La maternité m’a transformée

woman happy with kids in bed

La maternité change nos vies. On le sait. Dès le début, un tas de choses se passent dans notre tête et dans notre corps. Dans mon cas, j’ai perdu avec mes eaux ma plus grande faiblesse, la peur des émotions. J’ai accouché de ma fille et de ma paix d’esprit en même temps. Pour moi, la délivrance est bien plus qu’un terme médical.

Enfermée dans un carapace en béton armé depuis des années, le moment où j’ai dû pousser est devenu celui où j’ai senti la première faille dans mon mur. J’ai vu ma douleur physique dans les yeux de ma sœur qui me tenait la main, et j’ai vu sa force de maman. Par la magie du moment, j’en ai attrapé un bout.

Quand on a déposé ma fille sur mon ventre, j’ai senti une grande fissure. Le béton s’est transformé en coton. Ma carapace s’est ramollie, s’est ouverte. J’ai découvert dans les yeux doux de mon bébé que je voulais être capable d’aimer. À 100%. Sans crainte, sans limite. Quand elle a froncé les sourcils, j’ai voulu la rassurer, j’ai voulu avoir confiance en la vie. Quand elle a serré sa toute petite main sur ma peau, je l’ai prise et j’ai voulu ne plus jamais la lâcher. Quand elle a posé sa tête contre mon cœur, je l’ai senti s’ouvrir. Et j’ai senti, pour vrai, la paix d’esprit. Je venais de faire la paix avec moi-même.

Puis est arrivé mon fils. Mon petit coeur. L’accouchement a été difficile. Émotionnellement, parce qu’il suivait la perte d’un enfant, et parce que lui aussi a failli ne jamais voir la lumière. Quand j’ai vu le regard du médecin, quand elle m’a dit qu’il fallait qu’il sorte maintenant, que je devais donner tout ce que j’avais, quand j’ai croisé la peur dans ses yeux et l’infirmière qui hochait la tête, j’ai senti cette force indescriptible, violente, me couler dans les veines. Je me suis dit que je gagnerais ce combat, que la mort n’emporterait pas cette vie-là. Et une nouvelle maman est née en même temps que mon petit chéri. Une maman groundée.

Ce jour-là, j’ai réussi à réorienter mes émotions pour le bien de mes enfants. J’arrive, depuis ce temps, à me planter les hormones sur terre pour éviter que tout parte en vrille. Quand le chaos se fait une place dans ma maison, j’arrive à l’écraser, à grands coups de câlins et de bisous. Quand ça crie, ça pleure, ça se chicane, c’est avec un grand respire et le souvenir de cette force que je calme le jeu.

J’étais une fille en apparence heureuse, mais aux tréfonds craintifs. Le jour où mes enfants sont nés, ce n’est pas un coup de foudre que j’ai eu, c’est une révélation.

La vie est douce à qui sait comment la prendre.

Merci mes chéris, vous avez fait de moi la maman que je souhaitais être.

Lydia
LYDIA

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