La mère condamnée : le cauchemar des groupes de mamans sur les réseaux sociaux

woman shout in front of computer

Mardi matin, fille aînée à l’école, l’Homme au travail, bébé au sein, cellulaire en main, tu facebookine.

Pendant que tu regardes ton café fumer sur la table du salon, l’air de te dire « ben non ma grande, c’est pas à matin que tu vas me boire chaud »,  tu te sens épuisée, vidée même. C’est sûr que tes derniers six mois ont pas été très reposants. Avec l’Homme qui ne semble pas entendre les cris de l’enfant affamé en pleine nuit, tu te ramasses à te lever trois-quatre fois pour nourrir ta progéniture qui ne semble pas au courant de ta fatigue même si tes cernes doivent être visibles de Mars.

Te vient à ce moment-là la plus brillante des idées en ce matin anodin. Pourquoi ne pas demander conseil sur un des groupes d’entraide et/ou vente de mamans dont tu fais partie ?! Ben oui, rien de mieux qu’une gang de mamans pour te comprendre! Non?

De ta main disponible, tu tapes maladroitement un court paragraphe dont le but ultime est d’obtenir des trucs pour que le petit dernier fasse ses nuits et ainsi regagner de la patience et un teint tirant plus sur le rose que le gris. Tu te relis, puis, remodelant quelque peu la formule, tu cliques sur publier.

5-4-3-2-1 … c’est le début de la fin pour toi.

Des notifications retentissent sans fin pendant deux jours durant sur ton appareil intelligent. Téléphone intelligent qui ne l’est pas tant que ça finalement sans quoi il t’aurait empêché de publier ladite question qui tue. Il te l’aurait dit, lui : « Nenon fille! Rien de pire qu’une joyeuse bande de mamans un peu trop hormonales en privation de sommeil derrière un écran pour te juger! ».

Mais non, il ne t’a rien dit et toi, tu lui faisais confiance à ce téléphone… il est intelligent après tout?!  Ben quoi, ton cerveau baigne dans une odeur permanente de couches et de vomis, pis ça fait au moins un an que t’as pas dormi une nuit complète, ça fait que, pour la capacité de réfléchir, on repasse hen ?

Dans ta vie d’avant, quand ton cerveau était fonctionnel pis que t’avais pas des cernes jusqu’en dessous des bras, t’en demandais pas des conseils sur les internets; tu te répondais toi-même, pis c’était ben tiguidou de même, t’sais.

Laisse-moi te donner un conseil. Si ta question concerne l’allaitement, les vaccins, le bébé qui fait-ou-non-ou-veut-pas-faire-pu-jamais-ses-nuits-je-veux-des-trucs-haaaaaaa!, le co-dodo ou même les allocations, t’es aussi bien d’appeler ta mère qui va probablement te répondre de pas trop t’en faire pis que dans son temps à elle, y’en avait pas des internets pour demander conseil, pis t’es toujours en vie et elle aussi.

Ça fait que, relaxe fille, relaxe. Désactive tes notifications, bois ton café frette pis fais-toi en pas, ça va passer, dès qu’une autre maman aura la même idée que toi et reprendra le flambeau.

Isabel Lepage
ISABEL LEPAGE

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *