Avec des yeux d’enfant

baby eye

Es-tu nostalgique par moment? Quand tu regardes tes enfants jouer dehors avec une couple de bâtons ou que tu les observes contempler leur collection de billes avec fierté, ça ne te fait pas envie? Ça ne te manque pas ce temps-là? L’ère de la non-responsabilité, de la simplicité. L’époque où tes épaules étaient toutes légères et que tes yeux brillaient sans arrêt.  Le temps où tu ne t’en faisais pas trop avec le sort de l’univers et où tu ne pensais pas tant plus loin que demain ou le Noël qui s’en venait.

Sais-tu, je pense que si tu prenais un recul, que tu freinais ta vie-pas-de-vie en manque de son temps, tu aurais de belles surprises. Tu aurais des sourires que tu croyais perdus et des frissons qui t’on échappés y’a longtemps. Et si tu lâchais ta désillusion d’adulte et que tu te replongeais pour un instant dans une vie d’enfant.

Tu entrerais émerveillée dans tes cabanes de salon comme si c’était un bijou d’architecture.

Tu verrais tes fins de semaine comme de longues vacances remplies de possibilités.

Tu sauterais dans les flaques d’eau à pieds joints sans crainte de t’éclabousser ou de déranger les gens autour.

Tu serais reconnaissante de veiller trente minutes au feu, un jus de raisin à la main et la guimauve brûlée dans la bouche, pis ça goûterait le ciel.

Tu regarderais les étoiles comme si elles allaient disparaître le lendemain, te questionnant sur tout ce qu’il peut bien y avoir là-bas que tu ne vois pas.

Tu hurlerais de bonheur chaque fois que quelqu’un te pointerait du doigt un arc-en-ciel.

Tu te balancerais au parc naïvement pendant de longues minutes t’imaginant ça aurait l’air de quoi une vie d’oiseau.

Tu serais emballée d’aller acheter ton matériel scolaire comme si tu allais passer l’après-midi dans une aire de jeux.

Tu n’aurais pas besoin de plus qu’une salutation et un grand sourire pour laisser tomber ta méfiance et établir une amitié.

Tu prendrais de grandes respirations à l’odeur des feuilles l’automne en t’imaginant qui tu pourrais bien devenir cette année pour l’Halloween.

Tu serais heureuse de revoir enfin la neige tomber, totalement émerveillée en te disant qu’on est chanceux ici d’en avoir autant pour jouer dedans.

Tu bâtirais un bien petit fort dans la cour de tes amis et ça te semblerait immense et tellement bien conçu.

Tu aurais hâte et sincèrement envie de voir tes cousins pendant le temps des fêtes, même si c’est la septième fois que tu les vois en quinze jours.

Le temps te paraîtrait si long, riche et plein de possibilités.

Tu aurais l’impression que cent dollars, c’est vraiment beaucoup d’argent.

Tu aurais la conviction que tu peux devenir astronaute, médaillée olympique ou millionnaire.

Il s’est passé quoi, fille ? C’est dont bien plate être un adulte finalement. Tu avais hâte pourtant, de pouvoir tout décider, dans ta maison à toi. Il est passé où le pays imaginaire? Puis Peter Pan?

Sais-tu, je me dis qu’il n’y a pas grand raison pour que ton monde soit aussi différent de ce tu voyais avant. C’est pas mal toi qui as décidé, inconsciemment sûrement, de t’éloigner de tes rêves d’enfant. Alors, cesse d’embrouiller ta douce naïveté et tes belles idées avec autant de factures, de plaintes, de stress et de culpabilité. Fais juste chiller, fille. Verse-toi un verre et va regarder ton film de Disney préféré.  Recommence à vivre au jour le jour, à ralentir, à avoir des crampes de joues à force de trop rire et à t’émerveiller de ce qui t’entoure, puis peut-être que ça va mieux aller, la vie, t’sais.

Personne n’est né pour mourir en dedans à trente ans.

Vanessa Lalancette
VANESSA LALANCETTE

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