Vis le moment présent, mon amie

woman with baby sun

Mon amie, il faut qu’on se parle. Ça fait des années qu’on se connaît, toi et moi. Tellement d’années que j’ai arrêté de les compter. On en a vécu des choses ensemble, des belles, des moins belles, des joyeuses, des tristes, des folles, des plus plates. Notre amitié a même survécu à la maternité. Autour d’un café, d’une bière, d’un biberon, on se raconte tout.

Avec le temps, j’ai appris à écouter. À ne pas juger. Et parfois, même, à taire mon opinion. Parce que contrairement à ce qu’ils disent, toute vérité n’est pas bonne à dire. Mais aujourd’hui, il faut que je te dise tout ce que je ne t’ai pas dit.

Quand tu venais tout juste d’avoir ton premier bébé et que tu trouvais ça difficile. Les nuits blanches, les pleurs incessants, ton corps qui te faisait encore mal, ton chum qui venait tout juste de retourner au travail. Tu m’as dit que parfois, tu regrettais le temps où tu n’avais pas d’enfant.

Quand ton congé de maternité tirait presque à sa fin et que tu comptais les jours avant ton retour au travail. Les conversations entre adultes, un moment de répit dans l’autobus, sortir d’entre tes quatre murs. Tu m’as dit que tu avais tellement hâte de redevenir la travailleuse acharnée que tu étais.

Quand ça faisait à peine deux mois que tu étais de retour au travail et que tu ne trouvais pas ton rythme. La culpabilité de laisser ton petit à la garderie tous les matins, les dossiers et les journées maladie qui s’accumulaient, ta fin de semaine dont tu ne profitais pas vraiment parce que tu avais tant à faire. Tu m’as dit que tu en venais presque à regretter d’être retournée travailler.

Quand ton horloge biologique s’est remise à sonner et que l’idée d’un deuxième enfant t’obsédait. Une belle grande famille, des rires plein la maison, tes enfants, complices, qui courent partout en se créant un monde imaginaire. Tu m’as dit que tu avais tellement hâte de tenir ce nouveau petit bébé dans tes bras.

Quand ta maison est devenue trop petite et que tu t’es mise à chercher la maison de tes rêves. Une chambre pour chaque enfant, une grande cuisine toute neuve, une belle cour arrière, peut-être même une piscine. Tu m’as dit que tu avais tellement hâte de trouver cette maison parfaite où vous pourriez filer des jours heureux.

Toutes ces fois, je ne t’ai pas dit.

Je ne t’ai pas dit, mon amie, de ne pas regretter le passé. De ne pas gaspiller ton énergie à refaire ce qui ne peut pas être changé. D’accepter tes choix et d’apprendre de tes erreurs.

Je ne t’ai pas dit, mon amie, de ne pas vivre dans le futur. Que la vie est pleine d’imprévus et que personne ne sait ce dont demain sera fait.

Mon amie, ce que je souhaite te dire plus que tout, c’est de vivre le moment présent. Avec ses hauts et ses bas. Avec ses regrets et ses espoirs. Rien ne sera jamais parfait, surtout quand on est maman. Profite de chaque instant, de chaque câlin, de chaque rire et même, de chaque crise. Remplis ton cœur de tous ces instants. Parce que quand tes enfants seront grands comme les miens, tu te diras que le temps a passé vite, beaucoup trop vite. Pourtant, on me l’avait bien dit !

 

La Collaboratrice dans l'Ombre
LA COLLABORATRICE DANS L'OMBRE

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *