À toi, la maman qui n’est pas capable de s’occuper de ses enfants

woman drunk with baby

Je sais, fille, que tu n’aurais jamais accepté que ton enfant, la chair de ta chair, soit élevé par une autre et ce, en permanence. Jamais tu n’aurais accepté d’être forcée de lui laisser à elle, cette autre maman, que tu voudrais bien détester, mais que tu vénères en même temps parce qu’elle fait ce que tu es incapable de faire pour un long moment : prendre soin de ton enfant. Tu en es jalouse. Tu voudrais même la détester au plus profond de ton âme, mais tu n’as pas cette énergie. Tu as tellement de démons à combattre; ta santé physique autant que mentale sont en jeu et tu ne contrôles plus rien depuis hier, depuis longtemps, depuis des années. C’est une roue qui tourne, un combat sans fin que tu mènes. Tu sais que tu fais souffrir ton enfant et tu n’as jamais voulu ça. Je le sais bien parce qu’il était ce que tu avais de plus précieux et tu as dû le lui laisser à contrecoeur.

Jamais tu n’aurais cru qu’un jour on viendrait te l’arracher, te juger, te condamner, prendre ce petit être et l’emmener dans les bras d’une autre maman. Pourquoi elle ? Qu’a-t-elle de plus que toi, que vaut-elle de plus ? Tu te questionnes, tu pleures, tu rages, tu touches le fond. Rien pour aider ta cause. Parce que maintenant, tu es une cause. Un dossier parmi tant d’autres.

Ce n’est pas ce que tu t’étais imaginée en ayant un enfant. Tu aurais tant voulu lui offrir tout ce que tu n’avais pas eu, le chérir, le regarder dormir, le consoler, le voir grandir et devenir une si belle personne. Malheureusement, c’est elle, celle qui le borde ce soir qui aura toute cette chance.

Tu te serais battue becs et ongles contre elle, mais tu n’as pas la force. Ton cœur et ton âme sont malades. Tu dois t’aimer, toi. Tu dois te soigner, te reconstruire. Tous les jours, tu souhaites te faire pardonner. Tu espères que ton enfant ne t’oublie pas, qu’il retienne les beaux moments que vous avez passés ensemble. Tu ne peux le voir quand tu veux, tu es limitée et ça t’enrage. Tes joues sont inondées de larmes chaque fois que tu y penses.

Les mois passent, tu t’enlises, tu reviens à toi, tu te soignes et la roue tourne. Tu n’y arrives pas. Tu te fais secouer les plumes par tous ceux qui t’aiment et même par celle qui prend si bien soin de ton enfant. Elle ose même t’encourager, tenter de te donner de l’espoir. Elle, qui t’a pris ton enfant. Tu en es malade, mais ton enfant est tellement heureux. Elle le chérit comme son propre enfant. Et ça te rend encore plus triste.

Pourquoi réussit-elle si bien ce que tu ne peux accomplir.

Prends-toi en main, fille. Va puiser au plus profond de toi l’énergie qu’il te faut pour remonter à la surface. Car pour le moment, c’est elle qui console ton enfant, qui lui apprend à devenir grand.

Bats-toi avant qu’il ne soit trop tard.

La Collaboratrice dans l'Ombre
LA COLLABORATRICE DANS L’OMBRE

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