Je ne te laisserai pas devenir une princesse

unhappy little girl princess

Ma fille,

Il faut que tu saches une chose : je t’aime et tout ce que je fais pour toi est pour ton bien. En tout cas, je le pense sincèrement.

Un homme sage (ton père) m’a fait faire un jour un petit calcul. Admettons que tu vives jusqu’à quatre-vingt ans et que, puisque je t’aime, tu en passes vingt avec moi, on s’entend que tu passeras donc le quart de ta vie en tant qu’enfant à la maison et les trois quarts en tant qu’adulte. Dernièrement, je me suis demandé s’il était préférable que tu passes ta vie d’enfant dans la ouate, à te faire couver, dorloter, chouchouter, que tu manges une pas pire claque en sortant d’ici et que tu sois probablement une adulte de marde pendant tes soixante prochaines années ou s’il n’était pas plutôt préférable que tu grandisses en apprenant de tes erreurs, en développant ton autonomie, ta créativité et ton empathie, pour finalement, tranquillement, devenir une adulte super cool dont tu (et je) seras fière ?

Écoute, ma belle. Même si j’aimerais parfois te laisser faire tout ce que tu veux et te permettre de grandir dans un environnement parsemé de bonbons, de magie et de rêves, même si j’aimerais avoir le sentiment et la certitude que tu ne vives aucune frustration et aucun chagrin, jamais au grand jamais je ne te laisserai devenir une princesse. Et tu sais quoi ? C’est le meilleur service que je puisse te rendre.

Je sais que tu n’as que deux ans. Je sais aussi que ça doit t’irriter quand je ne te donne pas de collation parce tu as boudé le souper, quand je te force à faire un doux à un ami que tu as poussé par terre, quand je te demande de dire merci après t’avoir donné ce que tu voulais et quand je te laisse pleurer (un peu) avant de dormir quand c’est l’heure de faire dodo.

Mais tout ça va te servir un jour et te sert déjà. Lorsque tu es en crise et que je te demande si tu vas te calmer, tu réponds oui, tu renifles un bon coup et on trouve une solution à ton problème ensemble. Et ça, c’est une future adulte cool qui ne mettra pas ses énergies aux mauvaises places.

Bref, je te laisserai jouer à la princesse tant que tu veux, je t’achèterai des robes, mamie t’en confectionnera, je te trouverai des souliers, te bricolerai des couronnes, Papa pourra même te construire un château si tu le désires. Tu vas voir, malgré les cadres que je t’imposerai, tu auras une étincelante vie de princesse…

Mais fie-toi sur moi, tu n’en auras pas le comportement.

Margaux MacKay
MARGAUX MACKAY

Une réflexion sur “Je ne te laisserai pas devenir une princesse

  1. Sara henley Répondre

    Bravo! Bravo et Bravo!!. Ce que tu écris m’inspire et je suis sure que plusieurs autres aussi!! Wowwww

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