Ton semblant de brunch du dimanche matin

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À toi, la fille qui vient de finir sa semaine sans fin et qui a vraiment besoin d’un 5 à 7 entre amies. T’sais le genre de soirée où tu décroches totalement de la réalité et où tu as juste ton petit nombril à t’occuper.

En fait, ici, ce n’est pas de ce rêve d’une soirée sans enfants qu’on va se parler ma belle amie stressée qui veut décompresser. Parce que, soyons franches, tes 5 à 7 sont maintenant devenus, au mieux,  des 11 à 15 le dimanche après-midi, avec toutes tes copines, leurs rejetons et le café qui coule à profusion. Pis c’est peut-être pas une mauvaise nouvelle puisque lorsque l’on s’attarde à ton profil de fêtarde, on constate que deux coupes de pinot noir te font l’effet de deux bouteilles, donc, autant mieux pour toi que ton verre contienne du jus d’orange sans pulpe accompagné de deux petits pains bien dorés.

Au départ, tu te croyais vraiment intelligente avec ton concept de brunch convivial réunissant ta gang de filles maintenant majoritairement mères. Tu te disais que c’était moins de gestion qu’un souper qui finit plus puisque les enfants sont en forme sur l’heure du dîner et que les mamans ont encore l’air de quelque chose de vivant.

Eh bien, tu t’es trompée ma grande. Ton semblant de brunch du dimanche est pas mal moins zen que ce que tu avais planifié et ton moment de dilatation du cerveau aura tôt fait de se transformer en genre de réunion amicale où tout le monde est absent mentalement et/ou physiquement.

Dans le coin droit, ton amie change une couche en polluant l’air ambiant pendant que dans le coin gauche l’autre encourage son plus vieux à faire ses cacas sur le trône, la porte ouverte, afin que tous puissent admirer et encourager le petit coco qui voudrait juste avoir la paix.

Au centre, l’hôtesse de la maison, que tu n’as pas vue depuis que tu es arrivée, jongle entre le brouillage des œufs et le flippage du bacon pour les petites bouches à nourrir comme si sa vie en dépendait.

En bas en diagonale, tu réalises qu’une quatrième amie gère une crise existentielle de doudou qui est en train de se terminer de façon complètement hystérique dans un coin du salon.

À la table, tu  trouves la nouvelle maman épanouie et rayonnante comme jamais qui a vraiment le goût de discuter maternité mais qui a un auditoire de chaises vides. Elle n’avait pas fait de dépression post-partum donc évidemment, c’est à ce moment qu’elle démarre. Une chance que tes amies célibataires et/ou sans enfants s’en viennent pour lui tenir compagnie durant sa crise d’angoisse. Pauvre elle, c’est sa première sortie depuis son accouchement.

Finalement, tu repars le bedon plein dans ton petit coin de pays trois heures plus tard, la tête remplie de péripéties. Les bébés heureux qui se déchaînaient sur les jouets, le petit nouveau d’un mois qui est déjà traumatisé d’avoir atterri dans une gang de taties-extrêmes-bécoteuses-radoteuses. Les potins on été mis à jour en accéléré mais ce qui compte vraiment c’est que tu as eu ton petit moment de bonheur avec tes sœurs de cœur.

Plus le temps avance et plus vous écrivez les chapitres de vos vies sans vous en rendre compte et en vous suivant à travers les lignes de vos histoires. Plus tard, vous allez réaliser que votre amitié a lié le cœur de vos bébés et vous allez admirer vos progénitures évoluer à leur tour ensemble. Vous serez aux premières loges de leur vie.

Et tout cela, en prenant une petite coupe de vino entre mamans-amies depuis toujours.

Émilie Tremblay
ÉMILIE TREMBLAY

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