tu l’aimes d’un amour inconditionnel.

 

Audrey Bouchard
AUDREY BOUCHARD

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