La moitié d’une vie

little girl parents fighting

Seize ans, c’est plus de la moitié de ma vie.

Le plus grand rêve de toute ma vie, c’était d’avoir une famille, une grande famille. Déjà ado, je voyais mes enfants de façon très claire dans ma tête. Alors que mes amies pensaient à mille autres affaires que d’avoir des petits qui courent autour d’elles, j’imaginais déjà ma famille.

Ne me demandez pas pourquoi, mais je l’ai su tout de suite. J’avais quinze ans et demi et j’ai su tout de suite que cet homme serait le papa de mes nombreux enfants. Je savais qu’il ferait partie de ma vie pour longtemps. C’était mon premier amour, LE grand amour, LE vrai amour. C’était particulièrement difficile d’expliquer aux gens de mon entourage qu’il en serait ainsi. On me disait de prendre mon temps, on me regardait de haut en me disant que j’aurais bien le temps de changer d’idée, mais je n’en démordais pas : c’était lui! De nature hyper-intuitive, je le savais, je le sentais… rien d’autre à expliquer.

Quand on met au monde des enfants, on leur promet, en leur glissant doucement à l’oreille, qu’on fera tout pour qu’ils soient heureux, pour qu’ils ne manquent de rien, pour qu’ils puissent avoir la meilleure vie possible.

Évidemment qu’une séparation n’est donc pas exactement ce qu’on a en tête quand on veut s’en tenir à ce plan. Surtout qu’on a un modèle bien précis de ce que doit être l’amour. Surtout quand on a les histoires de Walt Disney comme idéal de vie. Surtout quand on sait qu’on a un homme merveilleux dans notre vie.

Une séparation, c’est passer des heures, des semaines, des mois à pleurer en silence à se demander pourquoi on s’est rendus là.

Une séparation, c’est se poser mille questions, y répondre, puis, défaire tout ce qu’on vient de trouver comme arguments.

Une séparation, c’est de savoir qu’on fera mal à beaucoup de gens autour de nous, y compris la personne qui a été la plus importante dans sa vie pendant seize longues années.

Puis un jour on relativise… on chemine…

On arrête de voir le geste qu’on s’apprête à poser comme un acte d’égoïsme en se disant que c’est aussi altruiste parce que c’est d’arrêter de faire subir à l’autre nos aspirations et rêves différents. C’est de le libérer lui aussi du fait qu’on ne le rend plus heureux comme il le mériterait.

C’est aussi de faire le constat que l’amour, ça ne se divise pas, ça se multiplie. Que cette personne restera à jamais une grande partie dans notre cœur. Que cette partie-là lui appartient et ne pourra jamais s’effacer.

C’est aussi de choisir volontairement de ne pas faire comme tous les couples pathétiques qui se sont aimés pendant de longues années, et qui soudainement, après la séparation se détestent mutuellement, allant même jusqu’à oublier qu’ils ont ensemble ce qu’il y a de plus précieux : des enfants.

Une séparation, c’est aussi de comprendre qu’une famille idéale, c’est un papa, une maman, des enfants et des gens autour qui les aimeront, et que même si les deux parents se quittent, ça ne change en rien tout ça.  Que la perfection n’existe pas, et que tout ce qui compte, c’est l’amour qu’on mettra là-dedans.

Que contrairement à l’adage « On n’a pas réussi notre couple, mais notre séparation oui », qu’il suffit de changer sa perception en se disant qu’on a réussi son couple pendant de belles années, et qu’on poursuivra d’une manière différente oui, mais qui sera tout autant enrichissante.

Se séparer veut dire évoluer, comprendre qu’on n’est plus la même personne qu’il y a quelques années, qu’on a envie de voler de nos propres ailes, c’est d’être respectueux envers l’autre personne qu’on a tant aimée et d’éviter de tomber dans l’adultère, dans les chicanes qui ne finissent plus, ou de pousser l’autre à bout pour éviter de prendre une décision qui demande beaucoup de courage.

Se séparer, c’est de promettre à ses mousses que tout ira bien, que papa et maman passeront au travers comme ils l’ont toujours fait, qu’ils pourront continuer d’avoir des parents heureux comme ils le méritent, qu’ils pourront toujours continuer de s’appuyer sur eux; c’est de leur montrer qu’on doit toujours choisir l’amour… même si celui-ci se transforme.

Se séparer, c’est continuer de se demander probablement toute une vie si on a pris la bonne décision cette journée-là, mais c’est surtout de constater qu’au-delà de la peur, se trouve la résilience. C’est de comprendre que la vie est faite de hauts et de bas, et que la seule façon de passer au travers est de changer notre perception des choses.

Non, ce n’est pas la fin du monde…

Oui, nous survivrons… oui, il sera impossible d’effacer seize belles années, et oui on continuera d’aller de l’avant… ainsi va la vie!

À toi qui vis la même chose que moi, sache que je comprends tellement dans quel état tu es. Je veux seulement te dire de vivre une seconde à la fois, et que tout ira bien. Garde en tête, pas très loin, que tu as aimé cet homme très fort, et que tu devras le faire d’une façon différente pour tes enfants, mais aussi pour toi.

Il y aura des jours difficiles, mais tu sais quoi? Tout finit par passer… toujours!

 

MELISSA NORMANDIN ROBERGE MELISSA NORMANDIN ROBERGE

Mélissa Normandin Roberge est une entrepreneure-née. Ayant fondée sa première entreprise à l'âge de 18 ans, elle s'est toujours donné comme mantra d'aller au bout de ses rêves et de vivre le moment présent. Maintenant conférencière et coach en affaires, elle est devenue une experte en paillettes, désirant convaincre les gens qu'ils peuvent briller en osant être unique, différent, et surtout être eux-mêmes complètement. En savoir plus...

Site Web Page Facebook


2 thoughts on “La moitié d’une vie

  1. REY Emilie Répondre

    Très bel article Mélissa! Je suis moi aussi avec mon amour de mes 15 ans et cela fait 18 ans! Nous sommes des âmes complémentaires et notre amour est fort. Je ne vis pas de séparation mais si tel est le cas un jour, je voudrais avoir le même discours, continuer à respecter cet homme aussi fort qu’il le mérite. Ne rien prendre pour acquis et continuer à écrire chaque jour les pages de notre amour.

  2. Louise Morneault Répondre

    Wow Melissa, c’est tellement vrai!!!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *