Ton pauvre chum malade

man with flu

Un matin, tu te lèves en entendant ce son retentissant qui déchire le silence de ton aurore. Ce son qui annonce clairement que l’apocalypse vient de s’inviter dans ta demeure. Et oui, ton chum tousse… Il est malade pauvre petit!

Tu sors de ton lit pour aller constater les dégâts. Il est couché en petite boule dans le sofa du salon sous une tonne de couvertures et gémit son mal-être. En bonne blonde/maman, tu sors le thermomètre pour prendre sa température. Il fait un petit 37,8. Oui, un peu fiévreux, mais rien de fatal. Sauf qu’il a chaud, il a froid, il frissonne, il sue comme un porc, il tousse, il mouche, il a mal à la gorge, il a le nez irrité et se plaint de déshydratation sévère. Il ne peut pas s’occuper des enfants t’sais, il est à l’article de la mort. Il n’est même pas capable de se servir un verre d’eau seul, alors n’espère même pas qu’il mette ledit verre dans le lave-vaisselle.

À un certain moment, il te demande de le nourrir car la seule pensée de sortir ses bras de sous sa horde de couvertures le fait geler sur place. Tu lui fais des p’tites soupes Lipton, du Jell-O pis des Néocitran toutes les deux heures. Tu lui apportes la bouteille de Tylenol dans laquelle il tombe comme Obélix dans son chaudron de potion magique. Tu lui fais couler trois bains par jour pour l’aider à contrôler sa fièvre. Il te parle à peine et quand il le fait, c’est avec une voix de mourant – j’aaaaiiiiiii ffffffrrrrroooooiiiiiidddd!

Pendant que la pauvre petite bête se meure dans le salon, ta vie à toi continue. Les enfants doivent manger, être lavés, changés de couche et doivent se rendre à la garderie et/ou à l’école comme d’habitude. Le soir, tu dois aller les chercher et te taper toute la routine seule en plus de veiller ton malade en s’assurant qu’il respire encore. Tu dois aussi ramasser les corps morts qu’il a laissés dans son sillage toute la journée durant (Kleenex, vaisselle, vêtements, serviettes, etc). Bref, il s’est transformé en enfant supplémentaire sous ta garde.

Puis un jour, il va mieux et il reprend sa vie comme si rien ne s’était passé. Ce jour-là, tu t’attends à recevoir des fleurs ou à ce qu’il t’érige un monument pour ta capacité à avoir géré la crise, mais non. Tu as droit à un petit bec sur la joue et un «bonne journée» avant qu’il ne quitte la maison.

Ce soir-là, quand il revient du boulot et qu’il te trouve enfoncée à ton tour dans le sofa, la boîte de mouchoirs sous le bras et un cup-a-soup dans la main, il passe tout droit devant ton mal de tête lancinant. Si par malheur dans les jours suivants, tu call malade, tu passes pour une petite nature. T’sais, lui sa grippe était ben plus forte que ton p’tit nez qui coule, pis il est passé au travers. Une grosse grippe d’homme – c’est connu – c’est ben plus grave que tout ce que tu pourras jamais endurer.

Reste qu’il marque un point. Ton corps à toi, il est fait pour vivre les malaises de début de grossesse, les douleurs des contractions, la déchirure de ton périnée lors de l’expulsion de ton rejeton, l’engorgement de tes seins, la sensation ignoble des crevasses dans tes mamelons pendant ton allaitement et – on the side – les grippes d’homme qui passent pour des petits rhumes sans importance quand c’est toi – et non lui – qui en est atteinte.

Alors mouche un bon coup fille, prends une Tylenol pis bois ta p’tite soupe parce que ta marmaille a encore besoin de toi pour manger, se laver, être changée et reconduite à la garderie/école.

T’es une mère, alors il semblerait que t’as visiblement juste pas le temps d’être malade, t’sais…. the show must go on!

Amy Bureau
AMY BUREAU

2 thoughts on “Ton pauvre chum malade

  1. Marie Répondre

    Tellllllllllllllllllement vrai 🙂

  2. chose Répondre

    un beau ramassis de clichés

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