Mes enfants, je vous souhaite ben de la m*rde

little girl sad on floor

Pour votre vie, mes chers enfants, je vous souhaite ben de la m*rde. J’espère vous voir déçus, pleurer et en arracher.

En fait, je vous souhaite :

Des chutes, des éraflures et de la douleur, pour apprendre à vous mettre en sécurité.

D’être timides et paralysés par la peur, pour vous pousser au courage.

D’être cible de moqueries et de sarcasmes, pour vous endurcir.

De vivre de gros échecs et à répétition pour vous motiver à vous dépasser et embrasser la persévérance.

D’avoir faim par bout, pour mieux apprécier votre pain.

De la méchanceté et de l’intolérance, pour vous pousser à choisir sciemment la bonté.

De vivre la possession et la manipulation, pour vous apprendre à vous respecter sincèrement.

De manquer d’argent, pour vous forcer à distinguer vos envies de vos besoins.

De vous faire licencier et rejeter, pour vous forcer à vous retourner et à innover.

D’être confrontés à la corruption et à la tricherie, pour vous faire valoriser la justice et l’intégrité.

Des peines d’amour, le cœur en miettes, pour prendre conscience de la fragilité et de la grandeur de l’amour.

De vous faire mentir et trahir, pour apprendre à deviner les gens et à valoriser votre feeling.

D’être dépassés, épuisés, au bout du rouleau, pour savoir dire j’ai besoin d’aide.

De partager votre vie avec la maladie, pour vous empêcher de prendre la santé comme un acquis.

D’être directement touché par une catastrophe naturelle, pour prendre conscience de la fragilité de notre terre.

De vivre la guerre, la confrontation et le terrorisme, pour vous rappeler la puissance de la tolérance, de l’empathie et de l’ouverture.

De frôler la mort, pour respecter la vie.

Des déceptions et des larmes, pour vous apprendre la beauté du pardon.

Ce soir, je ne fais que repenser à toutes ces fois où j’ai cru que ma vie m’avait plantée. J’ai pleuré longtemps et j’ai manqué d’air souvent, mais aujourd’hui, je me dis que je serais un humain fade, faible et sans réel respect pour la vie, si ce n’était de toutes ces épreuves qui m’ont définie.

Mes doux et naïfs enfants, j’aimerais vous protéger, vous prendre sous mon parapluie pour vous éviter d’être mouillés par l’orage. Mais ce serait mal vous aimer que de vous surprotéger. Vous m’en voudriez.

J’ai le cœur brisé de vous le dire et déjà la crainte au ventre de vous voir le vivre, mais je vous souhaite ben de la m*rde. Évidemment pas tout cela, et surtout pas tout en même temps, mais embrasser l’adversité; elle vous apprendra à vous relever plus souvent que vous ne tomberez et à apprécier ce que vous avez.

Et de mon côté, je serai toujours là pour vous remémorer vos réussites, votre force et votre courage.

Vanessa Lalancette
VANESSA LALANCETTE

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