Mon fils, t’as le droit de performer

little boy winner with medal

Mon chéri,

D’aussi loin que je me souvienne, on m’a toujours dit que j’avais le droit d’être fière de moi. Mais qu’il ne fallait pas que je me pète les bretelles. Que j’avais le droit de célébrer mes victoires. Mais pas de narguer. Que j’avais le droit de faire de l’argent. Mais que c’était mieux d’en donner à ceux qui en manquent si je me mettais à en faire comme de l’eau. Que c’était le fun que j’aie un beau bulletin. Mais que je devais penser à ceux qui avaient fait des pieds et des mains pour réussir et qui avaient fini avec un « D ».  Que j’avais le droit de prendre des photos avec ma médaille d’or, mais qu’il ne fallait pas que j’aie l’air trop fière parce que ça me donnait l’air prétentieux.

Dans le fond, ce qu’on me disait, c’était de ne pas gagner trop fort. Que le succès, c’était pas une nécessité. Que l’important, c’était rien que de participer pis d’avoir du fun. Pis c’était ben beau en pleine kermesse en troisième année.

Mais la vérité, mon homme, c’est que dans la vie, il y a des combats à mener pis si tu te contentes de participer sans chercher à te dépasser, sans chercher à remporter la victoire parce que l’important c’est de participer, ça se peut que ta vie soit grise pis que tu te ramasses là où t’as pas envie d’être avant tes vingt ans.

Ce qu’on aurait dû me dire, c’est de faire les choses pour moi. Pas pour les autres. D’être fière de mes victoires pis de les célébrer avec les gens qui m’aiment pis qui sont contents de me voir réussir.

Ce qu’on aurait dû me dire, c’est que l’esprit de compétition n’a rien de malsain quand la vraie compétition, c’est à nous-mêmes qu’on la livre. Que la fierté qu’on ressent quand on sort vainqueur d’un combat, ce n’est pas celle d’avoir écrasé l’adversaire, mais de s’être dépassé soi-même.

Ce qu’on aurait dû me dire, c’est que les grands de ce monde ont combattu de toutes leurs forces et n’ont pas caché la joie de l’emporter au même titre qu’ils ont aussi apprécié chaque centimètre du chemin parcouru pour remporter la partie.

Ce qu’on aurait dû me dire, c’est que personne ne s’améliorera dans ce bas-monde si tout ce qu’on cherche, c’est à ne pas faire plus de bruit que le voisin par souci d’égalité, et que le fait de vouloir faire plus ou mieux que le gars d’à côté n’a rien d’irrespectueux.

Mon garçon, je ne veux pas que tu taises tes victoires. Je veux toutes les célébrer avec toi à la hauteur de ce qu’elles méritent. Parce que pour moi, célébrer tes forces ne reviendra jamais à fêter les faiblesses de l’autre.

Je veux que tes réussites t’incitent à aller plus loin. Je veux qu’elles t’incitent à croire en toi. Je veux qu’elles t’incitent à croire que tout est possible.

Sois fier de performer. Sois fier de gagner. Sois fier de toi.

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