J’ai crié à l’aide mais c’est la DPJ qui m’a répondu

woman holding baby

Ton enfant, tu l’as désiré tellement fort depuis le début de ta relation avec ton amoureux. Tu as attendu d’avoir une maison et un salaire stable et décent pour lui procurer le meilleur environnement pour son développement. Tu as lu plus de six ouvrages de pédiatres sur le développement de l’enfant. Internet t’as volé une bonne cinquantaine d’heures de recherche de solutions, mais jamais tu n’as baissé les bras. Tu as découvert qu’Info-Santé peut te rassurer en cas d’inquiétude sur la petite santé fragile de ton p’tit. Les conseils de ton entourage, tu les as tous écoutés et considérés. Depuis sa naissance il y a de ça un an, tu n’as pas eu un enfant facile : coliques, reflux, colères, érythème fessier, crises, sommeil difficile, reflux gastrique, mais t’as toujours trouvé des solutions pour t’en sortir et rendre ton enfant le plus heureux possible dans la limite de tes compétences.

Mais un jour, t’atteins ta limite parce que ton enfant ne dort toujours pas la nuit. Tu décides de consulter ce que tu crois être le spécialiste des enfants, le summum des soins à prodiguer pour ton trésor chéri : un pédiatre. Après quelques examens physiques sommaires et quelques questions de routine, tu lui dis que tu es fatiguée et que tu aimerais trouver des solutions pour que ton Précieux dorme. Et là, sans t’en apercevoir, ton appel à l’aide devient le début d’une descente aux enfers.

Une fois que ton pied s’est pris dans l’engrenage des services aux familles du gouvernement, y’a pu rien que tu puisses faire pour t’en sortir. Ton pédiatre t’a référée à un organisme d’aide à domicile payant. Concrètement, ça veut dire que tes tâches quotidiennes, y’a des gens que tu peux payer pour les faire à ta place. OK, mais tout ce que tu veux, c’est dormir la nuit. Et ce service n’offre pas de remplacement de nuit. Quand bien même que ta maison est impeccable, ça te fera pas dormir la nuit. Mais de bonne foi, tu te rends quand même au CLSC voir la travailleuse sociale qui te réfère au service qui ne correspond pas à tes besoins et que tu refuses donc poliment.

Une semaine passe. De ton côté, tes recherches de solutions vont bon train car tu penses avoir trouvé la solution ultime, puisque ton enfant fait maintenant ses nuits (1-2 réveils seulement). Tu remontes alors tranquillement la pente quand tu reçois la visite à l’improviste d’un travailleur social.

Ceux-là, tu les connais vaguement. Le cinéma t’as enseigné que ce sont des gens dévoués à la cause du bien-être des enfants maltraités de notre société. Ceux qui sont battus, mal nourris, violentés et négligés d’une quelconque façon. Mais se ramasser avec un de leur espèce dans ta maison, disons que ç’a changé ta perception sur eux. Un mélange de surprise, de déception, de peur, d’anxiété et de colère monte alors en toi. Tu te dis: « Pourquoi moi? Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter un tel jugement alors qu’il y en a tellement autour de moi qui sont dans une situation bien plus précaire que moi? »

D’une question à une autre, tu réponds avec toute la transparence, mais aussi l’anxiété d’une mère qui aime son enfant plus que tout au monde. Mais ça ne suffit pas à les convaincre qu’il n’y a pas de danger pour ton bébé. Tu t’échappes en leur disant la vérité, une réalité que toutes les mères d’enfants difficiles vivent un jour ou un autre : « Parfois, quand je suis très fatiguée, il me traverse l’esprit de lui crier après, de le saisir. Je ne l’ai jamais fait et je ne le ferai jamais. Mais je suis fatiguée. » Et voilà. Tu viens d’ouvrir la boîte de Pandore en même temps qu’ils ouvrent ton dossier.

Si t’avais pas consulté un pédiatre, t’en serais pas là. Si t’avais pas ouvert ta grande trappe, t’en serais pas là. Voilà ce que ça te coûte, ta franchise : deux ans d’intrusion dans ta vie privée, l’obligation de consulter d’autres professionnels. Des étrangères anxieuses qui prennent le contrôle sur la façon dont tu élèves ton enfant. Du stress inutile. Une épreuve de plus pour ton couple. Des nuits blanches à se ronger les ongles en pensant au pire qu’ils pourraient te faire vivre. T’aurais pu t’en tenir à Internet, tes amis, ta famille pis tes bouquins de pédiatres. Mais tu voulais ce qu’il y avait de mieux pour ton enfant. Alors t’as eu la DPJ.

Toi, la mère jugée indigne, désormais dépourvue de crédibilité, tu vas devoir te battre pour garder ton enfant. Comme des milliers d’autres mères-sorcières pourchassées, tu n’es pas la seule.

Et même si le fait d’imaginer perdre ton enfant, ça te fait aussi mal que de t’arracher les tripes, ton amour infini pour ta petite chose supplantera ta douleur.

Échouer n’est pas une option. Ta survie en dépend.

Bon courage, la mère.

La Collaboratrice dans l'Ombre
LA COLLABORATRICE DANS L’OMBRE

7 thoughts on “J’ai crié à l’aide mais c’est la DPJ qui m’a répondu

  1. Anie Répondre

    Complètement en désaccord avec ce texte… La fameuse DPJ ne s’implique pas ‘seulement’ pour une maman fatiguée…. Et son objectif premier est TOUJOURS de maintenir l’enfant dans sa famille. Ce genre de texte vient alimenter une propagande populaire contre les travailleurs des centres jeunesse, leurs mandats, mais aussi leurs intentions. Sérieux, il faut faire attention aux histoires des gens qui parfois, omettent bien des détails…

    1. Julie Répondre

      Tellement D’accord et même souvent ils n’interviennent pas assez !

    2. Jess Répondre

      Bien d’accord!

  2. Julie Répondre

    Je suis une intervenante de la DPJ. Je suis complètement en désaccord avec ce texte.
    Nous ne restons pas impliqué dans les familles parce que les parents sont fatigués et qu’ils le nomment !! Sinon, toute les familles auraient la DPJ dans leurs vies !!!
    On a bien mauvaise presse ces temps-ci , MAis je vous assure que les intervenants et intervenantes font de belles choses ( avec peu de temps et peu de moyens) pour les enfants les plus vulnérables de notre société . Il ne faudrait pas l’oublier !
    Ne

  3. Cath Répondre

    Vivre une telle expérience doit être stressante j’en conviens. Mais la DPJ ne peut garder un dossier ouvert sans motif valable. Si l’enfant est aimé, nourri, investi, il n’y a pas de raison de poursuivre des démarches plus loin que l’enquête. Certes, le processus est terrifiant pour le parent qui croyait chercher de l’aide pour un problème de sommeil (le refus d’aide du CLSC a dû assombrir le portrait). Mais ce mauvais moment ne peut être que passager dans une telle situation. Dommage que le ton du texte donne une impression de vilain à la DPJ. Je crains que cela n’empêche certaines lectrices à s’en remettre à eux en cas de besoin.

  4. Suzie Répondre

    Ce n’est pas un texte résliste et ça incite les mères à ne pas demander d’aide. Quand tu as un suivi de la DPJ, ce n’est pas après avoir admis que t’es brûlée pis qu’il te passe une couple de fantaisies agressives en tête. Si c’était le cas, je passerais tout mon temps de travail à référer mes patientes à la DPJ?!? De plus, la DPJ veillera au développement sain d’un enfant dont l’intégrité est compromise par son environnement. Alors l’aide est réelle et on peut croire que sans cette aide, l’enfant serait en danger… Vous avez une DPJ de luxe pour VIP ou quoi?

  5. Marie Répondre

    Collaboratrice dans l’ombre ils vont finir par se rendre compte que tu es une bonne mère, tiens bon 🙂
    La DPJ est comme toutes les organisations, elle a ses failles….Personne n’est parfait, même les personnes les mieux intentionnées!!!
    Combien de cas et d’injustices ai-je déjà vus? PLEIN. Je ne pourrais pas tout raconter ici.
    Combien de parents ne devraient pas avoir d’enfants…Et la DPJ ne fait absolument rien. ….

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