La maman urbaine : 3 mythes et réalités

urban mother

On les voit dans les magazines, sur le Web, dans les émissions de télé et elles nous font envie : les mères hyperbranchées qui nous démontrent que leur mode de vie urbain n’a pas changé même si elles ont enfanté… Laisse-moi te prouver que c’est de la bullshit en déconstruisant trois mythes sur les mères vivant en ville.

Mythe #1 : La maman urbaine n’a pas besoin d’automobile

Au moment de se flatter la grosse bedaine, la maman des villes se dit qu’elle n’a pas besoin de plus de transport que ce qu’elle a déjà : ses deux pieds puis l’autobus. Au pire, il y a la poussette et le porte-bébé pour transporter le deuxième être humain qui va l’accompagner partout. Les premiers mois, ça peut aller si tu as une épicerie, le médecin, la pharmacie et le CLSC à distance de marche et une belle journée du mois d’août devant toi. Mais quand tu seras devenue une cliente trop régulière de la cosméticienne, tu vas avoir hâte de changer ton circuit en poussette. Alors tu prends le transport en commun. Si tu trouvais ça compliqué de traîner le bébé et son sac à couches en marchant sur le trottoir, imagine ça dans un bus semi-puant. L’été, il fait chaud. L’hiver, tu as les manteaux à traîner aussi. Autant que les autres passagers te trouvaient cute avec ta bedaine pour t’offrir un siège, ils ont déchanté quand ils te voient avec ta poussette et ton bébé pas content. Maintenant, tu dois te battre pour t’asseoir avec ton barda. Alors tu vas opter pour un service de voiture ou de vélo à partager. Fort bien… Mais tu fais comment pour te rendre à ton transport avec le bébé, sa coquille (ou son siège d’auto s’il est plus grand), puis ses bébelles? Tu le tentes une seule fois, puis après ça c’est fini, tu achètes un char.

Mythe #2 : La maman urbaine va magasiner uniquement dans ses petites boutiques de quartier

L’image fait rêver : la maman branchée entre, avec sa poussette et sa face rayonnante de maternité, dans sa petite boutique de quartier pour renouer avec son linge tendance qu’elle portait avant de tomber enceinte. Il est fort possible que tenter l’aventure soit plus difficile que le scénario parfait que tu avais imaginé. Pourquoi? Un seul mot : poussette. Il y a de fortes chances que ta boutique soit munie d’une petite marche. Assez petite pour que tu ne l’aies jamais remarquée, mais assez haute pour que les roues de ton carrosse pognent dedans. Bon, ça se saute, une marche. Suffit qu’il n’y ait pas de témoin pour appeler la DPJ parce que tu auras mis la vie de ton poupon en danger. Une fois à l’intérieur, tu auras remarqué que le cachet intime de ta boutique est juste un manque criant de place pour la poussette, ta sacoche puis le sac à couches accrochés après. Et ne t’imagine pas en train de demander gentiment à la petite vendeuse trendy où se situe la table à langer, tu risques de te retrouver dans les toilettes du backstore pour changer ton bébé à côté du bol. Ne te demande pas pourquoi les mères sont dans les centres commerciaux : il y a de la place en masse pour le bébé, sa poussette, ses trente-six couches et ses vingt pyjamas de rechange et elles ont de la place pour le changer et même pour l’allaiter. C’est-tu pas beau, ça?

Mythe #3 : La maman urbaine ne va acheter que des produits locaux pour son petit chou

Nous aimerions toutes gâter notre petit trésor avec du linge fait main et des cache-couches à l’effigie de notre quartier chéri pour signaler à tous les passants que notre enfant, il vient du hood. #bébéVilleray. As-tu remarqué le prix de ces morceaux-là? Oui, c’est de qualité, oui, ça peut durer longtemps. Mais considérant qu’un bébé pousse constamment, il est fort possible que ton bébé porte une fois ou deux son nouveau chandail avant qu’il ne lui pète sur le corps et pour lequel tu auras payé l’équivalent de ta facture d’épicerie. Bref, la maman urbaine n’a pas dix kits de linge avec des phrases éloquentes pour son petit. La maman urbaine a simplement acheté un chandail ‘J’aime la poutine’ pour son petit, un pantalon à l’effigie de tranches de bacon et l’utilise sur TOUTES ses photos Instagram.

Bref, la prochaine fois que tu vois une mère avec son porte-bébé sur le Plateau dans ton feed Instagram, dis-toi qu’elle n’a rien à envier aux autres. Il se peut même qu’elle envie la mère qui dispose d’une poussette grosse comme un bateau pour son bébé et ses dix sacs de shopping.

Christine M.
CHRISTINE M.

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