Quand le cancer s’en prend à Maman

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Pour les enfants, une maman, c’est présent pour la vie. On s’imagine difficilement sa disparition et ce n’est que le moment venu qu’on fait face à la musique parce que dans nos cœurs, même une fois adultes, on s’imagine un peu que notre maman sera éternelle.

Maman, tu as su que tu étais atteinte d’un cancer. Tu as peut-être la trentaine ou peut-être as-tu passé le cap des cinquante ans, mais toujours est-il que, peu importe ton âge, tu te retrouves avec deux fois plus de questionnements. D’abord, tu t’interroges sur ton sort. Puis, sur celui de tes enfants. La maladie t’effraye, mais la possibilité de laisser tes enfants sans maman t’inquiète encore plus.

Maman, tu dois expliquer à tes enfants ce qui ne va pas. Tu dois leur expliquer ton cancer avec un grand C. Tu dois trouver les mots pour expliquer tes maux et tu voudrais apaiser leur peine avant de consoler la tienne. Tu présentes ta maladie comme la montagne de laquelle tu devras faire l’ascension seule. Malgré toute l’aide qu’on t’offrira, tu dois la monter seule, cette montagne, et personne ne peut te garantir que tu arriveras au sommet. Tu aborderas le sujet de ta mort possible mais tellement, tellement lointaine. Parce que c’est tout nouveau ta maladie, mais aussi parce que tu seras entre bonnes mains. Puis, tu berceras tes enfants, les plus petits comme les plus grands, et des larmes rouleront sur tes joues. Parce que rien n’est plus incertain que ton destin.

Maman, tu connais un peu mieux le processus vers lequel tu te diriges. On t’a expliqué la procédure; on t’opérera et ensuite, on te fera faire de la chimiothérapie pour s’assurer de ne rien laisser dans ton corps déjà frêle, grugé par la maladie qui t’habite. D’abord, tu t’inquiètes des effets qu’auront toutes ces interventions sur toi. Puis, sur tes enfants. Comment feront-ils sans toi pour les aider? Sur qui pourront-ils compter quand tu seras alitée?

Maman, tu as perdu tes cheveux et tu es épuisée. Passage obligé, c’est un peu comme une tempête sur ta montagne qui exige du repos pour mieux monter vers le sommet. D’abord, tu t’inquiètes; sauras-tu t’en remettre? Puis, tu penses à tes enfants; sont-ils inquiets, sont-ils corrects?

Maman, ça ne va pas. Le sommet que tu visais depuis le tout début, tu ne crois pas pouvoir l’atteindre. Ton corps est affaibli, ton esprit aussi. Tu n’en peux plus. Ton cancer a gagné du terrain. Tes enfants prennent soin de toi à leur tour, parce que c’est un peu ça la vie; à la fin, on inverse les rôles. C’est le retour du balancier. Tes enfants te prennent dans leurs bras et te bercent. D’abord, tout doucement puis en silence, parce que parfois, les silences disent bien plus que tous les mots. Puis, ils te chuchotent à l’oreille, tendrement : « Vas-y maman, laisse-toi aller, on t’aime et on sera ok. » Tu souris et lentement, tu t’endors pour la vie.

Catherine I.
CATHERINE I.

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