Moi et les enfants des autres

unhappy mother with kids

Avant d’avoir des enfants, j’aimais les enfants. Tous les enfants. De façon quasi inconditionnelle. C’est pas mêlant, je ne pouvais pas m’empêcher de les prendre, de les bécoter pis de les cajoler. Je les aurais tous ramenés chez moi. Quand une amie avait un bébé, j’adorais passer du temps à bercer son petit poupon. Je me portais toujours volontaire pour garder ou pour partir faire une activité avec les kids. Amenez-en des enfants, j’étais capable d’en prendre!

Mais depuis que j’ai mes propres enfants, je ne ressens plus ce besoin intense de me ruer sur les bébés des autres. Aussi mignons soient-ils, il me semble que j’en ai déjà plein les bras avec mes propres marmots.

Les bambins plus âgés ne m’attirent plus autant qu’avant non plus. Quand ma fille reçoit des petits amis, je suis toujours contente de les voir partir à la fin de la journée. Les crises des autres enfants ne m’atteignent plus du tout. « Crie mon petit chéri, matante en a vu d’autres. » que j’ai envie de dire. Mais en même temps, j’ai juste envie de lui crier de fermer sa petite gueule. Aucune empathie pour sa grosse colère ou sa grosse peine alors qu’avant, je l’aurais pris et consolé jusqu’à plus soif.

Des fois aussi, les autres enfants me gossent sans bon sang. Leur attitude, leur façon de parler, leur doigt dans le nez etc. Bref, ils me tapent joyeusement sur le système! Pourquoi? Je sais pas. C’est comme ça et c’est tout.

Avant, je trouvais tous les enfants beaux, sans exception. Maintenant, j’avoue trouver certains enfants et certains bébés laids. Très laids même. Il est certain que même sous la torture, je ne l’avouerai jamais. Mais come on, avoue que des bébés pas beaux, y’en a. Peut-être même que toi tu les trouves laids mes enfants même si pour moi, ce sont les plus beaux du monde. Pis c’est correct. Maintenant je te comprends. No jugement!

Avant, je n’étais pas dédaigneuse quand il s’agissait de bébés ou d’enfants. Maintenant, les odeurs de couches, la bave, la morve et les crottes de nez m’inspirent du pur dégoût. Pas celles de mes enfants. Mais celles des autres oui. Pas de tous, c’est vrai, mais la plupart.

Avant, on me disait que j’avais « le tour » avec les enfants. Maintenant, je me sens tellement incompétente quand je me retrouve à gérer ceux des autres. Ils sont tellement différents des miens. Le mode d’emploi est dans une langue trop différente du mien et j’ai peur de faire une erreur et de briser le système, t’sais.

Attention. Je ne dis pas que tous les enfants m’énervent. Il y en a encore que je trouve plus mignons que tout. Il y en a encore que j’ai envie de prendre et serrer fort dans mes bras. Il y en a encore qui viennent me chercher un petit morceau de cœur que je leur donne avec plaisir. Plusieurs me font sourire et rire avec leurs petits mots d’enfant. Je suis encore capable d’apprécier la beauté et l’innocence des enfants en général.

Mais la priorité va maintenant à mes propres enfants. C’est tout. Ce sont eux qui prennent la plus grande place dans mon cœur et dans mon âme.

Donc si tu me vois lever les yeux et soupirer face à un kid qui n’est pas le mien, sache que oui, c’est possible – fort possible même – que ce soit parce que j’ai juste envie dans le fin fond de mon moi-même de me sauver en courant pour ne plus avoir à endurer ce petit être exaspérant.  Mais sache aussi que je m’ennuie un peu du temps où ce n’était pas le cas.

Je lève mon chapeau à toutes ces femmes – et à ces hommes aussi, t’sais – qui continuent de se dévouer pour les enfants des autres après avoir eu leurs propres enfants. Bravo à vous! Sincèrement!

Et bravo à ceux qui endurent mes enfants à moi. Parce que je sais qu’ils peuvent taper sur vos nerfs, même si pour moi, c’est moins évident à voir.

Pis toi, fille? Qu’est-ce qui t’énerve sans maudit bon sang venant des enfants des autres? T’as le droit de le dire ici. No jugement.

Amy Bureau
AMY BUREAU

3 thoughts on “Moi et les enfants des autres

  1. Alex Répondre

    J’étais amoureuse de tous les enfants moi aussi! Et quand je suis tombée enceinte, j’avais l’impression qu’ils me tapaient tous sur les nerfs et que mon côté maternel avec complètement disparu! J’étais nerveuse de me sentir comme ça face à mon enfant, mais pas du tout, elle est pour moi la 8eme merveille du monde ❤️

  2. Anonyme Répondre

    J’aimais beaucoup les enfants avant… puis, j’ai rencontré mon chum qui en avait deja deux. Oh au début c’était super! J’avais l’impression d’être maman une semaine sur deux et j’aimais bien ça. Et les enfants ont grandis pis les problèmes ont commencés : pré-adolescence, manipulation, TDAH, menaces de fugues, etc… J’ai vite changé d’idée après avoir vu c’était quoi aussi d’avoir des enfants : que y’avait pas juste du beau, mais beaucoup de laid aussi. Énormément de sacrifices, mais pas beaucoup de reconnaissance au bout du compte. J’ai abandonné. Je n’ai pas envie de ça dans ma vie. Je vais m’occuper des enfants des autres, quand j’aurais envie, le temps que ça va me tenter, puis… bye bye! Bon retour à la maison! 😉 Je ne déteste pas les enfants des autres, mais il y en a peu que je suis capable d’apprécier. Je les trouve malpolis, demandants, pas reconnaissants, chialeux, jamais contents… etc…. Il est clair que c’est leur façon d’être éduqué et que ce n’est pas vraiment de leur faute (tout dépends de l’âge aussi), mais quand même… Oh il y en a que j’aime beaucoup! Des enfants super polis qui disent s’il vous plaît et merci, qui se rendent compte de la chance qu’ils ont d’avoir telle ou telle bebelle, des parents merveilleux, etc… Ce n’est juste pas la majorité! Je les préfère surtout vers 4-5 ans, dans toute leur innocence et leur naïveté! 😉

    1. Amy Bureau Répondre

      C’est vrai qu’il y a des âges plus ingrats que d’autres! Tout à fait d’accord!

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