Bébé dans ton couple qui bat de l’aile

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Vous avez été un couple pendant plusieurs années. Vous avez été de bons amis, de bons amants, vous avez ri, mais vous avez aussi changé et évolué. Probablement vers des destinations différentes et peut-être même opposées. Il est déjà clair depuis un bout que vous ne vous apportez plus grands avantages ni un ni l’autre, mais t’sais, la maison, les finances, la famille, l’habitude. Un couple un peu perdu dans les limbes qui attend le coup de grâce, un peu crédule, pour faire le move. Peut-être demain. Ou le mois prochain.

Ça fait longtemps que le seul exercice que vous faites dans la chambre à coucher, c’est d’ouvrir pis de fermer des tiroirs de bas pis de bobettes. Il n’y a plus de proximité, plus d’intimité, juste de la cohabitation, avec les chicanes qui viennent avec le détachement et la perte graduelle de l’importance de garder le noyau en santé.

Puis un jour, probablement après une soirée arrosée, l’écho du corps qui se sent bien délaissé se fait entendre, et sans fla-fla, se laisse porter vers un rattrapage d’une nuit. Ça ne ravive aucune flamme, ça fait juste permettre de se rappeler de quel bord le lit craque.

Vous n’avez pas d’enfants, n’avez pas nécessairement manifesté le désir d’en avoir un et ça n’a jamais été un problème non plus. Mais voilà qu’après quelques semaines, un retard inhabituel se pointe et le verdict est sans appel : tu es enceinte. Toi, à 35 ans, dans un couple au bout de son souffle. Te voilà placardée d’un subpoena d’incorporer la vie complète de cet homme dans la tienne et de t’investir dans un nouvel humain, une créature non présente dans ta vie jusque-là, que tu seras d’abord tentée de picosser avec le bout d’une brindille comme par peur réciproque.

Inévitablement, cette annonce n’est pas initialement celle-là heureuse comme plusieurs l’affichent sur Facebook. Pas de photos cute de bisous de bedon avec fond d’automne ou de corde à linge avec des pincettes de bois qui balancent une troisième paire de souliers. Tu évalues toutes tes options, parce que ça chamboule ta vie comme tu n’aurais jamais pu imaginer, et t’en perds tous tes repères. Puis, peu à peu, tu reprends tes sens. Ben oui, tu vas le garder ce bébé-là. Et le papa te signifie que c’est son désir également.

Tu vas embarquer dans le bateau. Ce n’est pas le Queen Mary 2, mais plutôt une barque à fond plat pour aller pêcher le merlu. Tu vas te rendre pareil, mais ça sera un peu moins cocktail. Vous suivez ensemble les consignes, le développement, les visites, les échographies, les cours prénataux, mais la tendresse et la complicité ne sont pas vraiment au rendez-vous. À ton médecin, qui te fera une face d’évaluation de ratio d’intérêts vs capital des dix-sept prochaines années de ton hypothèque afin de calculer la date de fécondation, tu lui simplifieras rapidement le cosinus. Le 1er mai. Oui, mais ça peut var…..— Non. Le 1er mai. Y’a pas d’autres choix de cadeaux. Pas des mois avant. Pis pas non plus depuis.

Vous vous définissez déjà inconsciemment comme des co-parents. Par contre, ton chum et toi risquez de développer une bonne dose d’humour pour pallier à une situation remplie de malaises. Ainsi, à la demande du médecin de faire des massages fréquents pour détendre maman, les suggestions créatives comme de mettre une mitaine de four au bout d’un brasseux de peinture monté sur une perçeuse, t’es rendue que tu trouves que ça pourrait être une super bonne idée. Tu passeras le temps à peinturer et décorer la chambre de bébé plutôt qu’à passer des heures à te faire frotter la bedaine d’huile. Ta grossesse, tu la vivras un peu plus pour toi. Et ce n’est pas une alternative qui est moins sensée. Juste différente.

La venue de cet enfant-là vous changera pour la vie. Le bien-être de ce marmot-là va vous amener bien au-delà de votre couple d’avant. Vous allez prendre des décisions qui ne relèvent plus de qui n’a pas rangé la vaisselle ou mangé le restant de lunch de l’autre. Vous allez vous redéfinir, peut-être comme couple qui poursuit ensemble, ou possiblement comme co-parents qui choisissent de se séparer, car ils souhaiteront une meilleure atmosphère pour le développement de leur enfant.

La vie est drôlement faite.

Vivre un événement qui a tellement changé ta vie de bord, et non seulement en ressortir grandie et épanouie, mais parfois même regretter de ne pas avoir eu le contexte pour en faire un deuxième finalement.

La Collaboratrice dans l'Ombre
LA COLLABORATRICE DANS L’OMBRE

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