La culpabilité

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C’est insidieux et subtil. Au départ, ce n’est qu’une idée qui traverse ton esprit et repart aussi vite qu’elle est arrivée. On y passe toutes et ça commence avant même que le fruit de tes entrailles soit expulsé et même avant qu’il ne soit conçu. T’es même pas enceinte que tu te questionnes à savoir comment tu seras, comme mère, et que tu remets en doute certains de tes choix.

Ça y est, elle est entrée dans ta vie par la grande porte au moment où tu ne l’attendais pas, sournoisement. Tu pensais que c’était un mythe, une exagération proférée par tes amies mamans, mais la maudite culpabilité est déjà en train de se faire un nid chez toi. Et tu ne l’expulseras pas facilement, tiens-toi le pour dit.

Tu penses que j’exagère quand je te dis qu’elle arrive même avant que tu ne sois enceinte, mais penses-y. Dès que tu tentes de concevoir, tu fais déjà attention à ton alimentation, tu te dis que tu devrais perdre quelques livres avant d’incuber un être humain, que tu devrais faire attention à l’alcool. Si tu ne tombes pas enceinte dans l’immédiat, c’est directement sur toi que tu mets la faute, parce que tu ne te reposes pas assez, que tu ne fais pas assez l’amour. Toi. Toujours toi.

Quand bébé s’installe au creux de tes entrailles, ladite culpabilité passe au niveau supérieur, elle aussi. Tu t’inquiètes, tu regrettes si tu as veillé plus tard un soir ou si tu es tombée sur la glace. Si tu prends trop de poids ou pas assez. Tu t’en veux d’avoir oublié ton acide folique où d’avoir, pendant un instant, pensé à boire une gorgée d’alcool. Et ça ne se limite pas à ta grossesse. Un coup qu’elle débarque, la culpabilité, elle frappe de tous les côtés. Ton ménage n’est plus assez bien fait. Tu ne t’occupes pas assez de ton homme et de tes amies. Au travail, tu te demandes toujours si tu performes assez.

Quand bébé arrive finalement, tu vis un moment d’allégresse et de joie extrême et si tu ne le vis pas aussi bien que tu le devrais, tu culpabilises. Puis, tu t’en veux de délaisser certaines sphères de ta vie au profit de la maternité. Tu t’en veux de ne pas exceller dans ton rôle de maîtresse de maison, d’amante et d’amie. Tu t’en veux de négliger tes autres enfants.

Il n’y a que face à toi et à ton bonheur personnel que tu ne ressens pas de culpabilité. Ce bonheur mis de côté parfois même jusqu’à l’oublier.

Reste toi-même. Contre vents et marées. Même si ça ne plaît pas à tous. Écoute-toi. Ne t’oublie pas. Ne te fais pas un devoir de rentrer dans le moule de la maternité.

La première fois que tu vas t’écouter, au détriment de l’avis de tous et chacun, des standards et des attentes, tu risques d’avoir un malaise. Mais ose, ma chère, ose. Parce qu’au moment même où tu vas le faire, la pression de la culpabilité, de la performance et même trop souvent de la perfection va tomber le temps d’une sortie, d’un café chaud, d’un bain en cachette. Sois, toi aussi, une mère indigne, une mère qui dit non à la mère parfaite et sois, toi, la maman la plus parfaitement imparfaite pour ta marmaille. Sois  l’amie, la blonde, la complice que tu souhaites être sans avoir l’impression étouffante d’abandonner ce qui devrait être le plus important dans ta pyramide de Maslow : tes enfants.

Sois fière de toi parce que tu es une bonne mère. Tu es une bonne mère, fille. Et ne laisse pas la culpabilité te faire croire le contraire .

Cyntia Dubé
CYNTIA DUBÉ

Une réflexion sur “La culpabilité

  1. Ninoune Répondre

    Tout simplement, merci !
    Culpabilité … quand tu nous tiens 😉

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