Mon ennemi: les nuits sans sommeil

woman tired with coffee

T’étais de celles-là. T’sais dans le groupe des paresseuses du matin. Du genre, attends-que-je-prenne-mon-café-et-on-pourra-discuter. De celles qui déjeunent et dînent en même temps, parce qu’à l’heure du lever, l’heure du déjeuner, elle, est passée depuis longtemps. T’étais de celles qui préféraient se prélasser dans le lit plutôt que de se lever en même temps que le soleil. Bref, t’étais une fille pleine de vitalité, fraîche comme une rose et pour cause, tu te levais à l’heure que ça te disait.

Et puis là, il est arrivé. Petit rayon de douceur et de joie, ton nouveau-venu a comblé ton cœur. T’étais si contente et si épuisée. Et le mot est faible. T’étais crevée. C’est fou ce que t’aurais pu faire pour mettre ta vie sur pause. À partir de ce moment-là, les dix livres d’amour de ton p’tit se sont mises à gérer ta vie. À décider quand tu mangerais, quand tu te laverais, quand tu dormirais et quand tu te lèverais.

On va se le dire, à partir de ce jour fatidique, tu n’as plus jamais dormi comme avant. Quatre ou cinq tétées la nuit, des couches à changer, des maux de ventre, des dents, des mauvais rêves, la toux qui empêche de dormir, la fièvre et le lit à changer plusieurs fois par nuit. Name it.

Tes nuits ont été parsemées de bien des idées pendant la première année.

T’as pensé investir dans une compagnie de cache-cernes ou de café, question de rentabiliser tes achats. Tu t’es demandé plusieurs fois à quel moment tu finirais par dormir plus de deux heures consécutives. Est-ce que c’est quand le p’tit aurait deux ans ou dix ans? T’hésitais même à prononcer le mot espoir, comme dans j’ai-espoir-qu’un-jour-je-vais-dormir au cas que ça te porte malchance.

Entre le petit qui demandait de l’amour et ton chum qui composait la douzième symphonie du ronflement, toi, t’étais là, avec les blues de la maternité, les larmes sur les joues à comprendre ou ne rien comprendre de ce qui se passait depuis quelques mois. À un certain moment, t’as réalisé que le sommeil, celui d’au moins six heures consécutives, était un luxe, une chose inaccessible, trop loin de ta réalité.

Mais lâche pas, il paraît que ça s’améliore quand les enfants quittent la maison.

Isabelle Gagnon
ISABELLE GAGNON

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