La poignée de porte : pense à toi

woman pointing herself black and white

Au moment où j’écris ces lignes, je suis assise sur mon balcon extérieur à Hawaï. Au-delà que ça se glisse f*cking bien dans une conversation, je m’adresse directement à toi, la mère que tu es, en te demandant à quand remonte la dernière fois où tu as pris soin de toi?

Je l’avoue, j’ai jugé très sévèrement plusieurs fois les mères qui osaient prendre des vacances toutes seules, pendant plusieurs jours loin de leur marmaille. Du haut de mon expérience de trois secondes comme maman, je me disais très souvent que ces filles étaient juste égoïstes. Que lorsqu’on enfante un rejeton, on se doit de rester à ses côtés jusqu’à ses  trente-deux ans.

Dès la naissance de mon aîné, j’ai mené une existence matriarcale « papier-collant ». J’étais toujours avec eux, travaillais de la maison, les envoyais le moins souvent possible à la garderie/service de garde. C’est à peine si  j’osais aller au restaurant de peur que mes enfants m’oublient… Aller voir mes amies? Penses-y même pas… t’sais, de la grosse logique.

Un jour, j’ai juste explosé. Toute ma vie tournait autour de mon rôle de mère et j’ai réappris à reconnecter avec les autres facettes de ma vie, à commencer par la sphère : « T’es une femme avant d’être une mère, fait que oublie-le pas fille! » J’ai dû réévaluer qui j’étais vraiment, ce dont je rêvais, ce que je voulais réellement dans la vie. Je l’avoue, j’ai eu peur pour ma santé mentale. C’est comme si j’avais perdu tous mes repères… comme si j’avais complètement oublié qui j’étais au fond.

Alors toi, ma belle fille qui lit présentement ces lignes, je veux que tu comprennes une chose. Prendre du temps pour toi, c’est sain. C’est pas parce que tu deviens une mère que tu dois oublier de réaliser tes rêves, que tu dois t’abstenir de faire la folle parfois et tu ne dois pas négliger de mettre à l’agenda du gros temps égoïste sale juste pour toi.

Je dois t’avouer que j’ai pleuré trois fois durant mon escapade de « mère qui a pas d’allure d’aller à Hawaï pendant que sa marmaille vit sa vie sous la neige ». La première fois, c’est en tournant la poignée de porte pour partir de la maison. J’ai ressenti un énorme rush de culpabilité en me traitant du même coup de tous les noms pas possibles du monde. Oui, j’ai aussi pleuré quand j’ai vu la maman blonde tenir la main de ses trois enfants durant leur visite de Waikiki. Finalement, j’ai braillé ma vie durant trois heures en regardant les étoiles sur une plage de Maui en me disant que j’étais épouvantable de ne pas partager ce moment avec mes mousses.

Mais tu sais quoi? Pendant dix jours, j’ai pensé uniquement à ma petite personne, à prendre mon temps pour me préparer le matin, à reprendre une deuxième tasse de café après mon déjeuner, à apporter uniquement mon petit bagage sans petites voitures dans ma sacoche, et sans crayons de couleur pour occuper les temps morts. J’ai aussi été confrontée aux silences dont j’avais oublié l’existence, et qui je l’avoue, avaient un p’tit quelque chose de pas pire pantoute. J’ai marché, dansé, sauté, tout ça dans la même journée sans avoir à me préoccuper de d’autres êtres humains que moi.

Pis tu sais-tu quoi encore? Ça m’a fait du bien…. juste du gros bien. T’as pas besoin de venir jusqu’à Hawaï pour reconnecter avec ta femme intérieure, mais tu as le droit dans ton quotidien d’oublier un court instant que t’es une mère : va dehors, va prendre un café, va voir une amie, fais ce que tu veux, mais n’oublie pas qui tu étais avant d’expulser ta progéniture.

J’ai pris la résolution de tourner la poignée de porte plus souvent pour aller voir ce qui se fait ailleurs que chez nous et pour montrer en même temps l’exemple à mes petits : qu’ils pourront eux aussi partir à la conquête du monde, qu’ils ont le droit de réaliser leurs rêves les plus fous, et qu’ils devront faire attention à eux pour ne pas se perdre dans cette vie qui va trop vite.

Probablement que je pleurerai encore, que la culpabilité reviendra à chaque fois, que je me trouverai ben poche comme mère, mais je sais que c’est nécessaire pour pouvoir progresser et s’améliorer.

Et juste pour finir et te faire sourire, sache que lorsque j’ai téléphoné chez moi et que j’ai demandé à ma fille si elle s’ennuyait de moi, elle a simplement répondu: « Ben non maman… Pourquoi? »

Comme quoi tout est une question de perspective!

Alors toi ma belle fille qui est devenue mère, je t’en prie, n’oublie pas que t’es importante toi aussi! Je te souhaite très sincèrement plusieurs « tournages » de poignée de porte dans cette belle aventure qu’est la maternité.

Voici quelques pistes de solutions pour te retrouver sans nécessairement tourner la poignée de porte :

– Écoute ta musique d’ado préférée : redécouvre avec bonheur l’album Tragic Kingdom de No Doubt, porte un gilet-bedaine et colle-toi un collant dans le front pour faire comme Gwen Stefani.

– Appelle ta meilleure amie, enfermée dans ta voiture pour ne pas te faire déranger, et jase comme avant de tout et de rien. Pas de texto, la vraie affaire, pis toute pis toute.

– Va prendre une marche… oui, juste une marche… constate avec grand bonheur comment ça fait du bien,

– Achète-toi du linge. Je sais, c’est complètement futile, mais CALVASSE que ça fait du bien. INTERDIT D’EN ACHETER À TES ENFANTS,

– Inscris-toi à un cours de danse, de poterie, de djembé, mais peux-tu, de grâce, faire une activité pour toi.

– Exercice physique, exercice physique, exercice physique… dois-je en ajouter?

– Prends le temps de te faire une face de fille de vendredi soir… même si on est mardi après-midi!

MELISSA NORMANDIN ROBERGE
Move VIP

Mélissa Normandin Roberge est une entrepreneure-née. Ayant fondée sa première entreprise à l’âge de 18 ans, elle s’est toujours donné comme mantra d’aller au bout de ses rêves et de vivre le moment présent. Maintenant conférencière et coach en affaires, elle est devenue une experte en paillettes, désirant convaincre les gens qu’ils peuvent briller en osant être unique, différent, et surtout être eux-mêmes complètement. En savoir plus…

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5 thoughts on “La poignée de porte : pense à toi

  1. Ym Répondre

    Et bien je n adhére pas à ce texte du tout il me rend dingue!! Je suis devenue maman a 20ans et j en ai37 aujourd’hui et ma vie c mes enfants.porte fermée je ne connais pas,dormir sans enfants et sorties sans enfants encore moins!! Je suis une mère une mère louve qui ne vit que pour ses louveteaux…Et j en suis fière !! Mes filles vont au centre aéré mercredi et vacances pour se créer une vie sociale sans moi car nous vivons très unies et très collées.Ma vie je la voue à mes enfants.douche ,toilettes c porte ouverte.Je suis fière d être qu une mère! Je vois mes amies en présence de mes enfants ,mes enfants sont tjrs avec moi !! Me faire plaisir impossible c est tôut pour mes enfants et sincèrement je suis une maman comblée de bonheur.je ne peux comprendre ce texte vraiment!

    1. Jojo Répondre

      Préparez-vous à prendre des antidépresseurs quand vos louveteaux auront enfin réussi à s’arracher de votre emprise émotionnelle. Tant mieux s’il vous reste un mari à la fin et une véritable vie amoureuse.

      1. Julie

        pas sûre de comprendre votre commentaire mais bon…

  2. Vaness Répondre

    Wahou! J’en ai les larmes aux yeux! Parce que ça fait 33 mois que je n’ai pas tourné la poignée, ou si peu.. 33 mois que mon aînée est née… Et 3 mois que ma mini est née! Je ne serais pas capable de partir 2 jours sans elles tellement elles me manqueraient, et tellement mes seins seraient gorgés de lait!!
    C’est vrai qu’on a tendance à s’oublier en tant que femme pour mener nos rôles de mère et d’épouse/conjointe/amante, pour gérer les tâches quotidiennes pour que tout roule à la maison!
    Demain, je vais tourner la poignée.
    Demain, après ma douche, je prendrais le temps de me maquiller ET de me coiffer autrement qu’avec un élastique mis en 3 secondes! Ça sera ma première poignée de tournée!
    Merci à vous !

  3. marie Répondre

    Oui, il faut tourner la poignée de porte de temps en temps….Quitte à décoller les bébés-velcro qui s’accrochent à nos jambes! Il le faut pour garder sa santé mentale et être une une mère épanouie! La culpabilité sera toujours là oui, mais il faut se raisonner et penser à soi des fois pour pouvoir s’occuper des autres avec le sourire. Je suis tout à fait d’accord. Ça ne veut pas du tout dire qu’on aime moins nos enfants…mais non. Il faut prendre soin de soi pour qu’ils puissent avoir une mère heureuse et équilibrée 🙂

    Maman de trois petits trésors 🙂

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