La revanche de papa : la princesse qui ne chiait pas

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Il était une fois, dans une profonde contrée, une princesse qui, suite à une expérience troublante et douloureuse, décida de se retenir, faisant un nœud psychologique dans son intestin. Pourtant, avant le pénible élément déclencheur, ce geste royal coulait de soi et l’avenir du trône semblait entre bonnes fesses. Cette panne intestinale plongea le royaume dans une grande noirceur et affligea tous les sujets du palais.

Voyant le malheur qui accablait sa fille, son père le roi se trouva grandement désemparé par la fâcheuse situation. Celui-ci déploya tous les efforts envisageables et considéra toutes les solutions qu’on lui proposa. Il fit installer des cuvettes en or dans tout le château car peut-être était-ce le goût du luxe de sa fille qui la freinait; il tenta l’intervention de la fée Laxaday qui concocta d’occultes mixtures et potions aux vertus libératrices; il fit planter au jardin un pruneautier magique dont le fruit pressé devait dégourdir la tuyauterie de la princesse. Toutes ces tentatives résultèrent en lamentables échecs et la grève intestinale se poursuivit.

Le désarroi était si grand que, pris d’une terrible colère, le roi condamna toutes les toilettes du royaume et plus personne habitant ses terres n’eut le droit d’exprimer ce naturel besoin. Une période de sécheresse s’abattit et le peuple, auparavant habitué à la bonté et la clémence de son souverain, sombra dans une collective misère.

L’histoire de l’obstruée princesse franchit les océans et vint aux oreilles des différents princes convoiteurs.  Ceux-ci se déplacèrent de partout afin de tenter de stimuler la princesse et de la libérer de ce mal. Ces nobles princes étaient forts, puissants, conquérants, riches mais malgré ces virils attributs, la princesse demeura figée. Le roi, abdiquant face à ce postérieur mutisme, s’isola de chagrin dans sa tour et se replia sur lui-même, n’ayant plus la force de gouverner.

Par un matin de grisaille et de froid cinglant, un inconnu frappa aux portes du château.

-« Ô bon roi! Je suis le prince Charmin, futur monarque des Brunes Terres du sud et je viens ici afin de soulager la princesse du sort qui l’accable ».

Sceptique, mais n’ayant plus rien à perdre, le roi donna l’ordre d’abaisser le siège-levis et accueillit l’étranger. De son enveloppante douceur et de sa soyeuse écoute, le prince Charmin aborda la situation sous un angle qu’aucun de ses prédécesseurs n’avait exploité. Fin stratège et délicat dans son approche, il prit le temps d’écouter la princesse, de comprendre la crainte qui l’habitait et sut même lui donner confiance en lui expliquant qu’il avait jadis vécu lui aussi cet état. Peu à peu, une complicité s’installa et le temps fit son œuvre. Suite à une exemplaire patience et à une visible galanterie de la part du prince qui n’oubliait jamais de changer le rouleau ou de baisser la lunette du cabinet, la princesse s’abandonna enfin.

À genoux, le roi remercia ce sauveur et lui promit une digne récompense. Après les avoir bien lavées, il offrit la main de sa fille au prince Charmin et fit couler dans le bronze une statue à l’effigie de ce nouveau héros. Les nouveaux mariés se soulagèrent heureux et beurrèrent de nombreuses cuves scintillantes, jusqu’à la fin des temps.

Michael Melvin
MICHAEL MELVIN

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