La maman qui réfléchit trop

woman thinking

T’es une cérébrale. Une intello. Tu aimes apprendre, comprendre, raisonner, déduire, faire des hypothèses. Étudier ne t’a jamais fait peur. Synthétiser, rédiger et mémoriser, c’est ton truc. Tu t’es toujours demandé pourquoi certains redoutaient l’examen théorique du permis de conduire. Toi, c’est le permis pratique qui t’a donné du fil à retordre.

Le jour où t’es devenue maman, les choses se sont compliquées. Parce que la maternité, c’est pas un truc qu’on apprend dans des livres. Ton pédiatre te l’a fait remarquer au premier contrôle avec ton tout petit. Comme s’il avait d’emblée perçu que toi et tes diplômes universitaires, vous étiez complètement largués face à ce petit monstre d’amour expulsé quatre semaines plus tôt. Sur le coup, ça t’a vexée, mais force est d’admettre qu’il avait entièrement raison.

Pour s’occuper d’un bébé, il faut laisser parler son instinct. C’est un truc un peu animal, t’a-t-il expliqué. Toi qui avais justement potassé plein de bouquins pendant la grossesse sur les différents types de pleurs du nourrisson et les moyens de les gérer. C’était ta façon à toi de chercher à prendre le contrôle d’une situation qui en réalité t’échappait complètement.

En devenant maman, tu as réalisé que l’éducation, c’était bien loin d’être une science exacte. Que les réponses à toutes les questions que tu te posais se trouvaient rarement dans les ouvrages qu’on te conseillait de lire, et encore moins sur la toile. Que les parents autour de toi essayaient de faire du mieux qu’ils pouvaient et que tu ne pouvais pas te permettre de les juger parce qu’ils faisaient différemment.

Mais ton intellect ne t’a pas laissée tranquille pour autant. Tu rêves de pouvoir mettre ton cerveau de temps en temps sur off. Mais ça marche pas comme ça, cette machine-là. En tant que cérébrale, tu peux pas t’empêcher de ressasser, juger, ruminer, anticiper, prévoir, comparer, surtout quand les choses se passent pas exactement comme tu l’avais prévu. Ça tourne sans arrêt dans ta boîte crânienne: « J’aurais pas dû m’énerver ! Je suis une mauvaise mère. Pourquoi cet enfant ne parle-t-il pas aussi bien que le petit voisin qui a deux mois de moins?  Comment on va faire pour s’organiser quand le grand aura commencé l’école? »…

Il n’existe pas de remède miracle pour toi, petite maman que l’intellect ne laisse jamais en paix. Tu n’es pas la seule à fonctionner ainsi. Quand les pensées se font trop envahissantes, respire un grand coup. Et souviens-toi qu’elles ne sont que les créations éphémères et mouvantes de ton esprit.

Maman Louise
MAMAN LOUISE

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