Lettre d’amour à ma femme

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Je souhaite te dire que tu es l’amour de ma vie.

Je prends ce temps parce que je sens qu’à cette période de ta vie, et de la mienne aussi, cela doit être dit.

Je pourrais utiliser des mots si beaux et si doux, mais je veux plutôt laisser mon cœur dicter sincèrement ce que je ressens et ce que je sais… Surtout, ne pas me censurer : en souhaitant qu’ils soient ceux que tu aimerais entendre.

Près de deux décennies d’amour, près de quinze ans de mariage et je ne regrette aucune des années passées à tes côtés. Ni celles des moments difficiles, ni même les premiers jours où je sais que c’est moi qui t’ai alors le plus aimée.

Même si parfois mon attitude te laisse sous-entendre que je ne suis plus aussi amoureux fou, j’ai toujours la même fébrilité chaque soir de te retrouver et même le matin au lever. Je pense souvent à toi au boulot, et parfois des images de toi me viennent en tête et me bandent autant le cœur que le corps. Je joue le blasé au retour et souvent t’ignore quand tu me cherches des yeux, mais j’ai vite compris il y a bien des années, que c’est dans la chasse que tu m’as le plus aimé. Sache que je me retiens trop souvent de ne pas t’embrasser à tout moment, passionnément. Pour ne pas te faire peur avec tout l’amour que j’ai pour toi, parce que le temps ne nous le permet pas, parce que je vois aussi que des jours, dû à la routine, aux soucis du bureau ou quand tu t’inquiètes pour une de tes amies, tu n’es pas complètement là.

J’ai aussi hâte le soir venu, de te rejoindre au lit. Juste pour la chaleur que tu dégages, ton odeur bien à toi que je peux humer, même tes soupirs m’émeuvent. Lorsque tu te niches dans mon dos, les seins bien calés, j’aime sentir que tu es mienne et que rien  ne peut alors nous séparer.

J’aime te regarder lorsqu’un film te touche, lorsque tu pleures et que tu prends cet air gêné. Quand tu éclates de rire aussi, un son si doux à mon oreille; il est signe que tu es heureuse et ça vient profondément me chercher.

J’aime être témoin quand tu écoutes nos enfants te raconter leur journée, d’un air si intéressé, quand tu t’inquiètes pour eux, que tu me sermonnes de ne pas être plus près d’eux et quand tu me bottes le derrière pour participer à une activité familiale.

J’aime notre routine, lorsque le matin, nous effectuons une chorégraphie si bien orchestrée, qu’un des deux prépare le premier café de l’autre sans même se parler. Quand tu cuisines pour nous tous et que tu es fière de ce que tu nous offres, quand tu fais mon repas préféré, que tu arrêtes au dépanneur du coin pour m’acheter un petit quelque chose pour me gâter.  Quelle belle preuve d’amour que tu me fais dans ces gestes, je ne t’en aime que plus.

Malgré que certains jours tu t’autoflagelles et te trouves moche, ce que je vois moi, c’est une femme magnifique dans sa totalité. Que tu sois maquillée pour une grande soirée ou en mou, la couette un peu de côté, sans artifice ni parfum, je t’aime telle que tu es. Je te trouve belle lorsque nous sommes seuls sur le lac, à la pêche, quand tu lances ta ligne à l’eau, et que seul le soleil apprête ton visage. Quand, tu es de mauvaise humeur, et que ta lèvre inférieure lance une moue. Même quand tu ne te sens pas bien, ta souffrance et ton air d’enfant alors me désarment et te rendent encore plus désirable lorsque tu es vulnérable. Je te trouve belle lorsque que tu me lances un regard de complicité lors d’une soirée avec des amis.

Où tu vois un corps et un visage fanés qui ne sont plus aussi attirants qu’à tes 18 ans, je les trouve beaux moi ton corps et ton visage, dans leurs différences, leur transformation avec les années et dus à la maternité. Et j’aime voir les ridules de joie apparaître sur ton visage; ton regard est aussi pétillant et aguicheur qu’avant. Je te trouve drôle, même encore après toutes ces années, et même si parfois je soupire lorsque tu es maladroite et qu’encore tu as gaffé, je trouve le tout très attendrissant et seule toi peut le faire comme ça.

Je suis conscient et je ne prendrai jamais pour acquis tout ce que tu fais pour moi, pour nous aussi.

Il n’y a pas de recette secrète à la longévité de notre nous. Je te dis moi que tu y es pour beaucoup, que sans toi notre famille ne serait pas aussi forte, sans toi notre maison, qui résonne de fous rires et de moments touchants, ne serait pas toujours remplie de la famille et de nos amis.

Sans toi, je ne serais pas complètement l’homme que je suis à ce stade de ma vie.

Sans toi, tu ne recevrais pas cette lettre aujourd’hui, puisque ces mots que tu aurais aimé que je t’écrive, tu as dû toi-même les mettre sur papier pour les entendre dire.

 

Julie Ducasse
JULIE DUCASSE

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