AVAC ou césarienne, telle est la question

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Quand on tombe enceinte la première fois, on ne se pose pas trop de questions sur la manière dont le bébé sortira. La nature n’a créé qu’une seule porte de sortie.  Alors advienne que pourra. Le plan est très simple. Tu vas accoucher par voie basse et si ça tourne mal, on te roulera en civière au bloc opératoire pour une césarienne.

Mais voilà où ça se complique. Si, comme moi, l’accouchement de ton précédent rejeton ne s’est pas tout à fait déroulé tel que tu l’avais imaginé, tu fais partie du très select club des césarisées. Ça veut dire, ma chère, que notre utérus a maintenant une belle cicatrice. Cette porte de sortie créée spécialement pour ton premier enfant te donnera le contrôle de ton prochain accouchement. Et oui ! Quelque part autour de la trentième semaine de cette deuxième grossesse, la grande question te tombera dessus : « AVAC ou césarienne madame ? ». Et c’est toi,  fille, qui devra prendre cette importante décision.

Pour commencer, si tu ne sais pas ce qu’est un AVAC, je vais te l’expliquer très simplement. Il s’agit d’un acronyme pour Accouchement Vaginal Après Césarienne. Un gynécologue te rencontrera pour t’expliquer tout ce que cela implique et les risques de tenter l’expérience. Et il t’expliquera aussi les risques d’une seconde césarienne. Pis c’est là que tu vas attendre la troisième option qui ne comporte aucun risque… pis tu vas attendre longtemps, parce qu’il n’y en a pas. Tu vas devoir faire ton choix entre deux options en ayant bien en tête ce qui pourrait arriver, car on a bien pris soin de te l’expliquer dans les moindres détails. Tu vas savoir les pourcentages que telle chose se produise et les probabilités que cette autre affaire arrive. Même si les chances ne sont pas super élevées, maintenant tu SAIS. Tu viens de perdre ta confiance de femme qui accouche.  Le gynécologue est là pour t’expliquer les faits, mais il ne prendra pas la décision. C’est toi qui aura cette patate chaude entre les mains. Que feras-tu avec ?

Il y en a pour qui le choix est clair. Tant mieux ! Je te souhaite d’être parmi ces femmes pleines de convictions qui savent exactement comment elles veulent accoucher. Tu es chanceuse et suis ta voie sans te mettre une tonne de pression.

Mais si tu es comme moi, tu vas retourner la question encore et encore. Tu vas analyser les informations pis tu ne les aimeras pas. Tu vas essayer de te projeter et de t’imaginer dans les deux scénarios. D’ailleurs, ces images mentales de toi en train de donner la vie ne sont jamais très belles. Je ne sais pas pour toi, mais moi, je ne suis pas de celles qui rêvaient de donner la vie dans un bain gonflable au milieu de son salon, sans médicament, avec son mari dans l’eau souillée qui fait semblant de ne pas remarquer la substance gluante qui s’est logée sur sa jambe. Non. Moi, je rêvais d’un accouchement pas trop douloureux avec tous les participants en bonne santé. Ça fait que la perceptive d’une deuxième césarienne n’était pas si terrible. C’était du connu. Je savais que je pouvais tolérer cette douleur. Je la connaissais. Mais on me vantait aussi les bienfaits de l’accouchement vaginal et à quel point c’était plus facile de se remettre sur pied. Ça doit être magique de pouvoir tenir son bébé à la naissance (pour tous les autres détails, je laisse le soin à ton gynécologue de te les exposer). Dilemme!  Dilemme !

‘’Docteur, j’ai jusqu’à quand pour vous donner ma réponse ? T’sais, mettons que je décide d’essayer un AVAC pis que je trouve que ça fait trop mal, est-ce que je peux demander une césarienne ? Genre STOP ! Je veux pu. Emmenez-moi au bloc !’’ Oui, j’ai vraiment posé cette question à mon médecin. En fait, j’ai posé TOUTES les questions qui me venaient en tête. N’aie pas peur de demander. Pendant l’accouchement, il sera trop tard. Quoique si l’épidurale fait bien effet, tu seras en mesure de jaser.

Bref, je ne suis pas là pour te dire qu’une option est meilleure qu’une autre. Je suis là seulement pour te dire que je sais par quel dilemme tu passes. Peu importe le choix que tu feras, l’important c’est que tu sois en paix avec ta décision. Sois clémente envers toi-même et laisse de la place aux imprévus. Un accouchement n’est pas une compétition. Ne t’impose pas la pression de ‘’réussir’’ un AVAC. Tente le coup si tu y crois, bien sûr. Mais ce n’est pas un échec si les choses ne se déroulent pas telles que prévues. Je sais que tu le sais, mais je vais te le dire quand même : l’important, c’est que tout le monde soit en santé. Tu peux choisir une voie, mais on a si peu de contrôle sur la suite des choses que ce n’est pas de ta faute ce qui arrivera. Vis cet accouchement dans l’excitation de rencontrer ton enfant et ce, peu importe par quelle porte il sera sorti.

Catherine de Montigny
CATHERINE DE MONTIGNY

2 thoughts on “AVAC ou césarienne, telle est la question

  1. SyN Répondre

    Je me reconnais tellement dans ce texte. J’ai vécu la même chose et jour après jour je me questionnais sur « la bonne chose » à faire. Je harcelais mon chum et je me répétais. C’est lorsque j’ai arrêter de me dire que ce n’était pas une compétition que j’ai bien vécu ma décision. Si j’avais à recommencer, je prendrais la même décision!

  2. Lilie Répondre

    Chacun de vos mots pourraient être les miens… Bébé 1 voie basse, bébé 2 césarienne pour siège, et là bébé 3 arrive très bientôt, le gygy qui propose la césarienne programmée alors que pour moi d’office c’était voie basse, bah oui cette fois tête en bas donc pas de problème, c’était sans compter les risques…et dans ma tête des questions qui tournent sans cesse à l’approche du jour J… Votre dernière phrase résonne en moi, j’espère que j’ai pris la bonne décision…

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