Le cauchemar du temps des sucres

kid at maple grove

Fille, c’est le printemps ! Tu sais, ce moment de l’année où tu décides de faire une réservation de gang dans une cabane à sucre. C’est aussi cette période de l’année où tu souhaites que la neige fonde, mais pas trop non plus parce que tu ne veux pas te faire servir de la tire sur des restants de neige granuleuse grisâtre. T’sais, ça pogne après la tire pis ce que tu souhaites, c’est téter ton sucre sur bâton et non croquer dans les mottons de glace pognés après. Bref, as-tu perdu la tête ?!

Avant de prendre ton téléphone pis de commettre l’irréparable, laisse-moi te rafraîchir la mémoire sur tes dernières visites à la cabane à sucre.

Il y a des années où tu as dû habiller tes enfants de la tête aux pieds avec leur gros suit d’hiver tellement y faisait froid. Ça, c’est terrible. La tire avait coulé sur les mitaines et les manteaux étaient tout gommés. Je sais pas pour toi, mais ici, c’est pas des items que je lave très souvent (pour ne pas dire jamais)… Il y a d’autres années où tu es allée à la cabane à sucre en manches courtes ! Ç’a l’air super, mais rappelle-toi que tu as marché dans deux pieds d’eau et de boue partout sur le site rustique. Tes enfants étaient peut-être moins collants, mais tellement plus crottés !  Ça fait que côté lavage, tu t’en es rarement sortie.

Et que dire de la nourriture… Avant d’avoir des enfants, tu choisissais ta cabane à sucre en fonction de la qualité du repas. Il y a même des grands chefs de renommée qui servent des merveilles gustatives à saveur d’érable. Ça coûte un prix de fou, mais c’est divin. Avec les enfants, oublie le projet ! Tu as visé les cabanes à sucre qui offraient des activités car tu avais trente minutes pour manger, top chrono ! Après ça, ton plus jeune grouillait sur sa chaise et ne tenait plus en place. En plus le groupe suivant attendait ta place avec impatience. Alors tu as mangé tes omelettes, ta tranche de jambon pis tes oreilles de crisse (c’est quoi ça ?!) dans une mare de sirop pis tu es sortie de table dans un temps record. Oublie les fruits et légumes, il n’y en a jamais. C’est donc avec un pas pire mal de cœur que tu t’es dirigée ensuite à la tire sur neige. Je te laisse te remémorer les désastres que cet aliment a causés. Tu en as nettoyés pendant plusieurs jours sur les vêtements, dans les cheveux, PARTOUT ! Mais maudit que c’était bon ! Comme de raison, tout le monde, y compris toi, en a mangé trop.

Après ce régal, t’as emmené tes enfants voir les animaux. En entrant dans la minuscule ferme bondée de monde, ça t’a agressé sauvagement les narines. Les effluves de moutons, de paille mouillée et d’excréments de lapin t’ont achevée. Là, t’avais vraiment trop mal au cœur ! Ça fait que tu as décidé d’aller prendre l’air en faisant un petit tour de calèche (pas inclus dans le prix de ton entrée, évidemment). Rien de mieux que de se faire brasser dans les sentiers après avoir trop mangé ! Pour finir de profiter de la belle journée, tu as laissé tes enfants jouer dans les jeux avec trois cents autres enfants sur un high de sucre. Tu as payé pour des ballons ou pour faire maquiller ta marmaille. Toutes de belles choses qui n’étaient pas incluses dans le prix d’entrée, encore une fois. Ça t’a coûté une beurrée pour finir avec une envie de vomir presque insoutenable.

Alors cette année, vas-tu vraiment décrocher le téléphone pour faire une réservation ? Bien sûr que oui ! Ben non, t’es pas folle. Peut-être un peu masochiste par contre… Mais tu vas y aller parce que tes enfants ont un sourire accroché au visage toute la journée et qu’ils en parlent pendant des jours après. Tu vas y aller car ton bébé faisait ‘’meuuh meuuh’’ depuis qu’il avait visité la ferme et qu’il avait été fasciné. Tu vas y aller parce que secrètement, tu trouves que les saucisses hot-dog dans le sirop d’érable, c’est foutuement bon.  Tu vas y aller pour créer des souvenirs en famille et entre amis. Tu vas y aller pour passer du temps avec ceux que tu aimes. Fille, tu vas y retourner d’année en année car ça fait partie des traditions québécoises et que c’est beau de profiter des produits uniques de notre terroir. Ça fait que va célébrer notre sirop d’érable national avec ta famille et essaie de profiter de ta journée.

Catherine de Montigny
CATHERINE DE MONTIGNY

Une réflexion sur “Le cauchemar du temps des sucres

  1. Stéphanie Répondre

    Vive la cabane à sucre! J’y suis allé hier et à part être collé comme des sardines pour manger, j’ai adoré ma journée!

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