Tu n’es pas ma béquille, tu es mon tremplin

woman kissing newborn

Je suis tombée enceinte de toi alors que j’étais traitée pour une dépression sévère.  Après plusieurs années d’essais infructueux, tu t’es accrochée dans mon ventre au pire moment de ma vie. Certains gens de mon entourage m’ont félicitée. D’autres m’ont encouragée. Mais plusieurs m’ont critiquée. Comment pourrais-je prendre soin de quelqu’un d’autre alors que je peinais à m’occuper de moi?

Pourtant, dans mon for intérieur, je savais que c’était le moment parfait. Parce que j’essayais de recommencer à être moi, à vivre et ressentir tout ce qui se passait dans ma vie.

À la seconde où j’ai su que tu te faisais un nid, j’ai enfin réussi à me projeter dans le futur. Pour toi, j’ai recommencé à manger, à sortir à l’extérieur et à écouter mon corps.

Te sentir grandir dans mon ventre a comblé un vide qui m’habitait en permanence. Je n’étais plus une coquille vide qui ne faisait que survivre à ses journées.

Oui je t’ai donné la vie, mais toi, tu as insufflé une grande bouffée d’air dans la mienne. Jamais je ne t’en remercierai assez.

Depuis que tu es là, j’apprends à vivre au jour le jour et même d’heure en heure. Je sais maintenant que d’avoir une mauvaise journée ce n’est pas si grave et que demain sera sûrement tout autre. Parfois tu pleures et je n’y peux rien. Mais je peux être là avec toi. Plutôt que d’être tendue et tourmentée, prisonnière dans ma tête et mon corps, je peux simplement pleurer avec toi et partager tes tourments.

Mon post-partum n’a pas été différent de celui des autres mamans. Les premières semaines sont tellement bouleversantes. J’ai su y mettre des mots et communiquer mes craintes et émotions à mon entourage qui m’a bien soutenue.

Tu m’as aussi montré pourquoi j’avais choisi papa. Que vous êtes beaux ensemble! Quelle chance j’ai de vous avoir.

C’est tellement cliché, mais je crois que ma vie est tellement plus simple maintenant. Chaque fois que je te vois sourire, ou que tu me regardes comme si j’étais la plus belle des mamans, je sais ce qu’est le bonheur.

Plusieurs disent avoir hâte à la fin de leur « congé » de maternité. Pas moi. Je n’ai plus besoin de me « prouver » dans toutes les sphères de ma vie. J’ai appris ma valeur au quotidien et non seulement dans un travail dans lequel je ne me reconnaissais plus. J’ai appris à être moi, juste moi.

Moi qui avais perdu toute mon estime, je réussis à me trouver compétente comme maman quand je vois comment tu sembles bien. Je ne cherche plus à être parfaite en tout temps. J’essaie seulement de faire de mon mieux et d’accepter ce que je ne peux changer (ben oui toi, une promesse de AA).

Tout n’est pas parfait, mais tout est vrai.

Évidemment, je ne veux pas vivre ma vie uniquement à travers toi. Je ne veux pas me réveiller dans dix ans et avoir l’impression de n’avoir rien vécu. Tu n’es pas ma béquille, tu es mon tremplin. Ensemble, nous nous apprêtons à changer de vie. Parfois, ça m’angoisse. Mais je sais que nous vivrons tout cela en famille et c’est l’essentiel. J’ai à nouveau le goût de faire des projets et de prendre des risques. Depuis toi, j’ai à nouveau le goût de vivre.

La Collaboratrice dans l'Ombre
LA COLLABORATRICE DANS L’OMBRE

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