À toi, la fille qui a subi une césarienne

femme ventre césarienne

Eh oui, personne ne t’as prévenue et tu n’y avais jamais songé jusqu’à ce que ce grand moment se présente sournoisement dans ta vie. Reste que si tu as eu une césarienne, tu as sans doute passé par ces trois phases.

Phase 1 : le sentiment d’échec

C’est là que t’as réalisé que toi, tu n’accoucherais pas comme une femme le devrait. Pour toi, ça ne se passerait pas comme la nature l’aurait voulu. T’aurais jamais cru ressentir ce sentiment si désagréable. Pour en remettre une couche, tu te fais dire que t’sais, il y a cent ans, toi et ta progéniture n’auriez jamais survécu. De quoi te remonter d’un baby blues. Tu le sais que, dans le fond, l’important c’est que vous soyez en santé, mais il n’en reste pas moins que t’as senti partir au loin un peu de ta féminité pis de ton rêve ultime d’un accouchement naturel.

Phase 2 : le sentiment d’incompétence parentale

Il fut un temps où ça aurait été plus facile de reprendre du poil de la bête : dormir, se reposer,vivre à ton rythme, prendre une belle coupe de vin. Mais là, te v’la rendue parent. C’est fini le temps où tu n’avais qu’à penser à ton nombril. Les premières heures suivant ladite opération, tu es clouée à ton lit. Par chance, ton chum est là, c’est lui qui change les couches et t’amène le p’tit pour que tu le fasses boire. De quoi te demander si c’était vraiment une bonne idée d’enfanter. En plus de pratiquement réapprendre à marcher, toutes les fois que tu dois te rendre jusqu’à son petit lit, tu te sens vraiment pas à la hauteur avec ton mal, ton soluté et ton sac de pipi. Le défi, c’est de ne pas trébucher dans tous ces fils et de t’étendre de tout ton long.

Phase 3 : l’éternel tabou du mot accouchement

Définition : action de mettre un enfant au monde. (ref. Multi Dictionnaire 2005)

Cette phase, elle est omniprésente quand tu jases avec d’autres mamans du jour où ton enfant est né, parce que toi, tu ne peux pas dire ce mot maudit. Non, toi tu dois dévier comme une pro. « Quand mon enfant est né », « À la naissance de mon bébé », etc. Le mot accouchement ne t’appartient pas car tu n’as pas mis bas par voie vaginale mais t’aimerais ça, pouvoir le prononcer, parce que dans le fond, tu n’es pas moins maman pour autant. Et puisque la définition du-mot-qu’on-ne-peut-pas-prononcer-à-voix-haute implique de mettre un enfant au monde, pourquoi tu sens qu’on te refuse ce droit fondamental ?

Alors moi je te le dis, je te le confirme : tu as le droit de le dire haut et fort que tu as accouché.

Il vient un temps où, finalement, une quatrième phase se présente; celle pendant laquelle tu profites des bons moments et tu oublies toutes ces phases.

Parce qu’en bout de ligne l’important n’est pas la façon par laquelle ton p’tit est venu au monde mais le simple fait qu’il soit là, avec toi.

La fille du Saguenay
LA FILLE DU SAGUENAY

Une réflexion sur “À toi, la fille qui a subi une césarienne

  1. Marie Répondre

    Merci beaucoup pour cet article 🙂
    signé
    maman-qui-a-eu-trois-césariennes

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