La philosophie maternelle en 5 points

woman yoga with kid

Ma belle, réjouis-toi. Sans avoir passé de longues années sur les bancs d’école et obtenu ton doctorat en philosophie existentialiste, sans avoir effectué quinze ans de thérapie psychanalytique, sans même pratiquer trois heures de méditation Zen par jour, te voilà devenue plus avisée et sage que le plus savant des gourous. Ton expérience de maman t’a permis d’accéder à tous les fondements qui mènent à une vie heureuse.

#1  Le lâcher-prise

Avec la maternité, tu as renoncé à toute forme de contrôle sur quoi que ce soit. Pour commencer, tu n’as pas choisi le moment où tu es tombée enceinte, ni le sexe de ton enfant, ni la façon dont s’est déroulé ton accouchement. Une fois bébé arrivé, tu as su lâcher prise encore, notamment sur l’aspect de ton salon, devenu le temple du désordre et de la crasse, de même que sur ton look, 3 minutes 30 devant ta glace n’étant pas suffisantes pour masquer tes cernes, ta mauvaise mine et tes cheveux gras le matin avant de partir affronter ta journée. Or, renoncer au contrôle permanent de ton apparence, comme de tout ce qui peut se produire dans ta vie, et accueillir jour après jour les surprises que te réserve l’avenir se révélera utile à plus d’une reprise.

#2  L’humilité

L’apprentissage du lâcher-prise s’est accompagné d’une sacrée leçon d’humilité. Parce que t’as forcément dû revoir ton niveau d’exigence à la baisse. Tes exigences envers toi-même, pour commencer. Tu as su renoncer à tenter de coller au mythe de la maman parfaite. Tu as accepté de faire au mieux, sans chercher la performance, la perfection. Voilà un principe qui t’évitera de chuter de bien haut à la première déconfiture. Tes exigences envers les autres aussi ont été revues à la baisse. Parce que tu as bien compris que tes enfants traversaient les phases tumultueuses que tous les parents connaissent. Parce qu’à eux aussi, tu leur souhaites non pas d’être parfaits, mais bien plutôt d’être heureux.

#3  L’impermanence

Tu en as traversées, des périodes difficiles où tu pensais devenir folle tellement tu avais l’impression d’être dans une impasse. Tu n’en pouvais plus de gérer des crises pluri-quotidiennes à chaque fois que tu prononçais le mot « NON ». Tu n’en pouvais plus de te lever en pleine nuit sur le coup de trois heures pour changer des draps mouillés. Tu n’en pouvais plus de passer quarante minutes chaque matin à essayer d’habiller ton môme pour arriver systématiquement en retard à la garderie. Et puis tu as réalisé que chacun de ces comportements problématiques, aussi pénibles qu’ils soient, finissaient toujours par disparaître. Pour le coup, ces étapes t’ont paru beaucoup moins difficiles avec ton deuxième. Tu savais quelque part qu’il fallait passer par là. Mine de rien, ça t’a drôlement aidée à accepter les moments douloureux qu’on rencontre tous à un moment donné ou l’autre de l’existence.

#4  L’abnégation

Ça, tu te l’es pris en pleine face et tu en as bavé. Parce que jusque-là il faut bien l’avouer, il n’y en avait que pour toi et tes petits problèmes. Et personne ne t’avait prévenue que du jour au lendemain, tes besoins primaires allaient passer au second plan. Dormir, manger, aller aux toilettes ? Seulement si junior te laisse un petit créneau. Évidemment, plus il grandira, plus il te laissera de la marge pour ces affaires-là. Mais dans toute situation et pendant de longues années encore, le bien-être de tes enfants passera avant le tien. La maternité, c’est un don de soi, un sacrifice. Ne t’oublie jamais pour autant. Profites-en simplement pour en tirer une leçon d’altruisme. Car voir au-delà de son nombril, c’est important.

#5  La pleine conscience

Voir tes enfants grandir t’a donné le vertige. Tu étais à la fois nostalgique des étapes terminées, et impatiente de les voir se développer et devenir autonomes. Pour échapper aux réminiscences du passé et arrêter de te projeter sans cesse dans le futur, une seule solution. Vivre pleinement le moment présent. S’arrêter sur toutes les sensations que procure un simple câlin avec un de tes petits. Respirer leur odeur et ressentir leur chaleur au moment où tu les serres dans tes bras. Les observer avec un regard neuf et attentif. Les écouter parler encore et encore, là où trop souvent tes oreilles ne suivent plus et ta tête est ailleurs. Être pleinement consciente, c’est aussi savoir apprécier les moments trop rares, que tu t’accordes à toi, à leur juste mesure. Voilà certainement l’apprentissage le plus difficile et le plus riche de la maternité.

Maman Louise
MAMAN LOUISE

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