La revanche de papa : toi, la maman en devenir aux besoins infinis

pregnant woman with shopping bags

Ton p’tit n’est pas encore là que t’as trois horloges dans le salon : celle reçue au shower, celle de la cousine tellement pratique pour indiquer au p’tit quand se lever et celle que tu voulais parce qu’elle est éducative et qu’il n’est jamais trop tôt pour montrer les chiffres et les lettres à ton petit prodige.

T’as acheté les DVDs de Passe-Partout parce que, admets-le, tu veux revivre un peu ta jeunesse à travers ton enfant, mais surtout parce que t’es restée traumatisée au Toys »R »Us quand t’as vu les jouets de Pat’Patrouille, des chiens avec des queues de sirène, ne sachant pas qu’ils ne représentent que deux épisodes sur quatre saisons.

Naturellement, tu t’es aussi laissé convaincre du besoin absolu d’avoir immédiatement une chaise haute. Et non pas n’importe quelle chaise haute, mais bien le modèle super ultra turbo avec l’option (ce n’était en aucun cas une option pour toi) tablette avec support pour ta coupe de vin à l’arrière à l’abri des petites mains dévastatrices de ton enfant et des éclaboussures qu’il produira parce que derrière la scène de crime des framboises écrabouillées, t’as aussi le droit à ton oasis, ton havre de paix, juste derrière lui où ton verre t’attend et te fait de l’œil.

T’as parsemé stratégiquement les quatre coins de la maison de tes soixante-quinze débarbouillettes de bébé, mais aussi derrière les pots de fleurs, en dessous des coussins et partout où ça t’a semblé bon parce qu’un bébé ça bave, ça morve et ça régurgite. T’es prête à être la Ninja de la débarbouillette.

Tes armoires de cuisines semblent disproportionnées maintenant qu’y sont rangés que des petits bols, petites assiettes et petits gobelets multicolores. T’as acheté assez de biberons que c’est à croire que t’as dévalisé le Costco.

T’as la poussette de course tout terrain en aluminium d’avion qui requiert trois ingénieurs allemands juste pour la plier. T’es prête pour les terrains les plus escarpés du centre d’achats du coin.

Ça prenait bien sûr aussi un porte-bébé et tu t’es laissé séduire par l’idée d’un sling et du truc tissé en genre de coton guatémaltèque qui va te permettre de dissimuler le fait que t’as pas lavé tes cheveux avec un look de maman hippie.

T’as pas passé Go, ni réclamé ton deux cents dollars que tu conseilles déjà les autres clients dans les magasins de bébé parce que, clandestinement, t’es une victime du marketing spécialisé dans toutes les subtilités farfelues de chaque jouet, cossin et bébelle à vendre.

T’as tout acheté en double pour ne manquer de rien. Tu fais rouler l’économie, ça il n’y a pas de doute.

Le seul hic, c’est que tu t’excites dans ton délire de consommation, de surpréparation et de surprotection parce que t’as peur de manquer de quelque chose et qu’il n’y a malheureusement pas une campagne de pub pour te rappeler qu’on survit depuis des millénaires avec le cœur et l’instinct et que le reste, finalement, n’est aucunement si important que ce qu’on veut te faire croire.

Crois-moi qui es passé par là, tout ce que ton marmot veut, c’est se coller sur toi. Penses-y la prochaine fois que tu es tentée par un nouveau jouet technologique pour nouveau-né ou un dixième kit de draps à cent dollars.

Louis-Philippe Couto
LOUIS-PHILIPPE COUTO

Une réflexion sur “La revanche de papa : toi, la maman en devenir aux besoins infinis

  1. Sonia Répondre

    Tellement vrai….surtout pour le premier!!!
    Au deuxième, l’expérience te fait ralentir…et puis avec 2 enfants, tu ne tombes plus dans certaines techniques de vente au magasin specialisé pour bébé!
    Bravo Louis!!!

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