Ma vie sans vous

woman alone in a park

Je les entends, les mamans autour de moi, dire et répéter qu’elles ne pourraient jamais vivre sans leurs enfants à leurs côtés.  Je les vois hésiter et croire qu’elles ne pourraient envisager une séparation parce qu’elles ne peuvent s’imaginer sans leur progéniture cinquante pour cent du temps.  Je les vois trouver que je fais pitié parce que cette année, je ne vous aurai pas à Noël ou pour l’Halloween.  Et je les comprends, parce que j’ai aussi ressenti cette anxiété de séparation à une époque où j’entrevoyais la fin de notre cocon familial traditionnel.

Mais la vérité mes amours, c’est qu’aujourd’hui, je ne pourrais plus me passer de mes cinquante pour cent à moi, de moi, juste pour moi.  Je préfère vous avoir la moitié du temps, mais de vous avoir tout à moi pendant ces instants et d’être à mon tour totalement à vous.  Je préfère préparer votre arrivée, planifier notre temps ensemble afin qu’il soit de qualité que d’être continuellement essoufflée par la vie qui va trop vite.  Je préfère vivre entièrement à votre rythme une semaine sur deux seulement, parce que je dois l’avouer, si ce n’était pas le cas, vous n’auriez pas la maman solide et énergique que vous avez actuellement.  Et vous l’avouer, c’est probablement le plus difficile.

Comment vous expliquer que votre maman a une bulle grosse comme une maison?  Comment vous expliquer qu’au moment de la séparation, tellement épuisée, je n’en pouvais plus d’entendre continuellement vos petites voix d’enfant?  Comment vous expliquer que j’ai eu besoin de plusieurs mois de silence complet avant de réapprendre à apprécier votre présence et à triper sur mon rôle de maman?  Comment vous expliquer tout ça, sans que vos petites oreilles croient à tort que maman ne vous aimait pas suffisamment pour vivre à temps complet avec vous?

Contrairement à bien d’autres, je n’ai aucune difficulté à vous déposer à l’école le vendredi matin, sachant que je ne vous reverrai la bette que la semaine suivante.  Et sincèrement,  je me sens soulagée de le faire… parce que j’en ai besoin.  Comme on a besoin de manger et de respirer.  Mon cœur déborde d’amour pour vous, n’en doutez jamais, mais je m’aime aussi suffisamment pour écouter ce besoin de calme que je ressens.

Ça ne m’empêche pas de m’ennuyer de vos petits bras autour de mon cou lorsque vous êtes dans votre autre maison.  Ça ne m’empêche aucunement de penser à vous à chaque instant… mais je le fais dans le silence.  Lorsqu’il vous arrive de m’appeler parce que vous avez envie de me raconter votre grosse journée, je vous écoute le cœur débordant d’amour et de fierté, mais lorsque l’on raccroche, maman ne se roule pas en boule pour pleurer le vide qu’elle ressent… parce que je ne le ressens pas.  Je vous sais en sécurité et heureuses, et c’est tout ce qui m’importe.  Ces moments de votre vie que je ne partage pas au quotidien me permettent de vivre et d’apprécier pleinement ceux qui se déroulent sous mes yeux et qui m’appartiennent en quelque sorte.

Alors, sachez que je vous aime à temps complet mes enfants d’amour, malgré cette moitié de vie que l’on ne partage pas.

xxx

Marie-Claude Lamarre
MARIE-CLAUDE LAMARRE

3 thoughts on “Ma vie sans vous

  1. Lyly-carpette Répondre

    Je suis découragée de lire les commentaires… Aurions nous les mêmes jugements si Marie-claude était un papa? Dirions nous à un père qu’il a n trouble de santé mental parce qu’il trouve difficile d’être seul avec les enfants 100% du temps? Moi aussi Marie-Claude j’ai une bulle grosse comme une maison. Je ne suis pas séparée, mais si je l’étais, je vivrais probablement la même chose que toi et je suis contente de voir que certaines mamans se sentent capable de nommer ces choses là. J’aime mes enfants plus que tout, mais je suis également une maman sauvage qui a besoin de moments à moi et ce, contrairement à mon chum! Je pars en voyage seule pour me recharger et pour être disponible à mon retour. Je ne crois pas être une mauvaise mère pour autant, au contraire. Je suis tannée de lire et d’entendre qu’une maman doit se donner, s’oublier, tout faire pour ses enfants, mais en même temps rester jeune, bien habillée, dynamique, faire des biscuits sans sucre en forme d’éléphant, travailler à temps plein, faire du bénévolat pour sauver les dauphins et utiliser le transport actif… À certaines époques, les parents avaient des nounous et n’etaient pas jugés comme inadéquats. À d’autres époques, les grands freres grandes soeurs s’occupaient des plus jeunes pendant que mamans faisait d’autres tâches et on ne se questionnait pas sur le nombre d’heure passé avec chacun. Arrêtez de juger et de demander aux autres d’être parfait ou d’être comme vous. Pratiquez vous à être empatique, c’est-à-dire à vous mettre à la place de l’autre et à saisir que sa façon de voir la vie n’est pas la même que la votre et ensuite, enseignez à vos enfants à faire de même! Qu’ils se permettrent d’être eux même et qu’ils permettent aux autres d’être eux-mêmes

  2. Michelle Répondre

    Tellement !
    Je suis maman 100% du temps. Pour la vie!
    Merci pour ce texte, je me sens moins seule et moins coupable !
    On a choisit de les avoir pour être avec eux 100% du temps (ou presque! Faut bien faire l’épicerie!), mais parfois la vie nous amène ailleurs…
    Il faut apprendre à vivre sans eux
    Alors on se retrouve, on se redécouvre …

    Mais on reste parent et on les aimes à 100%, tout les jours, peu importe la semaine

    Bizou xx

  3. Tremblay marie Répondre

    Merci pour ce texte. Je suis une maman a 50% et j’ai besoin de me retrouver…autour de moi il y a plein de monoparental qui trouve cela terrible la garde partagée. Tu as su mettre des mots sur comment je me sens durant cette semaine ou je peux me recentrer!

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