Lettre à mon ex que je déteste et qui me pompe l’air

man woman fighting

Cher ex que je déteste,

Je désirais au plus profond de moi-même, avec tout mon cœur et toute ma tête, que notre séparation soit un succès. À défaut d’avoir réussi notre mariage, j’espérais que, pour le bien de nos enfants et de notre santé mentale, que nous puissions avoir une relation « cordiale », dans le genre « nous-sommes-des-adultes-après-tout-et-des-adultes-ça-a-un-minimum-de-savoir-vivre-et-de-gros-bon-sens ».

Mais…non. Ton cerveau immature particulier en a décidé autrement.

Plus les jours se succèdent, se transformant en semaines puis en années, plus j’ai l’impression nette que tu as un rêve, aux antipodes du mien : tu veux que je te déteste. Oui, oui. Sinon, pourquoi ferais-tu tant d’efforts pour rendre mon existence misérable? Pourquoi me laisserais-tu tomber aussi souvent à la dernière minute? Pourquoi empêcherais-tu nos enfants de vivre de belles expériences enrichissantes? Pourquoi mentirais-tu sur tes avoir$ après avoir juré de dire toute la vérité et rien que la vérité? C’est l’évidence même que tu chéris le désir que je nourrisse un sentiment de dégoût quand je pense à toi.

Comprends-moi bien quand je dis que ce souhait n’est pas le mien.

Lorsque nous avons conclu notre union non concluante, il y a eu une métamorphose chez toi, cher ex. Tel un loup-garou à la pleine lune, le poil t’a hérissé et les crocs t’ont poussé. Mais tu ne mords pas, non. Toi, ta spécialité, c’est le siphonnage d’énergie. Oui, oui. Parce que, je sais pas, tu dois t’imaginer que trois enfants en bas de dix ans, ça demande pas assez de temps et d’énergie. Donc, par altruisme – que dis-je!-, par bonté divine, tu te donnes beaucoup de mal pour me texter régulièrement, m’envoyer divers courriels, m’appeler à toute heure du jour pour être certaine que je ne t’oublie pas, que cette flamme haineuse ne s’éteigne pas, que je prenne le temps et l’énergie que je n’ai pas pour m’occuper de toi, cher ex.

Tu as définitivement trop de temps libre.

Le mot « ex », quand j’y pense comme il faut, n’est pas vraiment approprié. Car « ex » signifie « passé, ancien, terminé ». Toi, tu es plutôt du genre un-peu-trop-présent. Quand j’y pense comme il se doit, je m’ennuie presque du mâle non communicateur que j’ai laissé jadis. Celui-là même qui ne faisait pas plus de cinq phrases enlignées par jour, toutes composées d’au plus quatre mots. Et j’exagère à peine. Du coup, je me demande pourquoi tu as décidé de commencer à parler à la mère de tes enfants quand elle a franchi le seuil de la porte pour la dernière fois.

Peut-être que je suis utopiste, mais j’aimerais ça que tu arrêtes de me siphonner le peu d’air qu’il me reste. Parce que tu sais très bien, cher ex que je déteste, que j’ai de l’eau jusqu’au cou pis que j’ai pas besoin que tu me rajoutes de la vague agrémentée de forts vents, question que je me noie ben comme il faut. Pis là prépare-toi, parce que j’ai le goût de terminer ma lettre avec un punch pas piqué des vers. J’aimerais oser te dire que dans mes rêves les plus fous, nous allons dans la même direction parce que t’sais, dans le fond, nous avons les mêmes enfants.

La Collaboratrice dans l'Ombre
LA COLLABORATRICE DANS L'OMBRE

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