L’enfant d’une maman toxicomane

woman take drug

Toute petite, déjà, tu savais que ta maman était malade. C’est difficile à expliquer aux gens autour parce que ta maman n’a pas un cancer, la sclérose en plaques ou bien un handicap quelconque. Ta maman consomme. Les gens, bien souvent, ne comprennent pas que la toxicomanie est une maladie au même titre qu’un cancer. Il est vrai que la première dose, la première track, la première shot, c’était son choix. L’accoutumance et la consommation à long terme, c’est ça la maladie. Et cette maladie ne peut être soignée que si le malade veut bien recevoir des soins, ce qui rend les toxicomanes si faciles à juger.

D’aussi loin que tu te rappelles, ta mère a toujours été malade. Tu n’as pas eu le temps d’être une enfant qu’on t’imposait déjà de grosses responsabilités comme faire les repas, t’occuper de tes frères et sœurs ou payer des factures. Tu savais quand ta maman n’allait pas bien et tu connaissais par cœur le numéro d’un proche à contacter en cas d’urgence, que tu as d’ailleurs appelé à plusieurs reprises.

Ta maman t’a aimée du mieux qu’elle a pu. Brisée, poquée par la vie, elle a bien essayé d’être là pour vous, mais endormir son mal-être gagnait plus souvent qu’autrement sur vos expositions scolaires, vos spectacles de Noël, vos compétitions sportives ou vos graduations.

La vie t’a mis cette maman sur ton chemin et tu ne lui en veux pas, ni à la vie, ni à elle. Mais pour ton bien-être, tu l’aimes de loin. Parce que de trop proche, tes attentes se terminent bien souvent en déception et tu as déjà tellement pleuré pour une maman qui est l’ombre de ce que tu attendais d’elle que tu préfères la distance pour le bien-être de ton coeur.

Maintenant devenue adulte, tu navigues tant bien que mal dans ta nouvelle vie où ton meilleur repère est ton immense besoin de contrôle. Parce que quand on contrôle tout autour de nous, on sait où on s’enligne. Parce que l’insécurité et l’inconnu, tu ne les supportes plus. Ton premier appartement est ton premier vrai chez-toi. Parce que tu es certaine de ne pas y retrouver ta maman, inconsciente, après une dose de trop. Parce que tu es certaine de retrouver tes choses, intactes, qui n’auront pas été vendues pour payer des comprimés.

Entrer en relation avec un conjoint potentiel devient un peu compliqué. Comprendra-t-il ton parcours? Jugera-t-il les premiers chapitres de ton pedigree familial? Peut-il comprendre tes réactions face aux vices que renferment la consommation d’alcool ou de drogues? Est-il capable de se mettre à ta place et de voir que parfois, ça t’angoisse de prendre juste un petit verre de vin parce que tu te crois capable de tomber aussi bas que ta mère?

Le moment arrivera où tu te poseras la question; est-ce que j’ai envie d’être moi aussi maman? Si je le deviens, serais-je capable d’être une meilleure mère que celle que j’ai eue? Et si jamais je recréais le chaos pour ce petit bébé à venir? Et si je reproduisais l’enfer que j’ai moi aussi vécu étant enfant? À toutes ces questions, ma belle, je ne peux pas y répondre. Mais je peux te dire que ton passé, aussi difficile et éprouvant soit-il, a fait de toi la femme que tu es aujourd’hui. Il a fait de toi quelqu’un d’incroyablement résilient. Tout ce dont tu as manqué étant petite, tu n’as qu’une seule envie; le donner à tes enfants. Tu te promets de les aimer plus que tout au monde. Tu te promets de les protéger, de les regarder grandir, de ne rien manquer de chacune des étapes qu’ils vivront. Tu te promets d’être la maman que tu aurais voulue et que tu n’as pas eue.

La toxicomanie n’est pas ton démon, c’est celui de ta mère. Si tu veux devenir une maman, ne laisse pas les fantômes du passé gâcher ton avenir. Crois en toi! T’es belle, t’es bonne, t’es capable et t’es tellement forte!

Catherine I.
CATHERINE I.

Une réflexion sur “L’enfant d’une maman toxicomane

  1. Geneviève everell / miss sushi Répondre

    Tu as écrit ma vie Cath 😭

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *