Ton B.A.B.I. : ton bébé à besoins intenses

baby angry crying

Aye ! Là, ça va faire. Ça fait pas moins de quinze fois que t’accours au moindre pleur de ton mini depuis que tu l’as mis au lit. Y’est même pas neuf heures encore.

Il a échappé son biberon, alors il veut maman. Pas avec un mini-micro-lirage qui se décoderait en un gentil « Siouplait, Maman D’amour, reviendrais-tu me voir un petit peu, tu me manques déjà? ». C’est à grands coups de pied sur le matelas, de pleurs si incontrôlables que son souffle lui manque, qu’il te réclame. Perpétuellement. Parce que la nuit, il a peur. Et  tout ce dont il a besoin, c’est de se sentir rassuré par ta chaleur et par ton odeur. Maman s’en vient poussin, laisse-lui le temps de se lever du divan.

Bébé a les pieds un petit peu à découvert dans son lit. Même rengaine, même crise. Aussitôt que le sensor qu’il a secrètement collé sur tes fesses touche le si convoité divan. On t’a souvent dit  »Laisse-le donc pleurer, il va apprendre à se gérer ». Et t’as essayé. Plusieurs fois. Quand t’entends ce conseil-là aujourd’hui, tout ce que tu te rappelles, c’est l’heure que ça t’a coûtée d’avoir trop poussé ta luck et de l’avoir laissé pleurer.

Ton enfant, avec ses besoins intenses, t’a appris qu’il ne fallait pas le laisser pleurer trop longtemps. Et quand on dit trop longtemps, on parle de trois ou quatre minutes. C’est non. Il se transforme en Hulk et s’il pouvait s’arracher les vêtements de sur son corps (et ce n’est pas faute d’essayer de le faire), il le ferait. Donc une fraction de soupir plus tard, te revoilà dans les escaliers à te transformer en SuperMom pour aller calmer les colères de ton B.A.B.I.

Quelques minutes plus tard, le cou plein de restes de larmes de croco et de bave qui sent le lait pas frais, tu tentes une quarantième descente au rez-de-chaussée pour tenter – en vain – de te reposer en attendant le quart de nuit. Celui que tu redoutes. Le pire. Celui où ton B.A.B.I. sait que tu dors. Pas profondément. Mais juste assez pour te faire royalement suer mal au cœur de devoir te relever.  T’as quand même réussi à trouver un petit piège pour le calmer. Celui de faire jouer des berceuses pendant la nuit complète en bruit de fond. C’pas ce qui se fait de mieux pour ta santé mentale, mais au moins, t’es à l’horizontale.

Ce qu’il veut ton bébé, encore et encore, ce sont tes bras. C’est de se sentir valser partout dans la maison avec toi. C’est d’être assis sur le plancher à te regarder mettre le linge sale dans la laveuse. Parce qu’il le sait qu’à toutes les fois où tu devras te retourner vers lui pour en prendre dans la corbeille, tu lui feras un petit sourire-clin d’œil-grimace qu’il aime tant. Toutes les petites attentions, aussi petites soient-elles, il les demande. C’est franchement décourageant quand on aimerait pouvoir les lui accorder à tout coup, mais que l’énergie et la vitalité finissent par manquer. Dramatiquement.

Un p’tit tannant aux besoins foutrement plus intenses que ceux de tes premiers rejetons, tu ne t’attendais pas à ça. C’est comme si tu avais commandé un Joyeux Truc à l’Arche D’or et que par mégarde, on t’avait offert un Trio Gigantesque avec Des Doubles partout. Ça surprend. À toutes les petites bouchées que tu prends, tu trouves que t’en as trop. Que tu n’y arriveras pas, la montagne est trop grosse. Des fois, ça te donne un peu mal au cœur de faire d’la peine, des fois ça te donne des crampes à l’estomac de ne plus avoir une minute pour toi.

Puis tu te résignes. Tu te dis que c’est pas arrivé pour rien. Que ce n’est pas pour rien que c’est toi qui a hérité de ce gros lot-là, plein d’amour. Il t’apprend à prendre le temps. Avec un mignon qui ne demande que tes bras en tout temps, la vie semble plus lourde par petits bouts, mais ce petit boulet en demande d’affection et d’attention constante t’oblige à prendre ça une seconde à la fois, une tâche à la fois.

Mais le plus beau dans tout ça, c’est qu’il t’apprend à profiter de tous ces beaux moments qui passent. Parce que le temps passe vite et qu’avant même que tu ne l’aies vu venir, ton B.A.B.I. sera grand et ne réclamera plus tes caresses.

Mélissa Rondeau
MÉLISSA RONDEAU

5 thoughts on “Ton B.A.B.I. : ton bébé à besoins intenses

  1. Caro Répondre

    C’est si bien écrit!
    J’ai vécu ça a mon premier et je me suis dis qu’au 2e ça serait différent. Hélas non. Mais fille est pire que mon fils. 😢 Elle va avoir 3 ans bientôt et elle est encore « accro » à moi. Ya des fois où je voudrais fuir quelques minutes avant la routine du dodo et revenir juste une fois qu’elle dort. Sauf que ça marche pas. Elle a un « sensor » qui fait que dès que je reviens, elle se réveille et me réclame 😔. Papa fait de son mieux mais elle ne veut rien savoir. Il n’y a que ma présence pour la rassurer assez pour s’endormir. J’essaie tous les trucs: 5-10-15, la chaise progressive, la musique, un projecteur au plafond. Bref ya rien qui fonctionne 😭. J’espère qu’un jour elle va être capable de se gérer seule… Car parfois elle se réveille encore la nutrition et c’est la même rengaine. Alors chères mamans de BABI restez fortes, on va s’en sortir!!

  2. Gen Répondre

    My.God. Ma vie écrite en blogue, c’est irréel!

    Je profite de cet article pour demander si qqun connaît un forum ou un livre sur le sujet, car cette maman qui vous écrit est ben désespérée de connaître d’autres qui vivent la même chose.

    C’est mon 1e bébé alors je croyais qu’un bébé qui veut jamais dormir, toujours être dans les bras de maman, doit être diverti à chaque minute de chaque heure, a une peur irrationnelle de toute nouveauté et gigotte sans cesse était normal…. eh non! Je m’en suis bien rendue compte au fameux cours de danse en porte bébé, que mon chouchou était le seul terrorisé, agressé par la musique et le mouvement!

    En fait TOUT est une épreuve: sortir faire une mini course à lépicerie, lui faire faire son nb dheures de sieste requis par le sacro sain Mieux vivre, l’amener faire une visite chez des amis, ouf!

    Le pire je crois ce sont les conseils plates de lentourage, qui est persuadé que cest toi qui est en train de scrapper ton enfant: « pourquoi tu l’as tjrs dans les bras, donne le moi donc! », « Tu dois être trop maternante, cest pour ça qu’il est insécure », « Moi mon bébé il dort partout, jai jamais arrêté d’aller au restaurant ». Argh!

    Bref, merci d’écrire ce genre d’article me permettant de constater que je ne suis pas folle et si qqun pouvait m’assurer que cette petite boule d’énergie sans fin ne sera pas hyperactif plus tard, ce serait bien apprécié 😉

  3. Amélie Répondre

    Bonjour,
    Je suis une maman d’un petit loulou de 15 mois. On est des parents bien heureux mais épuisés, pas de resto pas de nuit complète, … pas de repas de famille c les pires on ne supporte plus les conseilles comme si on fait mal les choses et les regards échangés à table, même les parents et je trouve ça vraiment dommage. Depuis la naissance de notre bébé on est jugé sur tout et si il y a qq chose qui ne fonctionne pas bien c notre faute et les gens n’hésitent pas à nous dire qu’il faut faire comme ça …. moi je ne supporte plus, j’ai même arrêter d’aller voir mes amis et la famille, même les professionnels me donne des conseils style 5,10,15, laisser pleurer, punir, et dernièrement un pédiatre m’avait même dit que c mieux d’arrêter l’allaitement et quand je lui dis que c difficile elle m’a répondu que c je suis convaincu que c pour le bien de mon bebe je pourrai y arriver, eh oui, je ne trouve personne et je déprime, il y a des jours qui passe mieux que d’autres mais bon, je n’arrive même pas à écrire ce commentaire correctement parce qu’il veut que je garde mon attention sur lui. Donc merci pour votre article c rassurant de ne pas se sentir seul.

  4. Nini Répondre

    Merci pour ton article! Ça me permet de voir le positif car au quotidien c’est tres épuisant! Pendant ma grossesse, j’imaginais un bébé avec lequel j’allais pouvoir sortir partager des moments en famille etc mais non mon premier enfant est un BABI. On s’en est rendu compte à ses 3 mois après avoir entendu par les professionnels de santé et la famille que ses cris, ses pleurs incessants étaient dû à des coliques, que c’était la faim (allaitement maternel donc on m’a reproché cela)… bref après avoir écarté toutes les causes possibles, on a su que c’était son tempérament donc faut apprendre à vivre avec mais c’est pas évident… la moindre sortie est laborieuse, le quotidien devient une routine quasi infernale mais on tient car on l’aime notre BABI mais le regard des autres et leurs paroles nous rappellent que notre enfant est difficile et limite c’est de notre faute…

  5. Julie Répondre

    4 ans plus tard rien à changé …je n’en peux plus

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