La Saint-Valentin : deux sexes, deux mesures

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Comme à chaque année, on ne peut échapper au fatidique 14 février.  Et même si nous tentons de ne pas y penser, chaque vitrine de magasin dégouline de cœurs rouges racoleurs nous soulignant que nous devons faire semblant d’en avoir un.  Au risque de froisser sa douce moitié, chaque couple se doit de souligner cette fête, ne serait-ce qu’en achetant un vieux chocolat défraîchi qui dort depuis trop longtemps dans un étalage lugubre et poussiéreux. Alors que chacun veut faire plaisir à l’autre, voici ce à quoi peut ressembler un lendemain de St-Valentin lorsque deux conjoints racontent la même soirée à leurs amis respectifs.

Prélude

Lui : Après avoir punché à la shop, je devais aller chercher du pain à l’épicerie.  Par chance, le ramassis de fleurs à la caisse m’a rappelé que c’était la St-Valentin.  Ma blonde m’aurait engueulé si je ne lui avais rien donné et le divan qui me courbature le dos aurait été mon refuge forcé pour la nuit.  La joie que j’ai lue dans son regard en voyant les fleurs confirme que je vais lui en racheter l’an prochain. Faut le faire quand même, s’émouvoir devant un bouquet d’insignifiance.

Elle : Comme à chaque année, mon chum m’a apporté des fleurs. Dans le bulletin de l’originalité, il n’atteint pas la note de passage. Je pensais au moins avoir droit à des roses cette année, mais non. Des fleurs bon marché aux pétales mous et aux tiges gluantes, un peu comme lui avec le temps.  Je lui ai dit que j’étais contente, mais je lui ai sorti mon sourire jaune pour qu’il se rende compte que je suis déçue et que l’an prochain, ce serait le temps qu’il m’achète autre chose.

Le souper

Lui : J’étais crevé de ma journée mais au lieu d’aller ronfler quelques minutes sur le sofa, je me suis assis à la table qu’elle avait décorée pour l’occasion.  Les satanés confettis en forme de cœur traînaient dans ma sauce et ses chandelles qui sentent le fond de tiroir de grand-mère se vidaient de leur cire sur mon pain. Comme chaque année, j’ai dû me taper le récit de notre rencontre. T’sais, je ne suis pas encore Alzheimer et j’en ai rien à foutre de repasser de vieux souvenirs qui me rappellent que ma blonde a déjà été mince et souriante.  J’ai dû manger ses saloperies de moules… Yark. Mais je ne voulais pas la fâcher avant la fin de la soirée donc j’ai tout mangé et je l’ai remerciée de son « excellent » repas.

Elle :  J’ai dû courir au magasin du dollar pendant ma pause du midi pour aller acheter des bébelles pour décorer la table et la maison pour faire plaisir à mon homme.  Il aime cela sentir que j’ai décoré juste pour lui et je veux lui faire plaisir.  Je me suis même forcée à lui faire des moules, même si je trouve cela dégoûtant, parce qu’il m’a dit que c’était aphrodisiaque et que ma libido a clairement besoin d’un remontant.

Le sexe

Lui : Le côté positif de la St-Valentin, c’est sûr, c’est de baiser. La société l’exige, ça fait partie des normes établies.  J’ai sorti le gros jeu, fait les yeux doux et lui ai dit que je l’aimais en plus de la tonne de compliments que je lui ai faits pour la mettre dans l’ambiance. J’ai redéfini « faire l’amour à la belle étoile » et la madame était ben satisfaite.

Elle : Malgré mon mal de tête et l’odeur de travail de mon chum, j’ai fait semblant que j’avais le goût de faire l’amour.  Je n’étais pas capable d’écouter ce qu’il me disait pendant la séance au lit de quinze minutes car j’avais en tête la liste d’épicerie que j’avais pas eu le temps de faire et le lavage des combinaisons de hockey du plus jeune.  Une chance qu’il a fait ça vite, j’avais juste le goût de prendre deux Tylenol et dormir.

La communication

Lui : Maudit, j’ai manqué le match de hockey hier soir, j’espère qu’on a gagné?

Elle : Maudit, j’ai manqué mon émission de télé hier soir. Une chance que la St-Valentin est juste une fois par année.

 

Caroline Mathieu Michael Melvin
CAROLINE MATHIEU MICHAEL MELVIN

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