Son arrivée imprévue : la petite histoire de ton bébé prématuré

premature baby

La date prévue d’un accouchement, c’est un peu n’importe quoi. Ça donne une idée approximative de quand le bébé devrait se pointer le bout du nez. Nombreuses sont les mamans qui accouchent un peu d’avance ou quelques jours plus tard. Certaines doivent être provoquées puisque bébé semble être bien à son aise dans le ventre de sa mère, si peu pressé de faire la rencontre avec ses parents qu’on doit le forcer à se présenter au monde! Pour d’autres, par contre, c’est le contraire. À peine formé, ce petit bout de vie sort beaucoup trop tôt, amenant avec lui une possibilité multipliée de complications médicales et un bagage d’inquiétudes pour ses parents.

À peine arrivée à trente semaines, tu as donné naissance à ton tout petit garçon d’un peu plus de trois livres. Sans un bruit, il est arrivé par un soir froid de décembre. Aussitôt arrivé, aussitôt parti : l’équipe médicale s’est empressée de le prendre et de l’amener à la pouponnière. Toi qui entendais les bébés pleurer dans les chambres des nouvelles mamans qui t’entouraient, qui voyais les visiteurs arriver avec ballons et fleurs, tu n’avais rien à fêter. Ton bébé, même s’il était né sur papier, n’était pas prêt pour tes bras, tes baisers et tes caresses. C’était le début de votre premier défi familial : ton cœur de maman se serrait à l’idée de le voir si petit, intubé, à se battre pour croître.

Tu as obtenu ton congé de l’hôpital et vous êtes partis ton chum et toi, nouveaux parents, sans bébé à ramener à la maison. Déterminée à vouloir lui donner le meilleur, tu tirais ton lait, difficilement, seule à la maison, plusieurs fois par nuit pour pouvoir fournir à ton petit le lait maternel dont les bébés, surtout prématurés, ont tant besoin. Fatiguée de ces nuits à devoir te lever, tu arrivais plus tard à l’hôpital le matin et t’en voulais tellement d’avoir manqué quelques heures auprès de ton garçon. La fatigue a raison de toutes les mamans et toutes finissent par pleurer d’épuisement les premières semaines. Les mamans de prématurés pleurent de fatigue, d’inquiétude et d’impuissance. Quel premier défi pour un nouveau cœur de mère!

Chaque petite livre gagnée a été une victoire pour vous. Les parents de l’unité néonatale sont les seuls à pouvoir comprendre ce que ça représente. Vous vous encouragiez tous d’un sourire qui en dit long, parfois en échangeant quelques mots, d’autres fois en ne partageant que le même espace pour bercer vos petits bébés fragiles. À chaque semaine, certaines familles pouvaient enfin quitter pour un retour à la maison. Cet événement que tous les nouveaux parents prennent pour acquis devient, pour les parents de prématurés, l’ultime but à atteindre. Vous attendez tous de pouvoir emmener votre bébé à la maison.

C’est tellement difficile. Parce que c’est épuisant de tirer son lait sans arrêt pour ton bébé que tu ne peux même pas porter à ton sein. Parce que c’est pénible émotionnellement de vivre cette épreuve au travers de ta montagne russe d’hormones. Parce que tu vis plein de deuils à la fois, comme ce shower que tu n’as pas eu le temps d’avoir, cette chambre que tu n’as pas eu le temps de terminer, cette séance photo de ton beau ventre que tu n’as pas eu le temps de faire. Parce que les gens ne comprennent pas ce que tu vis. Parce que tu essayes d’être heureuse de la naissance de ton enfant, mais que tu n’en es pas capable.

Tu sais, les grosses embûches sont celles qui forment le plus. Elles sont celles desquelles tu pourras le plus tirer de leçons. Maintenant que ton bébé se porte bien, maintenant qu’il est à la maison, j’espère que tu sauras enfin profiter de ta maternité. Tu le mérites tellement! Ce qu’on peut vous souhaiter, à vous trois, comme un vœu de nouvelle année, c’est la santé. Parce que c’est ça, au fond, le plus important!

Catherine I.
CATHERINE I.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *